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Dessins d'objets

a) Matériel de l’écolier, matériel de la classe, jouets, couteau, canif, plumier, livre, boîte de couleurs, flacon, casquette, tabouret, tréteau, selle, seau, pelle, petit seau, ballon, cerceau, poupée, etc. ;

b) Échantillons empruntés au règne animal ou végétal. Il ne peut être question, sinon exceptionnellement, de constituer pour les écoles primaires une collection de pièces ‘préparées spécialement pour cette partie du programme d’études. Mais, à la campagne surtout, les modèles naturels ne manquent point : lézards, escargots, papillons, insectes, étoiles de mer, coquillages, tiges, feuilles, bourgeons, fleurs, fruits, graines, légumes, courges, elc.; À

c) Modèle vivant vêtu. — Rien d'une séance de pose dans les

ateliers. Un camarade est pris pour modèle dans une attitude simple, assis ou dessinant lui-même. Dans les classes nom:breuses, plusieurs modèles peuvent ainsi « poser » à la fois, pour des groupes différents, sans que les modèles improvisés perdent leur temps. On ajoutera à ces exercices des notions sommaires sur la perspective au moyen de solides géométriques qu'un maître ingénieux confectionnera aisément avec du carton, s’il ne possède déjà ces modèles pour le cours de géométrie. Ces solides : serviront alors pour les démonstrations. Moyens pratiques d'apprécier la pente apparente des lignes vues en perspective. Carton ouvert présenté verticalement, puis horizontalement, puis obliquement. Décorer les surfaces de ce carton, et faire observer les apparentes déformations perspectives de ces surfaces, etc.

Chaque année deux ou trois leçons seront consacrées à ces démonstrations. Les explications théoriques très élémentaires de perspective qui seront données n’ont pour but que de rendre plus sensible l'observation, faite directement d'après

nature, des effets de la perspective. On invitera les élèves à choisir eux-mêmes et à dessiner des objets présentant les particularités perspectives signalées dans ces leçons. Ces travaux d'application pratique seront faits, partie en classe, partie à la maison.

9. Arrangements décoratifs. — Ges travaux seront exécutés partie en classe, partie hors la classe. Suivant les sujets, les compositions peuvent être exécutées, soit en dessin, soit en modelage. Dans les écoles de filles, on choisira de préférence des sujets pouvant s'appliquer à des ouvrages féminins et, autant que possible, on fera exécuter quelques-unes de ces compositions, en broderie, en dentelle au crochet, en étoffe appliquée, etc...

Sur un croquis schématique, d'ordinaire ayant pour base une combinaison géométrique simple (carrés, cercles, bordures, entrelacs, lettres ornées, etc.), croquis tracé au tableau par le maître et indiquant les dispositions générales de la composition, les élèves composent un arrangement personnel ‘en combinant les éléments qu’ils groupent suivant le choix, la répétition, le contraste et la couleur qui leur conviennent. Ne pas considérer comme fautes l’inexpérience et la naïveté; ne pas trop réprimer l’exubérance, sous prétexte de sobriété, ni le coloriage excessif sous prétexte d'harmonie. L’enfant naît coloriste, la couleur est une des joies de son œil; la lui accorder dans la plus large mesure. Le sens de l'harmonie viendra en-

suite. Pour corriger l'élève, se pénétrer de ce qu’il a rêvé de

faire, plutôt que de marquer l’imperfection de ce qu'il a fait. La meilleure critique n’est pas celle qui démolit, mais celle qui utilise, amende et complète.

3. Dessins et croquis de mémoire. — Cet exercice, très important, portera soit sur des arrangements décoratifs précédemment exécutés, soit sur des objets déjà dessinés en classe d’après nature et sur lesquels le maître a présenté ses observations. Les croquis de mémoire peuvent aussi être faits d’après des choses vues, mais non dessinées préalablement. Modèle présenté aux élèves, regardé longuement, puis sous-

trait à leur vue et traduit de mémoire. Monuments, paysages, scènes, observés au cours d’une-promenade, et représentés ensuite de souvenir.

On ne cherchera pas à obtenir, dans ces dessins de mémoire, une reproduction minutieuse et une exactitude photographique. Il suffira que l’objet reproduit, lestement exécuté, se présente avec ses traits distinctifs, sa physionomie. L'idée du caractère d’un objet se gravera ainsi dans l'esprit. Une fois exercé, l'œil s’habituera vite à la déméler. Rien n’est plus essentiel pour acquérir peu à peu la pratique du croquis.

4. Dessins faits hors de la classe, illustrations de devoirs. — La corrélation qui doit être établie entre le dessin et les autres études, est éminemment fructueuse. Les programmes d’histoire, de francais, de sciences naturelles, abondent en thèmes de représentations animées et en matières à illustrations. En Gaule et pour l’histoire de France, cent épisodes intéressant l'imagination des enfants, depuis le vase de Soissons jusqu'aux costumes et aux mœurs de la chevalerie. En français, les fables de La Fontaine et de Florian, les récits de prosateurs et de poètes classiques, les sujets traités en. classe sur l’école, la famille et la maison, la ville, les métiers, la campagne, le labour, la moisson, les vendanges, etc.; les contes populaires, Cendrillon, le Petit Poucet, l’'Oiseau bleu, Malborough, ete. Et. aussi des dessins rappelant le souvenir de choses vues, courses d'automobiles, de bicyclettes, la récréation, la pêche à la ligne, la baignade, une partie de bateau, etc. 1

Afin de prévenir la copie servile d'images, on peut demander aux élèves de situer les scènes dans les paysages de la région.

I ne s’agit pas ici de prescrire ou d'espérer, des tableaux d'histoire et de genre, mais d'exercer l'imagination, d’aiguiser l'esprit, de provoquer la verve. L’expérience a prouvé que ces exercices font plus travailler les jeunes cerveaux que les réaactions les plus laborieuses ; de plus, ils mettent souvent au jour des qualités natives d’observation, de comique ou de finesse, qui, jusqu'alors, ne s'étaient point révélées.

Sans doute, beaucoup de ces essais ne seront que de gros-

sières ébauches ; plusieurs cependant offriront de l'intérêt, et tous seront distincts comme les esprits mêmes dont ils émanent. Un maître tant soit peu observateur tirera bon profit de ces indications ; il connaîtra mieux ses élèves après que ceux-ci auront dessiné en liberté. Le dessin d'imagination est une contribution de premier ordre apportée à ce qu'on appelle « la psychologie de l’enfant ».

5. Modelage. — Les exercices de modelage s’exécutent d’après les modèles énumérés en a et b.

6. Dessin géométrique. — On développera l'étude des éléments du dessin géométral commencée au cours moyen. Les exercices de tracés géométriques, faits seulement au tableau dans le cours moyen, sont maintenant exécutés sur le papier avec l’aide d'instruments.

Nombreux croquis avec cotes relevés par l'élève lui-même et quelques mises au net de ces croquis. Représentation géométrale de solides géométriques et d'objets simples, tels que : outils, assemblages de charpente et de menuiserie, dispositions extérieures d'appareils de pierres de taille, grosses pièces de serrurerie, meubles les plus ordinaires, etc. Tous ces exercices doivent être faits d’après nature. Toutefois, il est utile que le maître indique, par quelques croquis tracés au tableau la facon de procéder.

Notions élémentaires sur Les plans et les cartes.

Fait à Paris, le 27 juillet 1909.

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