‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 222 sur 280 · DE LA SGIENCP DU DEVOIR · texte numérisé non relu

DE LA SGIENCP DU DEVOIR

I Les esprits sont d'autant plus indociles qu'ils « sont moins, lumineux. *

(H. Tabbé CrRATaT, De l^ ùmrtaisiance de . IHeUj seconde partie, ch. i.)

356. Difficulté de eonv&incre les esprits de la nécessité d'étudier la

science du devoir.

356. En préchant la nécessité d'étudier la science du devoir, nous avons peu d'espoir d'être écoutée

Nous ne convaincrons pas aisément les personnes peu habituées à la méditation, et par cela même prédisposées à confondre ce que Ton peut appeler la subjectivité scientifique de leurs connaissances, avec r objectivité de la connaissance en général. Le mot de Socrate : « Je sais une chase^ c'est que je ne sais « rien^ » n'est pas la devise du vulgaire. L'ignorant fait seulement le tour de soi-même, et ne voyant rien au-delà, est disposé à croire qu'il sait tout, — « Ilp'y

S5Ï Cœ^Sq^CE ET ÇaENCE BD DEVOIR.

« a, dit éloquemment Descartes* qile les faibles et les « basses âmes qui s'estiment plus qu'elles ne doivent; « et sont comme les petits vaisseaux que trois gouttes « d'eau peuvent remplir*. » Que de personnes tiH)uveront toujours commode de continuer à admirer la prétendue perfection absolue du juste dans Yopinion consciencieuse relative que la tradition leur am*a donnée du juste*! ,

Nous devons ajouter tristement que nous persuaderons difficilement des lecteurs dont il nous serait doux d'ébranler la conviction : je veux parler des philosophes qui n'ont pas dirigé leurs études sur les législations positives. Pour eux les préceptes : «. JSe a tuezpa^y ne médisez pas, ne vous parjurez pas, » constituent la science morale, r-^ Conime Us changeraient bientôt d'avis, si la connaissance du droit leur faisait apercevoir que ces préceptes ne sont pas même Va & e delà science! S'ils mesuraient, ne fut-ce qu'un instant, l'immensité de ce qu'il y a à régler dans les rapports des individus en l'éiat de société (sans lequel ces individus ne seraient pas des hommes), comme aussi dans lés rapports dés sociétés entre elles! Ils viraient ak)rs qu'ils prennent le rivage

^ Desôartes, édit Carnier (t. n|, lettre VI & la princesse Palatine}r

* J*ai fait souvent une épreuve. J'ai voulu faire comprendre à dès auditeurs peu instruits que les yeux dés divers individus soïjt peut-être diversement affectés par ia lumière"; que Tun voit peut-être bleu ce que l'autre voit vert; qu'ainsi lorsque telle persoûne dit : Taime mieux le bleu ^ue ie vert,^ et que telle autre dit : J'aime mieux le vert que le bleu^ elles paraissent en désaccord, et sont peut-^tre d'accord au fond. — Ce que ces auditeurs ont cru comprendre, c'est que j'étais fou. JVul ne pouvait admettre la supposition que ce qu'il voyait jaune ne fût pas vu jaune par tous. — Môme phénomène Souvent dans l'entêtement que chacun montre dans les opisdom morales..

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