Injustice : exagération, le plus plet
238. Si la justice est l'accord de l'amour de Dieu et du prochain avec une certaine défiance de l'amour de soi-même, l'injustice est évidemment le dérange-
* Maximes.
SM CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOnt
méat de cet accord. Soit donc que Y(m ne rende pas à Dieu ee qui lui est dû » soit qu'on partage caprideu* sèment son amour envers le prochain, en donnant à tel honmie plus, à tel autre moins qu'il ne lui appartient» soit enfin que Ton fasse prédominer l'amour de soi sur les deux autres» on est injuste.
239. C'est surtout dans cette dernière application qu'apparaît l'injustice, sous le synonyme à'égoïsme. Le mal moral n'est que a la loi d'individualité ccmi* « battant la loi d'unité*.» Crimes, vices, guerres, tout cela n'est que l'effet du culte prédominant de soi dans les hommes sans pitié c< contumeliam facientes in su" perbia ^. C'est ce que dit en termes simples saint Augustin, quand il voit le péché dans un seul point essentiel, la perversi4)n de la charité^; c'est ce que répète, avec plus d'emphase, je ne sais plus quel poète signalant « Mars comme le tyran, et le Droit comme c< le souverain du monde. »
240. Au surplus, de même que nous avons nié la possibilité de l'existence d'un homme dont l'inlelligence ignorerait le premier principe du devoir, il faut nier Texislence d'un homme dont la sensibilité, contente seulement par l'injustice, aimerait le mal pour le mal. — Le crime ne peut être que l'exception dans la vie la plus criminelle, « Ne illi quidem qui maleficio ce et seelere pascuntur, possunt dne ulla pariicula « justitiœ vivere*^ » Si nous aimions les expressions
^ hwoï&tinià&^Eiquiste â^une philosophie iMuvelU. « Machabées^ lib. H, chap. i, S 3, vers. 28.
5 Sainte-Beuve, Port-Royal, tom. II, pag. 141. * Cicéron, De offlcOs,