‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 172 sur 301 · PARTIE m. -* GOMSOIBNGB DU DEVOIR. — LIVRE IV. tS · texte numérisé non relu

PARTIE m. -* GOMSOIBNGB DU DEVOIR. — LIVRE IV. tS

tien inspirée par Vintérât bien entendu ne peut pas devenir indifférente. L'auteur veut dire qu'elle devient moins méritoire. Examinons cette solution ainsi modifiée.

Nous avouons l'impossibilité où nous sommes de la comprendre. La raison de notre impuissance est sim-* pie, c'est que nous croyons avoir démontré l'identité absolue de la justice et de l'intérêt bien entendu * .

Si nous y avons réussi, comment distinguer des mé rites divers dans ceux qui prennent soit l'un, soit l'autre mot, pour devise ? — Nul tribunal humain ne perdrait une minute dans cette puérile iuquisition. — Au tribunal du juge suprême, sera-t-elle de mise ? Quoi ! l'âme irréprochable dans son épreuve sera moins rémunérée quand, en la subissant , elle aura eu le désir du ciel et la cramte de l'enîer? Pour mériter complètement la couronne, il faudrait donc qu'en faisant le bien elle eut perdu de vue ce désir et cette crainte?. . Vit-on jamais pareille subtilité ? Qu'il se lève celui qui osera soutenir ce paradoxe : Si, au moment

* « Cette identité nous est apparue, 1^ dans une société de matéri»* c listes où la maladresse des gouvernants laisserait Tégoisme sans punition « matéridie. Le remords éprouvé par l'égoïste suffirait pour remplacer cette « punition absente : il lui montrerait TintérÔt mal entendu dans des prétea* « tiens destructives de l'égalité, qui l'exposeraient au mécontentement « de lui-môme.

• 2^ A plus forte raison Cette identité existe dans une société de maté* « rialistes assez bien avisés pour punir tout acte d'égoîsme. La perspective « de la sanction extérieure obligerait l'intérêt bien entendu à s'absorbef « dans la justice.

« 30 Enfin cette identité nous a surtout paru évidente dans une société « de spiritualistes. En effet, comment faire comprendre à un spiritualiste, c partisan de l'immortalité de l'âme, un prétendu intérêt bien entendu en « dehors de la justice? C'est-à-dire un prétendu intérêt qui compromettrait « celui de l'autre vie? Ce dernier ne domine-t-il pas tout autre? » (Voyez ci4essus, liv. UL)

OÙ il a dit : À moi Auvergne ! d'Àssfis disait intérieur rement : Â moi Éternité ! son acte n'était plus héroï" que, car il était conforme à l'intérêt bien entendu !

Avec cette doctrine, qui donc monterait au plus haut des cieux? Serait-ce par hasard Talhée matérialiste bienveillant, dont Leibnitz croit l'existence possible? L'athée qu'un amour platonique du bien pousserait sans intérêt à tous les dévouements , a soit ce par tempérament, soit par contre-sens '?» Hélas non! pas même lui!... Car, à défaut de l'espoir d'une récompense céleste, il trouverait encore dans la vertu « un plaisir qui surpasserait tous les autres plaisirs. » Il perdrait ainsi le mérite des bonnes actions que ferait naître l'intérêt de ce plaisir.

Ne nous arrêtons pas à ces inutilités. S'il fallait distinguer entre l'homme qui agit par justice et celui qui agit par intérêt bien entendu, ce dernier mériterait peut-être la préférence. Voyons en effet ce qu'il y a au fond de ces suppositions. Deux âmes comparaissent au jour du jugement, toutes deux également victorieuses des tentations mauvaises. L'une, enfermée dans des organes plus placides, a accepté le devoir en l'aimant. Elle a trouvé un bonheur facile dans l'ardeur mystique de ses élans. L'autre, soumise à des passions violentes, a eu besoin de se raidir dans la lutte : la perspective des peines ou des récompenses futures a été nécessaire pour soutenir sa résolution. La palme sera-t-elle à l'obéissance plus intérieure de la première, ou à l'obéissance plus extérieure de la se-

« Troisième lettre i M. Vessiëre La Croze.

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