CHAPITRE IV
Diagnostic.
Ce n’est pas à la période d’éruption que nous voulons étudier le diagnostic de la varicelle. À ce moment « rien west plus facile que le diagnostic d’une varicelle type dont les bulles sont bien formées; elle ne ressemble qu’à ellemême » (1). La période prodromique qui fait le sujet de notre thèse présente dans le diagnostic de plus grandes difficultés. Mais avant de ne plus nous occuper de la vésicule de varicelle, rappelons que l’éruption est parfois frustre, que quelquefois la première poussée ne comprend qu'une ou deux vésicules que l’on ne découvrira que par un examen approfondi du malade. On comprend limportance de cette recherche si l’on songe que, comme le dit Galliard, « une seule vésicule, une seule bulle cristalline, « et le médecin est renseigné ».
Le diagnostic de la varicelle à sa période prodromique semble impossible à établir dans toute cette série de cas, qui pour certains auteurs constitue la généralité, où l’on ne trouve aucune élévation de température, aucun SYMptôme local ou général. La maladie débute par la vésicule. Nous croyons cependant que, dans ces varicelles bénignes, l’étude plus complète du malade permettrait bien souvent
(1) GUINON. Zraite de médecine. :
de retrouver dans les quelques jours qui précèdent immédiatement l’éruption quelque symptôme morbide. La température tout particulièrement devra être étudiée. Cette recherche peut être faite avec fruit dans un service d’hôpital, où règne une épidémie de varicelle et même seulement où apparaissent quelques cas disséminés; il suffit de prendre systématiquement la température de tous les malades deux fois par jour, comme cela est pratiqué dans le service du D' J. Simon. L’examen de la gorge décèlerait peut-être aussi des énanthèmes prévésiculeux qui restent ignorés.
Il n’y a pas seulement à reconnaître la varicelle, mais encore à ne pas la confondre avec une autre affection lorsque l’état général ou local présente de notables modifications. C’est surtout le groupement des divers symptômes qui facilite l’erreur de diagnostic avec lune quelconque des maladies de l’enfance. Aussi un diagnostic complet de la varicelle, cette maladie donnée comme si caractéristique et si négligeable, nécessiterait une revue de toutes les affections.
Nous voulons nous contenter de signaler rapidement les problèmes diagnostiques qui se voient le plus fréquemment.
L’élévation de la température, qui peut atteindre 40°, les épistaxis, l’anorexie, la diarrhée, les vertiges, peuvent faire craindre la fièvre typhoïde, mais l’on rencontrera plus souvent les signes de l'embarras gastrique fébrile ou de la grippe. Dans tous ces cas, c’est la recherche des signes propres à chacune des affections simulées qui les fera écarter pour amener le médecin à prévoir une fièvre éruptive à sa période prodromique.
De L. fe 9
C'est l'élimination successive de la searlatine, de la rougeole, de la variole, de la varioloïde, qui permettra de penser à la varicelle. Cette élimination se fait grâce à l'absence des signes prodromiques, particuliers à chacune de ces maladies. Nous rappellerons que la rachialgie a été retrouvée ‘dans la varicelle comme dans la variole, mais c’est là un cas exceptionnel.
© Dans cet examen de l’enfant, il est indispensable d’examiner la gorge. Lorsqu'il n’y a rien d’anormal, ‘on peut écarter le diagnostic de scarlatine et même de rougeole toujours précédée du catarrhe des muqueuses. M. le D' Simon donne d’ailleurs un signe excellent et constant pour dépister cette dernière affection à son début, c’est ce qu'il appelle « le coup de pinceau », c’est-à-dire une rougeur très facilement visible du côté de la conjonctive palpébrale, occupant le bord libre sur un espace d’un centimètre. |
Mais dans le cas d’une angine érythémateuse, ulcéreuse ou pseudo-membraneuse, il est intéressant de savoir s’il y a des caractères distinctifs permettant de distinguer Pangine de la varicelle, de l’angine scarlatineuse, variolique, diphtérique.
En cas d’érythème il est possible de reconnaître la searlatine à sa coloration rouge plus foncée et aussi à l’état de la langue scarlatineuse dont lanalogue n’a pas été signalé dans les cas d’énanthème varicelleux.
L’ulcération due à léclosion des vésicules de varicelle sur la muqueuse pharyngienne peut être confondue avec celle consécutive aux vésicules de l’angine herpétique. Généralement la vésicule ‘varicelleuse est plus isolée et
Pulcération n’a point le contour polycyclique de la plaque ulcéreuse herpétique. En cas de doute, il faudrait attendre Péruption cutanée.
Lorsque langine est pseudo-membraneuse, il faut renoncer au diagnostic par simple vue et avoir recours à l’examen bactériologique. Rappelons que, dansle cas de Girode, on trouva du streptocoque presque pur.
La présence du bacille diphtérique ne pourrait pas faire écarter absolument la varicelle, car la coexistence de la diphtérie avec cette dernière peut se rencontrer. Le diagnostic devient encore plus difficile à faire lorsque éruption muqueuse se fait d'emblée sur la muqueuse laryngée et les signes d’asphyxie dus au spasme du larynx, le tirage sus et sous-sternal, font croire au croup ou à la laryngite striduleuse. La recherche des vésicules et surtout l'examen bactériologique dans le premier cas; l’absence d’éruption, la disparition rapide des Symptômes dans le second, permettront peut-être de faire le diagnostic.
L’éruption vésiculeuse sur la muqueuse pituitaire a donné lieu à des épistaxis. Dans ces cas, c’est toutes les autres causes sinombreuses d’épistaxis qu’il faudra successivement écarter. L’examen direct de la muqueuse sera d’un grand secours; mais alors même que l’ulcération serait découverte, son origine varicelleuse ne pourrait être nettement démontrée que par l’éruption vésiculeuse caractéristique.
Ce sont surtout les rash de la période prodromique qui donnent lieu à des erreurs. Il faut d’abord distinguer le rash des affections capables de produire un semblable exanthème, érythème polymorphe, intoxication médicamenteuse. Cela fait, il faut, suivant que l’érythème est scarlatiniforme,
| morbilliforme, mule. ëÈ distinguer successiv de ceux propres à la scarlatine, à à Ja rougeole, ou “rubéole. Là encore il faut procéder par rot e succes-
sive de chacune de ces fièvres éruptives, et cela par | da LS
; recherche systématique de tous les symptômes. L'éri tion te | vésieulense serait en cas de doute le DE révélateur ST +