ACTE TROISIÈME
JULIE, entrant avec un plateau chargé de rafraîchissements? qu’elle va poser sur la console.
S’en donne-t-il, M. Pagevin?... S'en donne-t-il?
MATHIEU
Ah ! si sa femme se doutait de cela, là-bas, à Veulettes!... Mais qu’est-ce que je vais lui écrire? (Ecrivant.) « Madame, rien de bien nouveau depuis mon honorée » d’hier, si ce n’est que monsieur va un peu mieux. » Le médecin dit qu’il en répond. » Moi aussi !...
PAGEVIN, au fond.
En avant deux ! Hop là .... Hop là!
MATHIEU, écrivant.
« En ce moment, notre pauvre malade repose douce- » ment, un peu pâlot !... TJn faible sourire éclaire son » visage. Il est à présumer qu’il rêve de madame ! » Ça lui fera plaisir.
PAGEVIN, entrant du fond.
Ah! je suis en nage !... Julie!... Du champagne!
JULIE
Voilà, monsieur.
Elle lui donne un verre, qu’il boit.
MATHIEU, finissant d’écrire.
« Votre très humble serviteur. Mathieu. »
PAGEVIN
C’est fini, ton rapport ?
Il prend la lettre et la lit.
MATHIEU
Oui, monsieur, et pas sans peine.
PAGEVIN
Voyons... parfait ! Seulement, tu ne varies pas assez tes formules.
MATHIEU
C’est que ça n’est pas facile.
pagevin.
Demain, tu mentionneras une petite insomnie. Quelques palpitations... 4
MATHIEU
Si mousieur désire un accès de fièvre...
PAGEYIN.
Léger alors, très léger !... Ma femme n’aurait qu’à s inquiéter !...
Par exemple !... Est-ce que je vous appelle Be min, moi ?
pagevin.
Je pe vous le derpàmie p^s j
MATHIEU
Monsieur peut danser tranquille !
Il sort à gauche avec Julie.