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Hypochlorite de Chaux

En 1894, Traube proposa l’hypochlorite de chaux ou chlorure de chaux pour désinfecter. Tous les microorganismes étaient tués en 20 minutes avec une dose de 0 gr. 004 par litre d’eau très souillée. Il débarrassait l’eau de l'excès de chlore par le bisulfite de soude.

On emploie maintenant des doses un peu supérieures à celles de Traube, 0 gr. 01 à 0 gr. 02 par litre, soit 10 à 20 grammes par mètre cube, C’est done un produit qui

us :

a le gros Eater militaire d° être peu “encombrant:

Mais l'opération n’est pas terminée ; il faut ae nant éliminer l'excès ‘de chlorure de chaux par l'eau ee

oxYygénée ; après cette réaction, on obtient un mélange :

d’eau et d’eau oxygénée, de l'oxygène naissant, du a chlorure neutre de calcium. La formule ci- i-dessous k

montre : :

(CIO)2C a + 2 H2 02 — Cac + à 2 H2 02 + 0?

L'eau oxygénée se décompose en eau is oxygène : be

| ATES Et JCUR

“E oxygène libéré Teste en dissolution.

Pratiquement, le chlorure de chaux est ie pans

sous forme de poudre Pire (ou CORPS

Chlorure de chaux titre 100-110). 40 gr.

Carbonate de chaux De TS < <°8 pT.

Le chlorure de chaux est le seul corps actif de cette: formule ; les autres ont pour but de le stabiliser.

La technique de la stérilisation par ce procédé est très simple, Dans un récipient contenant 25 litres d’eau à épurer, on met 0 gr. 50 de poudre Lecomte ; on laisse

agir vingt minutes ; on ajoute une cuillerée à café d'eau

oxygénée ; on laisse reposer ; décantation rapide ; inu-

tile de filtrer. L’eau est pratiquement. stérile et agréa- de

ble à boire.

Ce procédé donne de remarquables a bactériologiques. Il serait certainement très en faveur et partout adopté si les reproches suivants ne lui étaient pas faits : L'opération est relativement longue ; il faut un temps de repos avant la consommation ; enfin, défaut # capital au point de vue militare, le transport de l'eau oxygénée sur les voitures des troupes est à peu Le impossible.

Pour obvier à cet inconv énient, on à proposé de ne

plus décomposer l’excès de chlorure de chaux, mais de

Le

Sn der dt rade à

ie fixer sur du mare de ie frais. Le procédé est par- fait au point de vue chimique ; il supprime le transport Yet l'emploi de l’encombrante eau oxygénée ; cependant, nous croyons qu’ ii est resté dans le domaine ie mental. FE? ;

Il faut noter, pour terminer V exposé des procédés au ce de chaux, que l’armée autrichienne emploie des comprimés de 2 centigrammes de ce COTpS. Chacun titre 6 nulligrammes de chlore actif et sert à la stérilisation d’un litre d’eau ; la décomposition de l'excès de ehlorure de chaux se fait par le bisulfite de soude.

Fr

1, : pH ut de Soude

“fa Sénilsation de l'eau par en de soude

repose sur l'emploi de l’eau de Javel et a reçu le nom

de «javellisation ».

Le procédé n’est pas nouveau ct a reçu de nombreuses consécrations civiles avant d'entrer dans le domaine militaire, On s’en est souvent servi à étranger : il a été qe à Paris, à Marseille, à Avignon, toutes les fois qu'une contamination inattendue: des sources

mettait en défaut les procédés précédemment employés."

Les Anglais l'ont utilisé pendant leurs guerres colo-

riales-s:0 "it , Nous ajouterons que la javellisation. . Lie seul pro-

cédé réglementaire et officiel sur le front français. Le

permanganate de potasse, le chlorure de chaux, etc.,

dont nous avons déjà parlé, ont été utilisés en temps de

paix ou aux colonies (campagne du Maroc); ils ont

été étudiés sur le front, mais à titre en quelque sorte officieux et le plus souvent du fait d'initiatives individuelles, Cet exclusivisme relatif a probablement plus d’inconvénients que d'avantages.

À.— Principe de la méthode et généralités

Le procédé consiste à ajouter de l’eau de Javel à l’eau à stériliser et à les laisser en contact un temps

- plus ou moins long, suffisant pour obtenir la stérilisa-

tion, soit 30 à 40 minutes.

La quantité d’eau de Javel à employer n’est pas fixe ; c’est un défaut de la méthode. Elle varie avec la valeur chimique et bactériologique de l’eau considérée ; elle varie surtout avec la teneur en chlore de l’eau de Javel, c’est-à-dire son degré de concentration. La stérilisation est proportionnelle comme rapidité à la quantité d’eau de Javel employée ; il ne faut pas cependant dépasser certaines limites, au-delà desquelles l’eau traitée contient un excès de chlore qui la rend imbuvable,

Une instruction du 12 juillet 1915 prescrit d’em-

. ployer des doses d’eau de Javel correspondant à 1 mil-

ligramme de chlore par litre pour une eau de source et 3 milligrammes par litre d’eau trouble. Une circulaire du 26 juin 1915, modifiant l'instruction du 27 OCtobre 1914, ordonne d'employer 3 ou 4 gouttes pour 10 litres d’eau. Enfin, une autre circulaire du 14 février 1916 ne donne plus d'indications: impératives, mais générales ; après un quart d'heure de traitement, l’eau

ne doit contenir que 1 ou 2 milligrammes de chlore par

litre.

