‹ Considérations bio-chimiques sur les taux sanguins du Glucose et de l’Urée dans les syndromes dépressifsChapitre 34 sur 45 · OBSERVATION N° XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° XV

M"° Jac…, 45 ans, est atteinte de dépression mélancolique depuis 1937, L'état actuel se caractérise par de l’inhibition motrice, de la prostration, de l'inertie, Gémissements à peu près continus. Tristesse et anxiété diffuse. On note quelques idées délirantes d’auto-accusation, avec remords et sentiment d'incapacité. La malade est sans cesse tourmentée par la crainte qu'on ne fasse du mal à son mari et à ses enfants. Nombreuses préoccupations hypocondriaques, d’ailleurs en partie justifiées par le mauvais état général. La malade se plaint d’asthénie, de douleurs diffuses, de lassitude extrême. Pas de tentatives de suicide.

Examen somatique : il montre une cyphose dorsale, de la chétivité et une légère boiterie congénitale. Le visage et les téguments sont pâles. Amaigrissement, Etat général déficient. Voies digestives saburrales. Constipation.

Cœur : bruits réguliers et normaux.

Tension artérielle : 12-8 (au Vaquez).

Poumons : normaux.

Foie : rien à signaler.

Aucune atteinte du système nerveux.

La malade accuse des douleurs pelviennes, mais les examens gynécologiques se sont révélés négatifs. Aucun antécédent toxiinfectieux connu.

Examens biologiques :

Glycémie : 1 gr. 40 p. 1.000.

Azotémie : 0 gr. 48 p. 1.000.

Urines de composition normale.

Liquide céphalo-rachidien normal.

Examens sérologiques du sang : tous négatifs.

Thérapeutique : extrait hépatique injectable. Extrait surrénal total injectable. Laxatifs doux périodiques.

L'amélioration se fait très nettement sentir en très peu de temps (un mois) et on obtient une régression très sensible de tous les troubles mentaux qui permet la sortie en novembre

Ce OBSERVATION N° XVI

M°° Vé…, 60 ans, présente un état dépressif très accentué évoluant par paroxysmes depuis 1936. Les crises de dépression mélancolique se sont répétées en 1936, 1939 ct 1940, et se sont accompagnées de tentatives de suicide sous des formes variées : intoxication barbiturique, strangulation, pendaison, section des veines du poignet. Actuellement, l’état mental de la malade est fait principalement de tristesse, de prostration, d’inhäbition psycho-motrice. Anxiété diffuse avec paroxysmes anxieux, crises de larmes, désir de la mort, et craintes pantophobiques imaginaires. De plus, on note quelques idées délirantes, très mal systématisées, de persécution (ce serait un député qui lui aurait causé tous ses ennuis). Aucun affaiblissement intellectuel sousjacent.

Examen somatique : il montre un très mauvais état général, avec amaigrissement, asthénie, état saburral des voies digestives,

Cœur : normal.

Tension artérielle : 13-9 (au Vaquez).

Poumons : quelques lésions emphysémateuses.

Foie : normal, non augmenté.

Système nerveux : rien à signaler.

A noter un début de gérontoxon bilatéral.

Aucun antécédent toxi-infectieux connu.

Examens biologiques :

Glycémie : 1 gr. 45 p. 1.000.

Azotémie : 0 gr. 55 p. 1.000.

B. W. — Meinicke et Kahn : négatifs.

Liquide céphalo-rachidien normal.

Dans les urines : sucre : néant.

açétone : néant.

albumine : légères traces à l'entrée, puis néant.

Thérapeutique : extrait hépatique injectable. Sérum physiologique : 250 cc. par jour pendant les dix premiers jours de l’hospitalisation.

On observe une régression très rapide de tous les symptômes (quinze jours), et la sortie peut être autorisée au bout de deux ‘mois et demi.

Ge OBSERVATION N° XVII

M°° Te, 53 ans, entre pour troubles dépressifs d’allure confusionnelle, évoluant depuis peu de temps.

Ces troubles ont (d’après les renseignements fournis par la famille) débuté brusquement par un état stuporeux avec inertie motrice absolue et inactivité totale. La malade n’a jamais manifesté d’idées délirantes, ni de troubles psycho-sensoriels. Actuellement, elle est triste, gémit tout doucement et pleure très souvent. Le mutisme est absolu, mais cependant on remarque parfois un léger mouvement des lèvres sans émission de sons. Au début, opposition absolue à l’examen et à toute tentative de mouvement. Peu à peu, la malade a consenti à exécuter quelques gestes élémentaires (notamment à se lever), mais, dès qu’elle est levée, s’asseoit et reste figée sur sa chaise.

Absence totale de réaction affective.

Examen somatique : il montre une femme obèse, au faciès pâle et aux traits empâtés.

Les voies digestives sont saburrales. Constipation tenace. Le cœur est normal et régulier.

Tension artérielle : 15-10 (au Vaquez).

Poumons : normaux.

Foie : légèrement gros, non douloureux.

Système nerveux : rien à signaler.

On ne trouve dans les antécédents aucun épisode toxi-infectieux.

Examens biologiques :

Glycémie : 1 gr. 65 p. 1.000.

Azotémie : 0 gr. 45 p. 1.000.

Le B. W., le Meinicke et le Kahn sont ÉS Le liquide céphalo-rachidien est normal.

Dans les urines : sucre : néant, acétone : néant.

albumine : néant.

Thérapeutique : extrait hépatique injectable, sérum physiologique salé, urotropine per os.

Amélioration rapide de l’état stuporeux. Cessation du mutisme en deux mois.

Cependant, malgré la régression des troubles psychiques, il semble subsister un léger affaiblissement intellectuel.

LA RTE

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