‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 203 sur 280 · PARTIE m. -- CONSaENCE. DU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE m. -- CONSaENCE. DU DEVOIR. — LIVRE V

j9a^..,« na médisez pas.... ne violez pas votre set'* menti..* ^) Puia, nn etc. ^

Vous le voyez, Tecteilp, la première inspiration de$ sages que j'ai interrogés a été de me donner des exemples de. ce qu'il ne .faut pas faire; jamais^^ je vous l'atteste, ils n'ont commencé par me dire ce quil faut faire. Or, c'est ce dont j'avais lé plus besoin, et avec moi la grande majorité des hommes 1 En effet (il faut s'en applaudir) , bien petite est la minorité décidée à occuper uniquement sa vie à tuer y à médire^ à violer des serments. Eh bien! <ju'est-ce à dire? La conscience règle-t^elle seulement les abstentions? Est elle muette sur les actions? Posons la question sur la plus considérable deà ^ctiomi de l'homme : Devons-nous étudier ? La conscience n^ dit^lle rién^ en présence de l'humanité musulmane qui répond Non, et de l'humanité chrétienne qui n'est pas unanime pour répondre Oui ?.

Mais restons, j'y consens, dans le domaine des abstentions; Ne tuez pas y ne médke%pasj ne violez pas v^atre serment ^ etc.... Que mi'apprepd un etc. sur la limite de /a «sciance et de la conscience? Je né le vois guère.

Fàut-iî essayer toutefois de se contenter ainsi d'un à peu près, en espérant du moins que Y etc. ne viendra qu'après une liste très longue ?. . . Hélas ! ce catalogue, quelque long qu'il soit, ne nous donnera pia^si même la connaissance complète dés devoirs impor^ tants qu'il mentionnera. Pourquoi?

333. Parce que chacun des articles de la liste sera atteint et modifié par sa combinaiscm avec les autres.

no . GOfïSGIBEICB ET SCIENCE DU DEVOm.

On Terra toujours s*élever,.à côté de telles prohibitions énoncées, d'autres prohibitionsaiissi l^itimes, pour restreindre les précédentes. Charron fait observer que ce bien souvent (il devrait dire jamais] on ne a peut accomplir ca qui est. d'une vertu, sans le heurt « et offense d'une autre V » Que faire alors? Suivre le conseil de Cicéron : ce Contra officium est majus a non anteponi minori^ » ? Soit. Mais sur le choix du précepte à sacrifier, que de dissidences !

335. Les e&emplès de ces dissidences, dans les consciences les plus pures et les plus éclairées, sont par miilliers. Donnons-en quelques«»uns.

Premier exemple. Ne tuez pas ati^rut.— Voilà un principe qui certes peut réclamer la première place en tâte de la liste. Mais le second rang n apparlient-il pas à cet autre principe : Ne vou^ tuez pas vousrmémel Or, que faire, s'il faut tuer autrui pour ne pas se laisser tuer soi-même ? Voici déjà les consciences qui vont se diviser.

Lea plus charitables répondront : Ne tUei pasl lal(û morale est ainsi faite. En vous laissant tuer, vous ne violerez pas le principe qui vous défend, (te vou^ tuer. — Croyez saint Paul : ce II ne faut jamais faire !» du mal afin qu'il en arrive du ' bien ^!»'— Ainsi

* Charron, 5ayeMe (Uv. h chap. iV, n" 5); cité dans la préface deB«^ beyrac, en tête de la traduction de PuffendorflT.

M. Bénard reconnaît aussi que la collision des devoirs laisse des lUBuds i dénouer {Prédire philosophie, Morale, chap. m.)

« De offUiis,

} Saint Paul aux Romains, cap. lu, vers. 8 .

< Summum crede nefas animam praeferre pudori^

« Et propter viiam, vivendi perdere causas. » (JurtNAuy

Page 1