‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 171 sur 280 · PARTIE in, — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE in, — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V

seO que donne Barbeyrae : « Avant que de se déter- « miner à suivre les mouvements de la conscience, il « faut bien examiner si on a les lumières et les secours « nécessaires pour juger de la chose dont il s*agit. — « Supposé qu'en général on ne soit pas destitué de « ces lumières et de ces secours, il faut voir si Ton ce en a fait usage actuellement dans le cas dont il a s'agit*. »

289. Conscience éclairée par la charité. — Pour rendre plus sûre l'inspiration spontanée ou réfléchie, on propose de l'appuyer sur l'adjonction d'une certaine satisfaction de la sensibilité.

Chercher le juste dans un prétendu équilibre de toutes les sensibilités respectives^ dans le contre-poids des fantaisies opposées aux fantaisies , ce serait (nops l'avons constaté d-dessus, (n®« 45 et 46), mettre les passions elles-mêmes à la place de leurs règles, l'égoï^oie tout entier à la place du frein qui doit le réprimer. — Mais si , à côté des impressions de cet égoïsme, il se présente une impression toute contraire, l'impression d'un bonheur qui consiste à préférer autrui à nous-mêmes, ne ^era4-elle pas l'antagoniste naturel de l'ennemi qu'il s'agit de combattre ? Ne suflîra-t-il pas de la volupté pure apportée par elle, pour signaler à l'intelligence la conciliation cherchée entre l'amour de soi et l'amour du prqchain?

On le prétend. Et l'on propose à l'intelligence, au nom de la sensibilité, pour direction de la conscience

* Voir PuiOreodorff, Droit de la nature et des gens, liv. I, chap. ui, S $• Voir, dans le môme sens, M. Bénard, Précis de philosophie {M.ov9le, chap. III, art. 2).

t74 CONSCIENCE ET dCIENtiE DU DEVOIR.

dan? les détails de la vie, rimpreâsion bienveillante Bppëléecharité on plaisir d'aimer.

Tout d'abord, la charité proposée pour guide à la conscience plait et rassure. Eh quoi! Il y aurait identité du mouvement du cœur, et de la lumière de Tespiit ! Heureuse simplification de l'épreuve imposée à l'homme ! La règle de la vie serait dans cette dduce proposition : « Agir conformément au devoir, c'est « agit de manière à satisfaire le plaisir d'aimer?» — Cette formule paraît contenue dans des prq)ositions adoptées , déjà par l'antiquité. Cîcéron avait deviné l'Evangile en écrivant cette phrase trop peu remarquée : ce Natura propensi sumus ad diligendos homines; quod fundamentum juris est • . » — Une voix bien autrement puissante que celle de l'orateur romain n'a-t-elle pas dit : Aimez-vous les uns les autres^\ — Exercer un acte de bienfaisance, s^exprime ainsi on hébreu : faire justice . — Saint Grégoire appelle l'œuvre de miséricorde devoir de justice. — Domat arrive à dire que «les premiers principes du (( droit parlent à la fois et à l'esprit et au cœur. »

n. — A^FUTAtlON.

< Vemm mihi ceite non obvenit tanta félicitas, ut t tanto compendio ad legmn nàtoralium notitiam per- € YeniremI »

(GuifBSBLiND, D6 Itgibns ruUurœ, Prolégomènes.)

^90. Regret de Tauteti^ de repous« 291. Division de lu discussion de ce

ser le système qui voit la système,

connaissance absolue dea 292» Examen 1*" et 2<> des ofnnions

objets du devoir dans la con^ qui placent la connaissance

science individuelle. absolue de tous les. objets

• Délegibus.

« Saint Jean, chap. xv, § 2^ Vers* i%

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