‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 24 sur 280 · PARTIE PRÉUMINAIRB. — PROLÉGOMÈNES. — LIVRE H · texte numérisé non relu

PARTIE PRÉUMINAIRB. — PROLÉGOMÈNES. — LIVRE H

mîère édairant les opérations qui se passent au dedans de nous. — Autre comparaison par une imageplus sensible encore : Entrons dans un tribunal ; qu'y voyonsnous? 1* Des magistrats prononçant une sentence, et appelant des huissiers pour Texécuter ; 2» un greffier qui écrit la sentence. Eh bien! entrons de même en nous; que voyons-nous? i* L'intelligence, semblable au magistrat, affirmant (Jies vérités et appelant au besoin, pour les exécuter, la volonté et la force motrice ; 2^ la conscience, semblable au greffier, constatant les affirmations. — Mais l'homme, affirmant des vérités, appuie toujours son affirmation sur certains prindpes nécessaires qui constituent sa raison même, et dont l'existence est un fait de sens intime, comme le témoignage de la conscience est un fait de sens intime. Or, quand ces affirmations portent spécialement sur le devoir, le langage vulgaire a consacré une large extension du mot conscience. Il a réuni, en un seul être, le magistrat qui rend le jugement et le greffier qui l'écrit. — Pour cesser déparier par métaphore, la conscience morale est devenue ^ensemble de toutes les révélations du sens intime sur le devoir. — Puis, on ne s'est pas contenté de cela. Dans l'opinion que nous analysons, on fait de Tinspiration de toute conscience, quelle qu'elle soit, la source unique et complète des enseignements absolus sur le devoir.

i8. Mais des opinions opposées ont revendiqué les droits de la science contre les prétentions exclusives de la conscience morale ; et ces opinions sont arrivées à leur tour, par une injuste réaction, ^ nier la mission de la conscience.

CD coNsciencB rr science dd Devotn.

19. GoDSCÎeDce morale! mot sacré! le phis cnnsldérable de la langue du deToir! que le respect seul doit prononcer, que le respect seul doit écouter! A toi notre premiei- hommage! I^ais notre analyse, témoin incorruptible, en ctmfessant sur toi toute la vérité, ne confessera lien que la vérité.

A notre avis, conscience et science cnit à s'accorder ensemble. A chacune d'elles.appartient une part légitime dans des résultats h combiner. — Certes, nous repousserons la fausse science qui voudrait s'isoler de la conscience. Loin de nous de voir dans la distinction du juste et de l'injuste, une conséquence arbitraire de la force, de la uonventioo , de l'autorité, ou de je ne sais quel raisonnement impuissant , qui ne demanderait pas à Dieu ses bitses ! — Mais, si ce Dieu donne 1c succès h nos efiorts, nous n'isolerons pas davantage la conscience de la science. Nous ne verrons qu''une vague exagépatioii dans l'hypothèse fantastique d'un corps de doctrine composé de toutes pièces, e&istant de toute éternité identiquement dans tous les cœurs, et se manifestant dans les plus minimes applications de la vie, par ime révélation infaillible, absolue, de chaque instant. — Inclinons-nous devant l'œuvre du Créateur, mais sans oublier qu'il a donné aussi à l'homme une œuvre à consommer! La géométrie estelle foute faite, parce que la i-aison trouve en ellemême des vérités nécessaires telles que celles-ci : < Le tout est plus grand que la partie? Deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles? * L'esthétique est-elle toute constituée, par cela seul que l'âme a un certain sentiment du bea:i?.. Non, sans

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