LIVRE V, CHAPITRE II
l'électricité ne peut être de même valeur dans un filet nerveux que dans un conducteur métallique.
3" Les beaux travaux de M. Du Bois-Reymond tranchent la question cl mettent hors de doute l'identité du prétendu fluide nerveux et de l’électricité; mais ils prouvent en môme temps que les nerfs ne sont pas des conducteurs ordinaires, et qu’ils constituent au contraire un ensemble d’organes électriques tout à fait spéciaux.
En partant des données les plus certaines de la physiologie moderne, nous pouvons afliriner que toutes les impressions, sans nulle exception, qu’éprouvent les êtres doués d'un système nerveux apparent dérivent d’un mouvement dynamique à travers les faisceaux nerveux, dù à une rupture de l’équilibre électrique provoqué à la périphérie. Et ce que nous disons ici des êtres des degrés supérieurs, s’applique à tous sans exception : dans la plante elle-même, que l’on dit dénuée de tout système nerveux, il existe continuellement entre la périphérie et le centre vivant un état de rapport qu’il est absolument impossible d’expliquer par un agencement purement mécanique, par des déplacements de matière opérés de proche en proche.
En un mot, l’examen le plus superficiel, comme le plus approfondi, fait ressortir avec tous les caractères de l’évidence cette grande assertion :
«Toutes les relations, de quelque nature qu’elles soient, « qui existent entre le centre vivant et la périphérie, ou le «monde externe, s’établissent par l’action de l’un de ces «éléments que nous avons appelés intermédiaires ou dy- « namiques.
«Entre I’élément anihique ou vital et les éléments matériels de l’organisme il n’y a aucun contact direct, et « tous les phénomènes qui dérivent de la présence de l’élé— «ment vivant dans l’organisme ont lieu moyennant l’un «des principes transcendants de l’univers inanimé.
«Et en dehors de l’organisme des êtres vivants, ce sont «encore les éléments intermédiaires qui établissent les rap- « ports de cet organisme avec les corps de l’univers in- « animé.
«Ce n’est, en d’autres termes, qu’à l’aide de l’élément dy- < namique que l’âme connaît le monde externe. »
Cette grande et remarquable proposition, qui découle complètement des faits bien analysés, constitue l’assise fondamentale du spiritualisme scientifique. Toute idée préconçue, contraire à cette proposition, conduit nécessairement, d’une manière directe ou indirecte, au matérialisme le plus radical. Je dis : idée préconçue ou systématique ; c’est en effet par la plus inconcevable des méprises que quelques auteurs modernes ont cru devoir nier, dans le monde physique, l’existence de l’élément force tel que nous l’avons défini.- De crainte de trop spiritualiser I’univers inanimé, en y admettant un élément transcendant, ils ont de fait, et sans s’en apercevoir, tué l’élément animique dans son essence même: ils ont annihilé le spiritualisme, qu’ils croyaient étayer.
Cette proposition suffirait à elle seule pour placer l’élément animique au-dessus des éléments du monde inanimé. Mais allons plus loin.
III. L’attribut essentiel et typique de Télément dynamique, considéré collectivement, c’est d’être répandu partout dans l’espace infini. L’élément vital, au contraire, est bien évidemment confiné dans l'instrument à l'aide duquel il exécute son évolution en ce monde. Au premier abord, -on peut donc croire que l’attribut transcendant que nous lui adjugeons est fictif ou paradoxal, et que cet élément est bien au contraire fini dans l’espace: cette conclusion serait cependant absolument fausse.
Sans doute, le principe animique est confiné dans l’organisme: mais y est-il localisé en un point défini? Y occupet-il un lieu, un espace? A-t-il une forme? Ces questions, à