PARTIE IIL — C0N8GIENGE DU TmOtR. — UVRE V
OU le sainte qui, depuis qfie le monde existe, a osé dire une fois : ce A tel jour« dans tel acte de a im vie, j'ai été pur de toute étourdme? » Âppa-* raissez^ tous dont TËglise a canonisé la mémoire! Ymis serez les plus empressés à décliner cette prétention insensée ! a Je mis une chose, c'est que je ce suis un pécheur t » voilà ce que dira chacim de vous» comme Socrate disait: a Je sais une chose, c'est que je ne sais rien ^•» Nul physiologiste n'admet rétat parfaitement sain du corps* Quel psychologue admettra l'état parfaitement calme d'une conscience que ne trouble nulle passion?
Ainsi, instrument admirable, mais destiné à ne produire jamais que des œuvres ébauchées, la révélatiim infaillible des applications du devoir n'évitera pas à une setde de ces applications l'alliage fâcheux de quelque élément contraire à elle... Eh qucn! estrce donc ainsi que Dieu procède? Supposer qu'il ûdt un moteur pour se mouvoir dans le vide, qu'est-ce» sinon s'amuser à une hypothèse ?
Mais, je le veux : ce moteur, parfait.dans son mécanisme, existe. À quel moment fonctionnerart^il? C'est ce que nous allons demander.
« pour tels ses amis et ses maîtres..... Leur idée du sage n^était pour eux « qu*im idéal qu'il fallait s'efforcer de réaliser.
(RnTEâ^ Histoire de la phiioa. ancienne; traduis par Tissot,
t m, pag.. 538 et 545.)
* « Quis potest dicere s Mundum est cor meum : purus sum k peocato?»
ÇProv.^ chap. xa, S 1, vers. 0.) < Non est enim homo Justus in terra qui faciat bonum et non peccet. » iSccles.^ chap. vu, S 3, vers. 21.) — iM<^ Paralip*^ cbap. vi, S 2, vers. 36.)
* C'est pour un juste imaginaire qu'on trouve, dans les Pemées de Joubert, cet emUème proposé : un cb6ne avec la devise : < Un rien m'agite^ et < rien ne m'ébranle, »
296 CONSaENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
6* Sens intime contredisant lui-même sa prétention à l'infaillibilité.
Ici j'adresse à tous les hommes de boime foi cette question : Ne vous estrîl pas arrivé très souvent de reconnaître, le lendemain, <K)mme illicite, ce que, la veille, un premier mouvement vous avait fait considérer conmie louable? et de reconnaître le lendemain, comme louable, ce que, la veille, un premier mouvement TOUS avait fait juger illicite? puis de changer d'avis une troisième. Une quatrième fois?... S'il en est ainsi, dites-xnoi, entre plusieurs inspirations successives contradictoires, comment discemeréz-vOus la bonne ?
300. Le raisonnement écarte l' infaillibilité abso* lue de l'inspiration. — Nous avons vu les partisans de la puissance de l'inspiration demander où en serait l'hcmmie, si , au lieu de l'étude lente et variable, il n'avait pas une aperçeption rapide , instinctive, des détails de la distinction du bien et du malP
Nous répondrons : Où en est l'homme, en supposant cette aperçeption rapide, instinctive?
Mettons^nous en présence des faits réels. L'inspiration spontanée on réfléchie empêche- 1- elle les œuvres pratiques de l'humanité de justifier trop souvent les larmes d'Heraclite ou les railleries de Démocrite? (( La justice et la vérité, dit Pascal*, sont deux ç< pointes si subtiles, que nos instruments sont trop « émoussés pour y toucher exactement. S'ils y arri-
* Pensées,