AVERTISSEMENT
Cette brochure est la reproduction intégrale d'une série d'articles parus dans le Devoir, du 28 mai au 6 juin inclusivement.
J'avais songé à abréger ce travail et à le mettre à date. Certaines observations et certains passages, nécessaires à l'heure où, ils ont été publiés, n'offrent plus ^u'un intérêt relatif, — tel, par exemple, le premier chapitre. D'autre part, les nouveaux développements de la situation politique, et particulièrement l'échec du projet de coalition, auraient appelé de nouveaux commentaires et une modification du dernier chapitre.
Réflexion faite, il m'a paru préférable de laisser intact le premier jet de ma pensée. C'est, il me semble, la meilleure preuve à donner de ma sincérité. Quant aux changements de la scène politique, ils . sont si fréquents que ce ne serait guère la peine de se mettre à date, . aujourd'hui. iTout peut être changé demain, dans huit jours, dan's un mois. Le Devoir exprimera, de jour en jour, notre opinion sur les événements qui se succéderont.
Le premier ministre a lancé la bombe de la conscription le 18 mai; mon premier article a paru le 28 mai; le dernier a été écrit le S juin et publié le 6; ce n'est que le lendemain, le 7, que les lettres échangées entre sir -Robert Borden et sir Wilfrid Laurier furent livrées au public. Avant ( ( de porter unjugem^ent sur ce modeste et hâtif travail, le lecteur voudra bien tenir compte de ces précisions — surtout en lisant le dernier chapitre, qui toV'Che à la situation politique, notablement rdodifiée par l'échec momentané du projet de coalition.
A l'heure où je donne le bon à tirer, le texte du projet de loi n'est pas encore déposé à la Chambré, l'attitude définitive des chefs et des partis est encore du domaine des conjectures.
Ce travail était donc terminé avant l'inoubliable soirée du 7 juin, au Monument National. A cette réunion, quatre des hommes les plus brillants et les plus solides de la jeune génération sont venus apporter à la protestation raisoiinée contre la conscription l'autorité de leurs talents et de leurs compétences diverses, et, plus encore, la sincérité d'une commune et profonde conviction qui a su s'afjîrmer nette et ferme, au-dessus des divergences ordinaires de parti et d'opinion. • Ces hommes, ce sont MM.
Edouard Monfpetit, professeur d'économie politique à l'Université Laval • • et à l'Ecole des hautes études commerciales, Antonio Perrault, professeur de droit commercial <à' la même université, Paul-Emile Lamarche, ancien député à la Chambre des communes, et Athanase David, député à l'Assemblée législative. J'exprime ici l'espoir que leurs plaidoyers contre la conscription et les emprises de l'impérialisme seront publiés et réparidus à profmion.
Montréal, 9 juin Wîî.
Emm BOUEASSA.