‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamiqueChapitre 62 sur 171 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

Nous disons qu'un corps quelconque est une réunion d’atomes matériels groupés de diverses manières (en molécules) et tenus à des distances réciproques variables par des lorces internes ou externes.

I. Il est donc impossible que les atomes ou les molécules d’un corps éprouvent un changement de position quelconque sans qu’il se produise un travail mécanique, positif ou négatif, interne ou externe.

Mais parmi les forces constituantes des corps, il en est dont l’intensité (à l’unité de distance) est une constante immuable (force gravifjque) ; il en est d’autres dont l’intensité est une variable, et tend à s’équilibrer partout. Le travail élémentaire, positif ou négatif, exécuté par un atome ou une molécule, ou par une réunion de molécules (corps), n’étant autre chose que le produit de l’intensité des forces par l’élément de l’espace parcouru , il s’ensuit :

II. Qur la variation de l’intensité de ces forces est nécessairement une fonction immédiate du travail mécanique , positif ou négatif, produit sous l'empire de toutes les forces actuellement en activité dans un corps ou sur un corps. Et comme à toute variation d’intensité de ce genre de force correspond un mouvement proportionnel dans l’élément intermédiaire qui le constitue, il s’ensuit: que ce mouvement est lui-même une fonction immédiate de ce travail positif ou négatif.

Cette proposition renferme le principe fondamental de tous nos moteurs thermiques , par exemple; et réciproquement, elle renferme le principe fondamental de la théorie du choc des corps mous ou élastiques , du frottement etc. Il va m’être facile, à l’aide de quelques exemples, de la dégager de son caractère abstrait.

UNIVERS INANIME.

Le travail d’un moteur thermique quelconque, placé dans les conditions du maximum de rendement, est, on le sait, toujours formé de quatre périodes, symétriques deux à deux.

Dans la première période , le corps quelconque employé à donner du travail, l’eau par exemple, est mis en rapport avec une source de chaleur. 11 s’opère, du dehors au dedans , ce que nous avons appelé un mouvement dynamique qui tend à élever la température, c'est-à-dire l’énergie répulsive du calorique. Mais en même temps on permet au corps de se dilater, on permet à l’eau de se vaporiser, de prendre un volume relatif énorme. La force calorique produit donc un travail à la fois externe et interne , et son énergie, au lieu de croître, reste constante.

On a coutume de dire qu’il disparait ici de la chaleur ou que la chaleur est convertie en mouvement. Il ne disparait rien du tout: le flux dynamique venu du dehors, au lieu de produire un travail virtuel (élévation de température), produit un travail effectif.

Dans la seconde période , on sépare le corps de la source de chaleur et on le laisse se détendre, c’est-à-dire qu’on laisse la force calorique surmonter la résistance externe et la tendance des atomes à se rapprocher; on la laisse, en un mot, produire un travail externe et interne. Il est bien évident que l’énergie de celte force (la température, la grandeur de la puissance répulsive) doit s’abaisser proportionnellement à ce travail total.

Dans la troisième période, on met le corps (la vapeur) en rapport avec une source de froid. Il s’opère un mouvement dynamique du dedans au dehors, et l’énergie de la force calorique tend à baisser ; mais en même temps, par une dépense de travail externe, on rapproche les atomes du corps en en réduisant le volume. La température, au lieu de baisser, reste constante.

Dans la quatrième période enfin , on sépare le corps de la

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