‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 84 sur 280 · PARTIE n. — TOI AU DEVOnt — UVM ÎV. ttf · texte numérisé non relu

PARTIE n. — TOI AU DEVOnt — UVM ÎV. ttf

Btaire avant (T avoir été créateur, pour redevenir eta^ suite solitaire. Tout existe en même temps pour lui. Nos tléterminatîons ne se trouvent pas, vis-à-vis de son omniprésence, dans un état d'antériorité ou de postériorité.

Subsidiaîrement , disons avec Bossuet : « Si nous « avions à détruire la liberté par la Providence, ou ta « Providence par la liberté, nous ne saurions paroà

« commencer La première règle de noire logique,

« c*cst qu'il ne faut jamais abandonner les vérités une ti fois connues, quelque difficulté qui sturvîenne quand « on veut les concilier; mats qu'il faut, au contraire, « pour ainsi parler, t^r fortement les deux bouts de (ï la chaîne , quoiqu'on ne voie pas toujours le miu lieu par où renchalnement se continue '• )»

1 47. Croyons donc fermement qu'entre la raison ilhonitiée par les vérités étemelles, et la sensibilité ébranlée par toute sensation, la volonté libre existe, qu'elle est le caractère essentiel de l'être humain. La conscience reçoit de la raison cette attestation. Cest à cause de la souveraineté de la liberté sur les désirs, qu'un langage universellement adopté donne aux hommes le nom de personnes, en laissant aux êtres non libres celui de choses.

148. La liberté existe, donc le devoir existe. — Liberté, devoir : mots corrélatifs. Dire et penser le mot liberté j c'est dire et penser le mot devoir. Dire et penser le mot devoir ^ c'est dire et penser le mot liberté. Il y a équation mathématique dans ce raison-

' Bossuet, Traité du libre arbitre.

198 CONSaENCE ET SCIBNCfi OU DSVOm.

nement de Kant : « Je dois obéir à la loi morale, donc « je puis lui obéir, donc je suis libre, » comnae il y aurait équation mathématique dans ce raisomiemeut retourné : c< Je suis libre , donc je puis obéir à la loi « morale, donc je dois lui obéir *. » — Le Créateur luimême n'eût pu séparer la liberté et la loi morale. « I^rsqu*il trouva à propos de produire un animal « qui devait être gouverné par les lois morales, c'estcc à-dire Thomme, il mit dans son âme la volonté , » et il enfanta ainsi les êtres moraux c< pour mettre c( quelque ordre , quelque convenance , et quelque c< beputé dans la vie humaine^. »

* n ne faut pas dire avec Eschbach {Cawi d'introduction^ pag. 90) : « Mai^' • QBE SON INDÉPENDANCE, Vhomme tist soumis à des devoirs.» U faut dire: A CAUSE DE SON iNDépcNDANCB. — « L'HeUespoot, (Vappé de coups ^ fouet par « Xenès en démence, ne lui obéira pas, » dit Cumberland {De legiàus nottirœ^ chap. v, j 5). Pourquoi? Parce que THellespont n*est pas libre. — »In « equis in leon|bus (dit Cicëron), justitiam, «equitatem, bonltatem non .« didmus. » {De of/iciis)*

• Puflfendorff , Droit de la nature et des gens (liv. I, chap. i et chap. ir).

f Fieri non potest ut ab actionibus nostris liberis barum moralitas s^mu « retur..... Quantitas moralitatis actionum a quantitate libertatis. » (Dabibs, Institutionesjùrisprudentiœ universalis, cap« i, $69; cap. iv,Sl<(2.)

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