Ces variations montrent combien il est difficile de préciser l'emploi de l’eau de Javel. En dehors des indications très diverses données par les analyses bactério-

logiques, il faut se rappeler que chaque eau-de Javel a

son degré chlorométrique spécial. Il ne faut pas mesu-

rer la quantité d’eau de Javel, comme tentaient de le

prescrire les circulaires précédentes, mais ne Gene de chlore libre qu’elle contient.

Cette opération se-nomme le titrage et peut se faire de la façon suivante :

On prend un récipient d’un litre. On y verse le mélange suivant :

Haut HOT ARE ..... 100 gr.

Les substances suivantes sont ajoutées : D'abord 10 centimètres cubes de lessive des savonniers, 500 er. d’eau, 100 centimètres cubes d'acide chlorhydrique. On remplit le récipient avec de l’eau. La liqueur chlorométrique est constituée. L'opération se poursuit de la façon suivante : Dans une capsule, on met 10 centimè-

tres cubes de liqueur chlorométrique, on ajoute un peu

de bromure de potassium et on verse l’ hypochlorite de soude à à titrer goutte à goutte au moyen d’une burette. Une coloration jaune doit être obtenue dans la capsule. On fera alors les calculs simples qui suivent : Supposons que pour oxyder les 10 centimètres cubes de.

liqueur arsénieuse, il ait fallu x centimètres cubes

d'hypochlorite. On dira, pour oxyder 10 eme. de liqueur : arsénieuse, il faut 10 eme. de chlore. Donc, x eme. € hypochlorite contiennent 10 emc. de chlore, 1 emc. d'hypochlorite en contient x fois moins et 1000 ou un litre 1000 fois plus.

La quantité de chlore dégagée par un litre d’hypo- -chlorite constitue son degré français. Les eaux de Javel ordinaires titrent de 20 à 30 degrés. Pour savoir quelle

___ quantité d’hypochlorite il faut ajouter à une eau don-

née pour la stériliser, il faudra faire le calcul suivant en partant des données précédentes : soit une eau considérée comme fortemeift contaminée ; on juge que pour la stériliser il faut 4 milligrammes de chlore par litre ; l’eau de Javel dont on dispose titre 20 degrés. On dira :

Un:litre de cet hypochlorite dégage 20 litres de chlore —

soit en poids : 3 gr. 170, poids. d’un litre de chlore, X 20 = 68 gr. 4. |

Un cmc. dégagera. mille fois moins :

— 0 gr. 063

AN ER ne LE nÉ 3:

ee nr” : ES

Une goutte qui est le 1/20 d’un-eme., 20 fois moins : Dane — 3 milligrammes 17 20 DAT

Donc, pour introduire 4 milligrammes de chlore dans un litre d’eau très contaminée, il faut lui ajouter un peu plus d’une goutte d’ hypochlorite.

Des questions de détails sont encore à considérer. Le degré de l’eau de Javel n’est pas immuable; il baisse rapidement avec l’évaporation ; certaines eaux de Javel ne sont pas vendues avec l'indication de leur degré chlorométrique, mais avec celle du degré Beaumé, Ces divers motifs obligent au titrage périodique de l'hypochlorite employé ; c’est fait dans les laboratoires

-de l'arrière ; le degré est transmis aux unités et forme tions.

À B.— Technique de la javellisation

La technique de la javellisation est, dans la plupart des cas, d’une grande simplicité. La quantité de matières organiques étant connue, on ajoute une quantité de chlore un peu supérieure en faisant les calculs que nous avons donnés plus haut. Au début, on employait régle-

mentairement une dose d’ hypochlorite correspondant se

à 8/10 de milligramme de chlore actif par litre. On admet maintenant qu’il faut au moins 1 milligramme de chlore pour détruire 1 milligramme de matières organiques. Par suite, la quantité d’hypochlorite à employer sera essentiellement variable et dépendra des données du laboratoire d’analyses.

