‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 18 sur 62 · ROBES · texte numérisé non relu

ROBES

Depuis longtemps l’on a reconnu qu’il y a de bons chevaux dans toutes les robes; mais il n’est pas aussi vrai qu’un bon cheval ne puisse pas avoir une robe d’une mauvaise couleur. Ceux qui le pensent ne font aucune attention à ce que le cheval soit blanc ou noir; mais la plupart des acheteurs ne sont pas aussi indifférents. Les marchands n’ignorent pas que la robe d’un cheval exerce très-souvent une très-grande influence sur le plus ou moins de facilité qu'ils rencontrent à en opérer le placement. En général, les chevaux de couleurs claires, tels que les alezans clairs, bai-zin, gris d'argent ou blancs, sont considérés comme devant posséder moins de vigueur et de fonds que ceux d’une nuance plus

foncée. On dit aussi que les baïis-marrons sont

plus sujets que les autres aux pieds encastelés ; que les noirs sont plus fréquemment vicieux et sujets à des maladies et à la cécité que ceux d’une autre couleur. Le gris est une belle couleur souvent recherchée ; mais pour la selle on évite cette nuance, parce qu’à l’époque de la mue, les vétements des cavaliers sont tout blanchis par leur poil. Ils sont aussi sujets à une maladie (melanosus) inconnue chez les chevaux d’une autre couleur. C’est la formation d’une tumeur noire dont le siége est ordinairement placé sous la peau et dans quelques parlies à une grande profondeur. Les chevaux baiï-brun et bai-clair avec les extrémités, la queue et la crinière noires, sont ceux que l’on préfère pour la selle. Les che-

vaux pie ont rarement bonne apparence, et ils :

sont si exclusivement la propriété des charlatans et des faiseurs de tour que peu de gentlemen se soucient d’en avoir. On considère généralement comme une imperfection les trop grandes marques de blanc sur la face et sur les jambes. Sans autre raison, il est à supposer que c’est parce que la mode en a décidé ainsi. |

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Des chevaux à balzane très-haute sont réputés plus sujets que les autres aux maladies des pieds, mais ce ne sont probablement que des suppositions.

Le Poil peut être teint, et le préjugé que l’on a contre les balzanes trop hautes et les faces blanches, a porté à faire des essais pour en changer la couleur. Au moyen de certaines teintures on est parvenu à rendre le poil noir ou baï- . marron; mais par un examen attentif, ce stratagème peut assez bien être reconnu, parce que la couleur artificielle diffère toujours plus ou moins de la couleur naturelle, ou bien aussi par le contraste trop tranché des deux couleurs qui ne se fondent pas naturellement ou qui laissent apercevoir quelques poils blancs qui n’ont pas été aiteints par la teinture. Quelquefois cependant on ne s'aperçoit de la fraude qu’au moment de la mue, lorsque les poils tombent et qu'ils sont remplacés par les blancs naturels.

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