OBSERVATION N° X
M"° T.. Juliette, 43 ans, entre à l'hôpital psychiatrique pour des troubles mélancoliques aigus. A son entrée, elle manifeste une anxiété très intense, refuse de laisser voir son visage, se plaint continuellement à voix basse et refuse énergiquement de s’alimenter (alimentation à la sonde). Par ailleurs, elle manifeste peu d'idées délirantes bien systématisées. Cependant cette malade est d’un traitement difficile et doit faire constamment l’objet d’une surveillance attentive, en raison de ses nombreuses tentatives de suicide.
Le faciès est pâle, grippé; les lèvres sont fuligineuses, la langue saburrale. Une asthénie très profonde empêche tout effort musculaire.
L'état général est déficient. Un amaigrissement très notable (de 59 à 48 kg.) s’est produit depuis le début de la maladie.
Aucun antécédent pathologique de caractère toxi-infectieux.
Examen somatique :
Cœur : normal.
Tension artérielle : 11-8 (au Vaquez).
Poumons : normaux.
Foie : non augmenté de volume, non douloureux. Examens biologiques :
Glycémie : 0 gr. 70 p. 1.000.
Azotémie : 0 gr. 50 p. 1.000.
Chlore plasmatique : 3 gr. 26 p. 1.000,
: RER qe
—slobulaire "2,61 84 p.1-000:
Hématies : 3.590.000.
Hémoglobine : 85 p. 100.
On institue un traitement antitoxique par sérum glucosé, laxatifs, extrait hépatique. Il est adjoint une série d’injections d’extrait surrénal.
L'amélioration est très lente, et les troubles mentaux s’amendent peu. Au bout de trois mois, une évolution vésanique est à craindre,