‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 63 sur 301 · Histoire de l'analyse de la raison · texte numérisé non relu

Histoire de l'analyse de la raison

100. Nécessité pour les hommes de pratique de rejeter le scepticisme.

93. Endormons-nous! a dit le scepticisme. Par cet e'trange précepte il a jeté son dernier défi. L'humanité le relève. Elle y trouve la condamnation suprême , ou , si l'on veut railler tristement en si grave

PeîBse, préface en tête des fragments d'Haaûlton.

matière, la suprême glorification du doute» puisqu'il achève ainsi sa mission de détruire par la destruction involontaire de lui-même *. — Eh quoi! l'inaction serait notre loi? Tel n'est pas l'avis du plus ingénieux des sceptiques : « Nous avons cher être, dit-il, et être conte siste en mouvement et en action ^. » Pascal ne fera que compléter cet aveu en ajoutant : « Le repos entier, « c'est la mort.» — Nous voulons agir : donc préférer telle action à telle autre, donc reconnaître un motif qui règle nos préférences, un but à atteindre : a sans quoi l'esprit de l'homme est dans le vide, il n'existe pas '. » 94. Que dis-je? nous voulons agir. . . Nous agissons, donc nous croyons. « 11 n'y a pas une de nos actions t qui n'implique un acte de foi spéculative. De sorte « que demander à un homme qu'il doute et qu'il agisse, a c'est lui demander à la fois de croire et de ne pas € croire *. » « Point de sceptique dans la rue, » a dit Royer-Collard *.

*■ Platon, Euthydème.

^ « L'esprit humain ne répugne pas à Terreur, mais il est maladroit de la « lui servir à trop forte dose. Alors elle tue et n*agit pas. Un peu de scep- « ticisme n'est pas un incommode oreiller pour une tète bien faite ; mais « notre nature a horreur du scepticisme universel. » (Cousin.)

* Montaigne, Essais y liv. III, chap. viii.

« L'homme est porté à agir. On lui briserait le cœur avant d'en extirper « cet impérieux besoin. Notre mission terrestre n'est pas de couver éternel- « lement et oiseusement notre pensée. »

(Barchou de Penhoen, Histoire de la phil, allemande, liv. UI.

s Leroux, Réfutation de Véclectisme,

*> Ad. Gamier, introd. au tome IV des Œuvres philosopha de Descartes»

* Œuvres de Reid, tome IV, p. 297.

« Je mets en fait qu'il n'y a jamais eu de pyrrhonien effectif parfait.

(Pascal, Pensées.) A Zenon, élevant des doutes sur le mouvement, Diogène répondit en mar. chant devant lui.

M. Bénard, Précis de philosophie (Logique, chap. m), dit : o Le scepti-

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