‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 169 sur 280 · PAIVTIE HL — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE V · texte numérisé non relu

PAIVTIE HL — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE V

On dit qu'à côté des sens de la vue» de rouie, du goût, de Todorat et du toucher, un mième sens a pour fonction psychologique de dicter uniformément à tous les hommes tous les jugements moraux, comme la poitrine a pour fonction physiologique de produire uniformément tous les mouvements de la respiration. Sur ce sens intérieur, toutes les lois du devoir se réflédiissent comme sur un miroir.

Législateurs, avez-vous à proposer uû code? Magistrats, professeurs, avez-vous à en interpréter, dans un sens désirable, les obscurités? Votrè^ âme illuminée trouvera sans ef&rt, en elle-même, la définition de la vraie liberté, la liste des restrictions de l'individualité, la direction dans la voie de la conservation, du perfectionnement, du bonheur. — Et Thomme privé? Comme vous il pourra s'écrier : Et moi aussi, je suis législateur!... n promulguera, à sa dévotion, une Tworafe et un droit naturel * : il les opposera, s'il lui plaît, par une dédaigneuse antithèse, au droit positif, en accusant au besoin le législateur de s'être plu à contredire sa conscience en inventant ce droit positif pour en faire un droit contraire à la nature !

J'ai vu ainsi la plus grande partie de mes semblables passer tant bien que mal leur vie , persuadés que l'inspiration spontanée suffit pour leur donner, dans toutes les applications, la distinction absolue du juste et de l'injuste *.

* Ea prenant ces mots dans un des dix ou douze sens chimériques que nous aurons à repousser plus loin, dans le sens de Vc^quitas cerehrina, suivant l'expression plaisante de Dumoulin.

» Et, je le dis avec une triste- conviction , c'est pour cela que j'ai réservé

170 cûifBtnsNGs ET ftcfkff cfi m OKYOm.

iMé II faut même le reconnattre : dés homiiiea de science * ont formulé cette croyance en système phi*losophique, sans s'apercevoir qu'ild descendaient, par une pente douce, v«ra le ftitalisme^, et qu'^n voulant trop glorifier dans ThomniQ une des facultés de la raison, ils mutilaient à tort les autres '.

286. On cite, à Fappui de cette opinion» une pré^ tendue autorité générale (dont on n'a pmni sufflsàm'* ment analysé les éléments trompeurs). Ou pi^éseut^, à tort ou à raison, le mot comciencê comme devenu vulgaire dans cette signification. On soutient que les

pour un petit nombre cTéltis le certificat de droiture d'intelligence, et celu i dtt bonté dfleoiur, réunis sous )e litre considérai»)» d'hotmitehùmtHe. -^Di9U me garde cependant de dire comme Michée (chap. vu, vers. 2) : « Rectus in hofhinibui non ut! >

« \Qyet Ronaseau, JacoM, etc. -^ n fVmt oUdf ftTant touft attli«fe, commo ayant soutenu cette opinion avec l'élévation d'une âme généreuse, Hutéheson, professeur à Glascow (né en ld94, mort en 1747). Voir les oti* vtages intitulés : Abrégé de la philosophie mcircdé ; Rêohenhe wr l'origine ésê idées que nous avons de la beauté et de la vertu ; Essai sur la nature et la Cfinduite deèpasêioHê et dè$ afjpBôtioM^ avee dei éalaircisèiments sm* k sens moral, — Comparez Aslhey Cooper, comte de Shaftesbury, qui fait consister la vertu dans rbarmonie des penchants sociaux, et personnels, et dans une satisfaction intérieure qui accompagne Texereice des aetos désintéreasél '^ AJ. Wollaston. Manuel de l'histoire de la philosophie^ par Tennemann,

Hutcheson a trouvé de véhéments adversaires dans Pricei QaTcke^ Bai-

qui, etc.

Dugald Btewart {Esquiué de philtmphie morale, part. U, «hàp. i) r»«

connaît que la définition du sens moral par Hutcheson est trop générale.

— Voir Hubnet, Essai sur l'histoire du dfoit naturel^ pAH. ti, S 13. -*

Manuel de Tennemann^ n*>* ajSO, 372, 376.

* Dugald Stewart {loùo dtato) nous atteste qu'on a tiré du sjTStëme d*Hutcheson des conséquences sceptiques; conséquences dont il cherche toutefois à le justifier.

s Aussi, M. Tillard {Analyse, classement et nomenclature des divers ordres de lois et de phénomènes moraux et politiques) signalé là eoûtrardiction qui consiste à repoussef te mysticisme pi^prement dit, la èdAtefO* plation de Dieu, pour tomber dans la contemplatlOd de la éotiadenCé, Évtn mystidsoie»

Page 1