‹ Considérations d'Hygiène MilitaireChapitre 29 sur 41 · A.— PERMANGANATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

A.— PERMANGANATE DE POTASSE

Le principe utilisé dans ce procédé est le suivant :

Le permanganate de potasse se dissout dans quinze parties d’eau, en lui donnant une coloration rouge violet, Si l’on introduit dans l’eau des corps réducteurs de l'oxygène, l'acide permanganique leur cède facilement son oxygène, Les matières organiques sont extrémement avides d'oxygène, d’où avec l'emploi du permanganate de potasse leur oxydation et par suite leur annihilation. Lorsque l’eau a pris une teinte rose clair, cela indique que l'oxygène nécessaire à l'oxydation de la totalité des matières organiques a été cédé et qu'il reste un excès d'acide manganique, les bases des matières organiques ont été transformées en sels manganéux incolores et rendues inoffensives. La réaction est terminée ainsi que l’épuration. Reste à éliminer l'excès

Voie

d'acide manganique et à rendre de nouveau l’eau in-

colore ; c’est uné simple question de réaetion chimique. es

De nombreux destructeurs de l'acide manganique ont été essayés ; la plupart donnent à l’eau un goût désagréable. Les deux plus employés dans l’armée sont Je sulfate de manganèse et l’eau oxygénée. ?

La technique de la stérilisation par le permanganate < de potasse comporte divers procédés, se distinguant entre eux surtout par le choix du corps réducteur de l’acide manganique, Le sulfate de manganèse est employé dans la «méthode Lambert». La poudre oxydante (poudre rouge) comprend du permanganate ; la poudre réductrice (grise) du sulfate manganeux et du sulfate d’aluminé. Les poudres peuvent aussi être fournies en comprimés. Le manuel opératoire est le suivant :on verse la poudre oxydante à raison de 0 gr. 50 par litre d’eau à épurer ; on agite et on laisse trente minutes au plus en contact dans un premier récipient (tonnéau, seau en toile, etc.). L’eau doit rester rose, si la quantité de permanganate a été suffisante et a déterminé une oxydation complète des matières organiques. |

On ajoute alors la poudre grise (réductrice) à raison également de 0 gr. 50 par litre ; l’eau devient brune par formation d’un précipité d'oxyde de manganèse si la réduction a été compléte. STI 2

Il faut se débarrasser de cé précipité et pour cela filtrer l’eau. La filtration s’opère au moyen du filtre Garret. Ces filtres ont des dimensions très variables depuis celui qui filtre un litre d’eau à la fois jusqu’au grand filtre alimentant une garnison de 2 ou 300 hommes. En principe, c’est un cylindre de tôle galvanisée, soudée à un tronc de cône terminé par un petit goulot cylindrique. Le plan de séparation du cylindre et du tronc de cône est occupé par une plaque de tôle perforée et soudée au cylindre. On place une couche de coton hydrophile sur ce fond ; il importe que le coton soit bien tassé et égalisé ; il en faut environ

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150 grammes pour un filtre de 60 centimètres de hauteur. Un second fond, pourvu sur sa face supérieure d’une boucle de relevage et également perforé, vient se placer sur la couche de coton et la tasser davantage.

[> eau doit sortir incolore du filtre. Si elle est encore “Htune, c’est que l' écoulement est tr op rapide et le coton mal réparti. On a avantage à séparer d’une nuit les traitements par les poudres oxydante et réductrice. = Au début la filtration se fait bien ; elle devient ensuite lente et irrégulière. Le coton s’est imprégné et la fil- tration se fait mal. Auparavant on changeait le coton fréquemment. Lorsque par suite de la guerre cette substance a été plus recherchée et plus rare, des circulaires sont venues prescrire sa régénération par un lavage au bisulfite de soude au 20/1000 et un rinçage à l’eau filtrée.

Ce procédé est excellent, mais la quantité de die nécessaire est très considérable et alourdit beaucoup les unités. Pour un régiment il faudrait par mois . 201 kgs. 600 de poudres. Ce poids est trop grand ; - aussi a-t-on cherché à le réduire. M. Laurent propose une formule presque analogue et avec laquelle il ne faudrait plus par mois et par régiment que 53 kgs. 750 de comprimés. La formule Laurent est la suivante :

Comprimés oxydants

Permanganate de Dotasse.. ii... Ogr. a) Alun:pulvérisé... 2... Ogre. se pr 1 litre d'eau

Talc...:.........,5..4........ Ogr. 06)

. Carbonate de soude eristallisé.. . .. 0 gr. 06 Hyposulfite de soude............. Ogr.03, prilitred'eau M FAÏG ue ere de crue ts ... Ogr.03

Cette méthode. est bonne parce qu’elle n’encombre pas trop par ses ingrédients,

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Les deux procédés Lambert et Laurent reposent

sur l'emploi du sulfate manganeux ou de l’hyposulfite À

de soude comme réducteurs. L'eau oxygénée peut également jouer ce rôle ; il y a un fort dégagement d'oxygène comme . le montre la formule : ES

6Mn0'K + 4 H? 0? — 2 Mnÿ 0‘ + H 0 + 6 KOH + 017

Il y a formation d’un précipité d’oxyde brun de manganèse Mn°0, très fin, entrainant avec lui le reste des matières organiques encore en suspension. De plus, | à l’action oxydante du permanganate de potasse se joint celle très puissante de l'oxygène naissant, d'où oxydation plus parfaite et pus rapide des matières organiques, dont il ne RERtE qu'une quantité minime et inoffensive.

Ce procédé est excellent ; il donne une eau stérile et agréable à boire. M Arte se) RE

En somme, on peut dire que pour les garnisons..

stables et à condition d’être bien surveillés par le

médecin, les procédés employant le permanganate dé ree G

potasse sont parfaits. Au Maroc, ils nous ont paru très satisfaisants. La désinfection de l’eau par ce procédé, associée à une vaceination antityphique très rigoureuse, ont pratiquement fait disparaître la fièvre “y phoïde de la pathologie militaire de ce pays ; nous avons été constamment frappé du petit nombre d'affections d’origine hydrique. Malheureusement, il est difficile d'employer cette méthode d'épuration pour des troupes en marche ; les manipulations sont nombreuses et les substances employées trop lourdes ; de plus, elle est coûteuse, il faut compter, même avec régénération du coton, 34 kilos de cette substance par. mois et par régiment. L'hyposulfite donne parfois à l'eau un goût désagréable ; la poudre réductrice de Lambert peut, elle aussi, subir une décomposition assez obscure et rendre l’eau inbuvable. Enfin, la filtration, qui nécessite l'emploi d’un second récipient pour rece-

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voir l’eau filtrée, entraîne des risques de réinfection de Æ eau ; la RétHone demande donc une surv eillance très

| sérieuse.

. Pour faciliter l’ emploi du | procédé Lambert, MM. Ga- “—ladin et Houlbert recommandent (Académie des Sciences, 8 janvier 1917) l'emploi d’ un filtre spécial placé non plus à l'extérieur du liquide traité, comme le filtre : Garret, mais à l’intérieur du récipient de stérilisation, d’où les avantages suivants : Simplification du matériel, des manipulations, diminution des chances de réinfection par le passage d’un récipient à l’autre, enfin allégement des appareïls d'épuration.

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