JE
La nevrotomie. — Des nerfs de chaque côté des boulets des membres antérieurs sont quelquefois coupés pour amortir des sensations douloureuses du pied. Celte opération se fait par des hommes de l’art pour porter remède aux souffrances qui accompagnent une maladie incurable. On parvient à obtenir que le cheval ne boite plus; mais la maladie suit sa marche. Il pourra, après cette opération, travailler pendant des mois et même des années; mais, si le pied est blessé, il se forme une accumulation de malières qui s'étend dans toutes les directions et finit par détruire entièrement le pied.
Ces effets désastreux se produisent parce qu'aucun signe n'indique que le cheval a besoin de soins et de ménagements, et qu’on le laisse travailler jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour arrêter un mal qui, dans son origine, aurait pu être arrêté par quelques soins ; mais, le cheval n’ayant pas boité, on n’en a pas eu connaissance. Outre cette éventualité de destruction d’un pied rendu insensible par suite d’un mal externe, il v
a beaucoup de probabilités que la maladie origi-
fe an nelle, suivant son cours, ne manquera pas de produire les mêmes effets.
L'opération de la névrotomie se fait quelquefois sur les deux pieds, l’incision laisse toujours des traces qui indiquent qu’elle a eu lieu; il faudra rechercher sur chaque côté du boulet s'il s’y rencontre des cicatrices qui l’indiquent ; généralement, on les découvre à la partie inférieure de la Jointure, mais quelquefois à la partie supérieure du boulet. À partir de la cicatrice, la peau est tout à fail ou presque tout à fait insensible.
La section des nerfs par cette opération rend le cheval malsain ; mais, avec le temps, ces nerfs se rejoignent, et, selon toute apparence, les sensalions redeviennent aussi complètes qu’auparavant au moins en apparence, et, en ce qui concerne l'effet de l'opération, le cheval peut être considéré comme sain. En pratiquant une légère piqüre dans la peau, il est facile de s’assurer si elle est sensible ou non ; dans le cas affirmalif, le cheval ne peut pas avec justice être rendu à son vendeur, quand bien même il serait prouvé qu’à
une époque antérieure il a subi l'opération de la
ue
section des nerfs. Ces observations sont nécessaires parce que cerlains empiriques opèrent parfois la section des nerfs sans nécessité pour des maladies qui eussent pu être guéries par un traitement ordinaire, et on a vu qu'ils y ont parfois recours en cas de chancres, qui souvent soni guérissables; mais presque toujours on n’y a recours que pour des maladies incurables, et dans ce cas le cheval est vraiment malsain, par les effets de la maladie primitive, que les nerfs se soient ou non réunis. :
Il est rare que l’on veuille donner un prix élevé pour un cheval qui a été soumis à l'opération de la section des nerfs, même lorsque la cause qui a nécessité l'opération a disparu; car, jusqu’à ce que Îles nerfs se soient réunis, les circonstances les plus insignifiantes peuvent metire le pied en danger d’être détruit. Pour préserver le cheval de ce mal, 1l faut qu'il soit constamment surveillé par une personne qui soit à même de le reconnaître par des signes autres que par la claudica-
tion et avant que le mal soit devenu irréparable,