PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE V. S
la prétention de la conscience à la connaissance infaillible de tous les objets du devoir. Une seconde opinion consent à sacrifier la moitié de cette prétention exagérée. Résultat d une analyse déjà plus attentive, cette opinion ne voit dans la conscience qu'un certain nombre de révélations absolues des applications du devoir. D'autres révélations sont relatives, c'est-à-dire subordonnées à l'étendue des lumières plus ou moins grandes de telle où telle conscience.
Tel est l'aveu qui paraît être au fond de la pensée de Benjamin Constant. Quand, cherchant la base de la morale, il repousse l'autorité générale proposée par Lamennais, le raisonnement employé seul qui conduit au scepticisme, l'autorité qui nous livre sans défense à la tyrannie, il conclut en préférant le sentiment, tout en le déclarant susceptible d'erreur ^
331 . Telle nous parait être aussi la pensée des hommes instruits avec lesquels nous avons plus d'une fois discuté oralement ces difficultés. Beaucoup nous ont paru reconnaître que, dans la direction de la liberté humaine , conscience et science ont toutes deux quelque chose à faire.
Toutes deux quelque chose à faire?... Mais dans quelle proportion? Est-il question plus haute, plus large, plus pratique surtout? Eh bien! je ne demanderai pas : qui l'a résolue? je demanderai seulement : qui Va nettement posée? On la laisse dans un vague
» De la religion^ toin. I, pag. 99. — L'auteur n'indique aucun moyen d'écarter l'erreur dont le sentiment est susceptible. Étrange découragement ! Comment peut-on se contenter de signaler un critérium comme in*complet, sans chercher à le compléter?
désespérant. Ce vague, il faut l'écarter. Il faut savoir s'il est vrai qu'on puisse faire, entre la conscience et la science, un partage des vérités à constater.
332. La conscience donne les règles importantes; la science tire les conséquennes de détail : telle est la formule ordinairement proposée pour ce partage. La conscience est un catéchisme vivant des grands principes. La science (on la désigne bien ou mal sous le nom de casuistique) aide la conscience fatiguée à tirer los déductions d'un intérêt secondaire *.