‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 228 sur 301 · Originede l'erreur qui présente · texte numérisé non relu

Originede l'erreur qui présente

comme absolue la science des applications du devoir.

343. Aussitôt que la couscience a dit, d*une manière absolue. Assistance due par tout être à tout être^ le rôle de la science commence immédiatement.

Assister un être c'est pourvoir à sa conservatiouy à son perfectionnement, à son bonheur. La formule me pose donc ce premier problème : Que faut-il faire pour ma conservation, mon perfectionnement, mon bonheur, et, par contre-partie, pour la conservation, le perfectionnement, le bonheur des autres êtres qui ont droit à l'assistance? Plus brièvement, quel est l'objet de l'assistance? Qu'y a-t-il à conserver, à perfectionner, à rendre heureux en moi et en autrui ?

chaque devoir est absolu, cela est parfaitement vrai encore, à la condition de définir l'objet de chaque devoir autrement qu'on ne le fait communément.— Mais si l'on dit, la révélation de chaque devoir est absolue, c'està-dire uniforme pour toutes les inteUigences, on avance une proposition chimérique, contraire aux faits les plus évidents.

8S4 GONSGIBNGB ET 8GIENCB DU DEVOIR.

Est-ce le corps? Tâme? ou tous deux? Est-ce Findividu? Fespèce? ou tous deux? Dans ce monde? ou dans un autre ? ou dans les deux ?. . . Comprenez, lecteur, Fimmensité de ces questions, dont la conscience ne donne certes pas à toutes les intelligences la réponse identique.

344. Toutes les sciences réunies chercheront l'objet de Fassistance. Puis la science morale demandera : Quelle est l'étendue de Fassistance due?Dois-je réserver pour mon propre bien-être une part supérieure d'efforts, et n'accorder à celui des autres qu'une part inférieure? Dois-je appliquer Fégalité d'efforts pour le bien d'autrui et le mien? Dois-je arriver au dévouement, c'est>à-dire sacrifier ma part de bien-être pour grossir celle d'autrui? Selon qu'on prendra l'une ou Fautre de ces mesures, Fhorizon entier des applications du devoir se déplacera. Or, la conscience indique-t-elle le choix à toutes les intelligences, d'une manière identique? Non évidemment.

345. Que reste-t-il donc à la conscience dans la détermination des objets et de' l'étendue du devoir? Un sentiment relatif, proportionné aux lumières de cette conscience, c'est-à-dire à ses progrès dans la science. La science! Différeute pour les divers siècles, selon qu ils s*éloignent plus ou moins du commencement du monde; différente pour les peuples d'un même siècle, selon que les circonstances analysées par Montesquieu dans Y Esprit des lois , favorisent plus ou nioins leur développement moral ; différente pour les individus d'une même nation, selon que, jetés dans tel ou tel coin de Funi-

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