‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 131 sur 183 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

nomènes physiologiques, est amené naturellement à les expliquer par une force qui, entre ses mains, donne lieu à tant de transformations presque protéiques, dans les manifestations de la matière et de la force en général.

J'ai dit que I'élément vital ou animique est d'une nature transcendante, c'est-à-dire qu'il n'est point soumis aux conditions finies du temps et de l'espace. Il suffit de démontrer cette seule assertion, pour asseoir le spiritualisme rationnel et expérimental sur une base inébranlable; et celte démonstration peut être produite sous la forme la plus élémentaire et la plus variée.

II. Nous savons que dans l'organisme des êtres locomobiles, c'est par l'intermédiaire de I'élément dynamique exclusivement que s'exerce l'action de la volonté sur les muscles. Les mouvements des membres, ou beaucoup plus généralement, les mouvements relatifs, volontaires ou involontaires, des organes, ont lieu sous l'action de l'influx nerveux, c'està-dire du mouvement dynamique, dû à la rupture et au rétablissement de l'équilibre électrique entre deux parties distinctes de l'organisme. Mais ce qui est vrai des mouvements relatifs des organes, l'est encore à un plus haut degré des rapports qui existent à chaque instant entre l'être vivant et le monde externe. Chez les êtres organisés doués d'un système nerveux distinct, il n'y a pas un seul de ces rapports qui ne soit établi, sous forme de sensation, à l'aide de l'appareil nerveux sensitif et par l'intermédiaire de l'élément dynamique. Nos sens ne sont autre chose que des appareils récepteurs et analyseurs, où un mouvement, soit dynamique, soit matériel, du dehors, vient se localiser d'une certaine façon définie. Ainsi, dans cet admirable appareil d'optique qui constitue l'œil, les rayons lumineux envoyés dans tous les sens par les objets externes, lumineux par eux-mêmes ou éclairés par un foyer spécial, sont triés, classés, analysés, puis localisés sur la rétine : ici le mouvement luminique, soit

directement, soit par suite d'une action chimique temporaire, provoque un mouvement électrique équivalent dans le nerf optique; et c'est en définitive ce dernier mouvement qui devient sensible à l'être vivant et lui procure la sensation de Jumière avec les formes définies qu'a classées l'œil. Il en est de même des sens de l'ouïe, du tact, du goût, de l'odorat : blessez, lésez ou comprimez temporairement les filets nerveux relatifs, vous troublerez ou vous arrêterez l'influx nerveux, le mouvement dynamique, qui s'y opère, et vous troublerez ou vous annulerez la sensation relative aussi.

Ici, il est vrai, nous nous heurtons encore une fois contre les débris de la synthèse, prétendue grandiose, que nous avons eu à réfuter si longuement dans ce travail. Le flux nerveux, dit-on, n'est autre 'chose qu'un mouvement vibratoire de la matière même des nerfs, et Ton cite,, à l'appui de cette çssertiqn toute matérialiste, des expériences très récentes de quelques expérimentateurs éminents, qui prouveraient que la vitesse du flux nerveux serait à peine de 30 mètrespar seconde. J'ai déjà réduit à néant la valeur de celle assertion en ce qui concerne l'influx des nerfs moteurs. Quant à ce qui concerne l'influx des nerfs sensitifs. j'ai, dans un mémoire publié par la Société Linnéenne de Maine-et-Loire, réfuté en* quelque sorte par anticipation, non seulement les conclusions tirées des expériences, très remarquables d'ailleurs, de quelques physiologistes modernes, mais même l'exactitude des nombres qu'on en avait déduits. En raison de l'importance du problème, j'ai cru devoir reproduire mon mémoire en entier sous forme d'addition à la fin de ce volume; je puis donc me perrrfettre de n'en donner ici que les conclusions :

1° La vitesse de l'influx nerveux est en tous cas de beaucoup supérieure â 30 mètres par seconde.

2° Mais quand elle ne serait que de 30 mètres, il n'en résultait en aucune façon que cet influx n'est pas un phénomène électrique; car ce qu'on appelle si faussement la vitesse de

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