‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 201 sur 301 · PARTIE UI. — œNSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE Y · texte numérisé non relu

PARTIE UI. — œNSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE Y

tùm, mais de Vinspiration réfléchie ne s'en rapportent pas, nous Favons vu, au premier mouvement. Pourquoi? Parce qu'ils se défient des passions, toujours prêtes à élever la voix pour couvrir celle de la raison. Eh bien! un moyen se présente à eux : c'est de chercher dans la conscience désintéressée d'autrui un contrôle de leur conscience. Tel nous paraît le système connu sous le nom de système de la sympathie , proposé par Adam Smith ^ Il s'analyse dans cette formule : c< Agir conformément au devoir , c'est agir c( de manière h ce qu'un spectateur impartial de tes c< actions sympathise avec toi, c'est-à-dire se plaise « à t'approuver. »

308. Entendons-nous. Il ne s'agit pas de proposer, comme pierre de touche de la moralité , le plaisir que notre conduite fait éprouver à autrui, l'affection instinctive qu'elle excite, en notre faveur, dans le cœur du premier venu. Ce serait transporter la question dans le domaine de la sensibilité , où elle n'a rien à faire ^. Mais si l'on nous propose pour pierre de touche de l'appréciation de nos actes l'estime d'autrui, devra-t-on être écouté?

Et d'abord, c'est nous convier à la jouissance de la bonne renommée, «jouissance divine », comme disait Platon, comme l'ont répété après lui Pascal, Reid,

< Adam Smith, Théorie des sentiments moraux, — Manuel de Vhistoire de la philosophie, par Tennemann, S 374.

* C'est dans ce sens que le système de la sympathie parait inexactement entendu par M. Simon. Aussi n'y voit-il que le conseil de sacrifier au plaù tir des autres, donc une morale fondée sur la passion.

{Le Devoir, pag. 270.)

sot œNSCffiNCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

Dugald*Stewat*t, et bien d'autres *. — Puis c'est nous fournir une présomption pratique qui n'est pas sans valeur; car (il faut le reconnaître) la bonne renommée concourt, sinon toujours, du moins souvent, avec l'accomplissement de nos devoirs. — Ces avantages ne sont pas à mépriser.

309. Mais, en théorie, le système de la sympathie appoi'te-t-il un critérium auquel on puisse se confier? A notre avis, les partisans de l'infaillibilité de la conscience ont tort de le dédaigner. Le trouble qui offusque fréijuemment une conscience étourdie par la passion, peut ne pas exister dans une autre conscience désinléressée.Il y a toujours avantage à consulter un juge dont l'impartialilé est plus probable.

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