CONCLUSIONS
[. — Les états dépressifs occupent une place très importante du point de vue sémiologique en pathologie mentale, et c’est chez la femme qu’on les rencontre le plus fréquemment. La vie génitale féminine et le cycle menstruel sont en effet très souvent à l’origine des affections dépressives. La ménopause en particulier engendre souvent des états dépressifs. En effet, il se produit à cette période un déséquilibre général de l'organisme à la base duquel se trouvent les autointoxications dues à l’hypergénèse de certains organes et. à l’involution de certains autres, et il n’est pas rare de voir apparaître des troubles nerveux et mentaux, variés, parmi lesquels les dépressions.
Ce sont tantôt des dépressions simples, tantôt des dépressions mélancoliques, tantôt des dépressions confusionnelles. Parfois les caractères n’en sont pas très nettement délimités et on y trouve à ia fois des signes de dépression simple, de dépression mélancolique et de dépression confusionnelle. C’est pourquoi nous avons pensé qu’on pouvait les englober dans un type schématique, |
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Ce dernier peut être caractérisé essentiellement par des troubles de la volonté, de l’affectivité, de l’idéatuon, par des troubles divers plus ou moins délirants, par de l’aboulie. La douleur morale, les idées tristes, de culpabilité, d’hypocondrie figurent également au tableau, bien que moins constants. Parfois même on rencontre le désir et la recherche de la mort.
Les signes somatiques, étroitement liés aux signes psychiques, sont surtout l’asthénie et toutes ses manifestations.
L'organisme entier se trouve atteint dans tous ses domaines : l’appareil cardio-vasculaire est troublé, le système neuro-végétalif également. Le système digestif est particulièrement touché; les fonctions hépatiques et rénales sont déficientes, les troubles endocriniens sont toujours manifestes et les corrélations hormonales mauvaises.
Les divers métabolismes sont perturbés et en conséquence les chiffres de la glycémie et de l’azotémie sont presque toujours anormaux.
Ces modifications de la glycémie et de l’azotémie nous ont paru suffisamment importantes pour justifier quelques recherches particulières et pour tenter un essai de classification des troubles dépressifs.
II. — Les troubles des fonctions hépatiques et rénales ont un retentissement certain sur les chiffres de la glycémie et de l’azotémie et, de ce fait, la recherche parallèle des taux du glucose et de l’urée présentent déjà un certain intérêt. Cette dernière se justifie d'autre part par les rapports qui existent entre les mécanismes d'oxydo-réduction des tissus et Ja teneur du sang en glu-
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cides et en urée. Cette teneur traduit en outre le régime de la nutrition cellulaire et limportance du dysfonctionnement du tissu nerveux, en même temps qu’elle témoigne des processus d'aulo-intoxication si fréquents chez les déprimés.
La connaissance des perturbations de la glycémie et de l’azotémie présente encore un intérêt supplémentaire du fait que ces dernières peuvent être normalement rattachées à des troubles du fonctionnement de certaines glandes endocrines. Il suffit de se rappeler à ce sujet le rôle de l’hypophyse et des centres régulateurs hypothalamiques. L’importance des corrélations endocriniennes hypophyso-surrénales, hypophyso-génitales et génito-surrénales n’est pas moindre. D’ailleurs, dans les états dépressifs on a très souvent des perturbations endocriniennes importantes, attestées à la fois par dés troubies neuro-végétatifs et par des troubles biochimiques, comme l’ont montré CHATAGNON et ses élèves.
À tous ces motifs qui nous ont poussé à étudier le glucose et l’urée dans les états dépressifs, s'ajoute une raison d'ordre pratique, à savoir que le dosage de ces deux éléments se réalise couramment en clinique, sans matériel ni méthodes compliqués.
III. — La recherche systématique de la glycémie et de l’azotémie envisagées de ces multiples points de vue, montre, à la suite des observations qu’il nous a été possible de recueillir, qu'on peut répartir les syndromes dépressifs en trois groupes :
a) Le premier groupe comprend ceux chez lesquels on note à la fois de l’hypoglycémie, de lhyperazotémie et de lhypotension artérielle.
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Ce sont les syndromes dépressifs des jeunes;
b) Le deuxième groupe comprend les dépressions chez lesquelles se manifestent à la fois de l’hyperglycémie, de lhiyperazotémie et une tension artérielle subnormale.
Ce sont les syndromes de l’âge mûr, surtout para ou post-ménopausiques. On peut d'ailleurs rapprocher ces élats dépressifs du syndrome déja décrit par Vicou- ROUX sous la dénomination de « mélancolie anxieuse de Ja ménopause avec hypertension artérielle et glveosurie »;
c) Le troisiéme groupe comprend les Cas où on ne note aucune modification notable de la glycémie et de l’azotémie.
Il se rapporte aux dépressions symptomatiques d’un autre état psychopathique : syndrome obsessionnel, hystérique, schizophrénique, délirant, paralysie générale, alcoolisme chronique, etc, de l’évolution desqueis la dépression n’est qu’une manifestation de début.
IV. — Cette classification des états dépressifs en trois groupes que l'étude de la glycémie et de l’azotémie rend possible présente un premier intérêt : celui du diagnostic. Son importance est également certaine pour le pronostic. Elle nous permet de distinguer les états dépressifs des jeunes, à évolution la plupart du temps favorable, à récidive peu fréquente. Puis les états dépressifs de la période présénile pour lesquels le pronostic est souvent moins bon du fait des déficiences organiques d’origine sénile assez fréquentes. Enfin les dépressions symptomatiques d’autres états psychopathiques, dont