‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 27 sur 280 · PARTIE PRÉLmmAIRE. — PROIJSGÛMtNBS. — UVRB m · texte numérisé non relu

PARTIE PRÉLmmAIRE. — PROIJSGÛMtNBS. — UVRB m

dation d'un fait pris au hasard ; d)serTation attentive dirigée sur ce fait.

21 . Énonciation (tun fait pris au hasard. — A Toccasion de tout fait, quel qu'il soit, toutes les questions que Fesprit humain peut poser, se dégagent. « Uu- « nivers, a dit d'Alembert, pour qui pourrait Fem- « brasser d'un seul point de vue, serait un fait unique. » L'ensemble de^'œuvres du Créateur forme une réunion indivisible de combinaisons en rapports réciproques nécessaires, et dont notre âme, suivant Fexpression de Leibnitz, est le miroir. Impossible de toucher à l'une, sans toucher par contre-coup aux autres. Ainsi le marteau qui frappe un point de la cloche, en fait vibrer tous les points. Cela est vrai dans l'ordre des sciences physiques : un grain de sa* ble bien décrit suppose la connaissance de tout ce qui est corps. Cela est vrai dans l'ordre des sciences mo* raies : une opération de Fâme bien comprise suppose la connaissance de tout ce qui est esprit.

22. Observation attentive dirigée sur ce fait. — Je ne connais pas de science qui puisse, à son début, procéder autrement que par FobserVatîon, quand ce ne se;*ait que pour constater, aussitôt après, sur quels points Fobservation peut devenir inutile. — L'observation! les penseurs de Fantîquité en usaient trop peu! ils la sacrifiaient souvent aux séductions de Fhypothèse. Bacon en prêcha Femploi exclusif pour Félude des sciences physiques*. L'école écossaise exagéra cet

^ Ea demum est vera phUosophia, quœ mundi Jpsius roces quam fideHssimè reddit, et veluti dictante mundo, conscripta est.... nccquidquam de proprio reddit, sed t«ntum itérât et resonat. (Bacon, Instauratio magna,)

emploi^ en le présentant comme Funique méthode d'étude des sciences morales.

23. Aujom^d'hui» on fait à Tobservation sa véritable part en lui reconnaissant deux, actions diiTérentos, selon quVUc se présente : 1° comme moyen direct d'obtenir la connaissance ; 2fi comme une occasion indirecte de constater d'autres moyens de connaître, savoir : les formes mêmes de rintelligence, les vérités de raison, qui, une fois révélées et mises en action par Tobservation, prennent le pas sur elle pour lui servir de guide et d*appui dans les expérimentations ultérieures.

24. L'observation procède en analysant les faits accomplis. Elle n'a que cette voie. Cela est vrai surtout quand l'homme dirige celte observation sut» luimême. Essayez, lecteur, d'éludier les ressorts de votre existence, sans en avoir mis d'abord en jeu, sur un fait, le mécanisme tout entier! vous lomberez dans une impossibilité. En effet, le spectateur peut-il être le spectacle? Pouvez-vous abstraire successivement chaque partie de votre personne, comme un rouage d'une montre démontée, pour soumettre cette partie isolée au contrôle des autres, réservées pour la juger? Non. Dès que vous commenceriez à l'essayer, votre personne mutilée cesserait d'être votre personne ; l'absence de l'organe provisoirement détaché laisserait un point noir dans votre vue. La logique vou^ défie de constituer le tribunal, sans que l'accusé revienne, pour le compléter, siéger au milieu des juges. L'esprit, dit Cicéron, est semblable à l'œil, il ne se voit pas lui-même. — Que faut-il donc faire

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