PARTIE IV. — SafiNGE DU DEVOIE. — UVBE L If
Mais la vie est courte, et les forces sont bornées. Plus le champ de Tobservation s'étend, plus il y a nécessité de diviser le travail. Force est donc au jurisconsulte, qu'il soit législateur, prêtre ou magistrat, de limiter son ambition. Pour régler la proportion des études dont il a besoin, il pourra d'abord faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences philosophiques.
En ce qui touche les sciences naturelles, il sera plus volontiers autorisé à accepter de confiance les résultats constatés par ceux qui s'en sont occupés ' . S'il se trompe avec eux, son erreur tombera sur des questions de fait plutôt que sur des questions de droit. « Il sellait fâcheux que l'on cràt que l'éclairage au gaz « empoisonne les passants. Mais, en supposant que « cette opinion existât, et que le législateur (partac< géant l'erreur) fît une loi contre ceux qui se per« <!( mettraient de brûler de l'hydrogène, qu'en résulte- « rait-il? Un retard dans les progrès de la chimie
« appliquée aux arts Mais les principes de Tordre
ce moral ne seraient pas violés ; car l'empoisonne- <c ment est un vi*ai délit. L'erreur porterait sur la « qualité matérielle du fait, non sur la nature morale (( de l'acte '. » Quand les alchimistes passaient pour sorciers ayant commerce avec Satan, a brûler les sorc< ciers était un très grand mal, *mais qui n'altérait en « rien les rapports du fait et du droit. On se trompait
* a Que a phyBiologis demonstrari soient, supponimus satis probata.
(GuMBBRLAND, De leçUms naturœ.
• Rossi, Traité <ie droit pénal.
« surla possibilité d*un pacte avec le diable pour faire c< le mal, mais non sur ce que méritait un pareil fait ^ »
398. En ce qui touche les sciences philosophiques, le jurisconsulte doit au contraire ne s'en rapporter qu'à lui. 11 fuut que, par ses propres efforts, n s'avance aussi loin qu'il le peut.
L'homme est le sujet du devoir. N^est-il pas évident (|uo la connaissance exacte des caractères essentiels du sujet est préjudicielle à la connaissance des objets du devoir "? — Nous avons vu, dans notre deuxième partie, comment le devoir suppose, pour postulat nécessaire, la solution des questions métaphysiques de premier ordre, la foi à la puissance de la raison, à l'existence de Dieu, du moi, de la liberté. — Nous allons voir, dans cette quatrième partie, comment la science du devoir suppose, en outre , pour postulat nécessaire, la solution de bien des questions physiologiques et anthropologiques de second ordre. — Telles sont notamment les questions sur la sociabilité de l'homme, l'immortalité de Vâme, la perfectibilité de Vêtre humain.
Ces trois points vont être spécialement traités dans les trois titres suivai^ts.
< RoBsi, Traiié de droit pénal.