Lorsqu'on javellise une eau, deux | cas-sont à considérer : l’eau est courante, elle se renouvelle sans cesse ; l’eau est dans un récipient. Fe

CE . x S X “ 1% cas. —- La stérilisation d’une eau se renouvelant sans cesse ést difficile à réaliser. Pratiquement, ce cas a été assez rare sur le front. On avait plus souvent

affaire à une eau immobile, contenue dans un récipient. Elle n’est cependant pas impossible. 11 faut installer un dispositif de distribution automatique d’eau de Javel. Le plus simple consiste en un flacon distributeur compte-gouttes. Le débit de la conduite d’eau étant bien connu et la valeur bactériologique de l’eau bien établie, on règle le flacon distributeur ; le débit de l’eau est, par exemple, de 2 mètres cubes à l'heure et le litre d’eau demande, pour être stérilisé, 3 milligrammes de chlore ; une goutte d’eau de Javel titrant 20 degrés peut douces 3 milligrammes 17 de chlore ; il faut ajou- ‘ter une goutte par litre, soit 2000 gouttes par beure, soit 33 gouttes par minute, Le mélange se fera durant le trajet de l’eau dans les conduites où se déverse le flacon distributeur ; le brassage n’a pas à être considéré car l’eau est suffisamment agitée dans la conduite ; l’action du chlore s’effectue avant l’arrivée à l’endroit de la distribution. Il faut naturellement veiller à ce que le flacon distributeur soit suffisamment éloigné de ce point.

2e cas. — Il suffit de verser l’eau de Javel dans le récipient. Elle devra d’abord être diluée de façon à avoir un mélange plus intime et ensuite versée. Un brassage énergique de toute la masse liquide est désirable ; nous verrons plus loin que toutes les installations de javellisation mécaniques possèdent un agitateur

La durée du contact entre l’eau de Javel et l’eau à stériliser ne doit pas être inférieure à trente minutes (Circulaire du 26 juin 1915).

Le choix du récipient a une grosse importance ; nous résumerons les quelques données acquises à ce sujet. Il faut écarter les tonneaux usagés ; dans les interstices existent une grande quantité de débris de toutes sortes, que le brossage énergique ne détruit pas ; au contraire, il les met en liberté. Peu coûteux, ils ont été très employés et le sont encore ; mais il est réglementaire maintenant de les enduire intérieurement d’une couche

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si

d’ ’asphaltine (peinture siccative à base de goudron et de benzine). Elle est bon marché, d’un maniement faêile et absolument inoffensive ; enfin, le tonneau peut ctre utilisé presque immédiatement après son badigeonnage. On peut se servir aussi de cuves en tôle galvanisée ; elles coûtent cher, sont encombrantes et lourdes. On s’est demandé aussi si le chlore n’attaquerait pas le zinc et ne formerait pas du chlorure de zine peu toxique, mais susceptible d’accumulation dans. l'organisme. Les expériences faites prouvent que la quantité de chlorure de zinc formée n’est jamais considérable et diminue rapidement par suite de la formation d’une couche protectrice d’oxychlorure de zinc. Ces cuves, malgré leur poids (contenance de 600 litres), peuvent rendre de bons services, mais elles ont encore

l'inconvénient d’être bonnes conductrices de la chaleur

et de chauffer l’eau en été.

La javellisation est très souvent employée de la façon décrite plus haut, avec des récipients de natures différentes. Ils ne peuvent servir cependant qu’à des agglomérations militaires restreintes. Pour donner au procédé une plus grande extension et le rendre vraiment pratique, on a songé à construire des «voitures d’eau potable». Le Touring-Club s’est occupé de la réalisation de ce projet et y a affecté une partie des fonds . recueillis par « L’Œuvre du Soldat au Front». Un concours fut ouvert et la voiture choisie est du modèle : suivant : É

La voiture d’eau potable est du type de la voiture régimentaire du Génie. Elle porte deux pompes, un filtre clarificateur composé d’éponges trempées dans une solution de cachou pour en assurer la conservation, de deux réservoirs rectangulaires. La voiture fonctionne de la manière suivante : elle s’arrête auprès d’un point d’eau quelconque, source, étang, cours d’eau, ete. Une des pompes aspire l’eau à stériliser par un tuyau : elle la refoule dans le clarificateur et de Ià dans l’une ou l’autre des deux cuves ; là, l’eau est stérilisée par l’hy-

CAO D Ut, DUR to dE IT MS ARE Te nl

pochlorite de soude et brassée par un agitateur. La deuxième pompe reprend l’eau filtrée et stérilisée et la refoule dans des tonneaux sur voitures d’où elle sera répartie entre les divers cantonnements.

Cette voiture a le gros avantage de ne peser que 1200 kilos. Elle peut donc circuler à peu près partout. Son débit d’eau filtrée et stérilisée est de 3000 litres à l'heure ; elle peut donc fournir environ 30 mètres cubes par jour. Etant hippomobile, elle est très bon marché (5.000 francs). Une centaine étaient en service sur le front en 1916 ; théoriquement, il doit y en avoir une par division. Malgré son ingéniosité, le clarificateur peut devenir insuffisant lorsque l’eau est très souillée.

Il convient d'augmenter la dose d’eau de Javel ; il est.

prescrit, dans ce cas, de neutraliser l’excès de chlore en ajoutant une petite quantité d’une solution d’hyposulfite de soude au 1/10 (Circulaire du 28 décembre 1915).

Ces voitures ont aussi are d'utiliser tous É points d’eau (pourvu que l’eau soit bonne chimiquement). La stérilisation y est parfaite. Elles peuvent circuler et desservir plusieurs cantonnements.

Un dispositif de stérilisation, basé sur les mêmes principes mais de dimensions et de débit beaucoup plus considérables à été installé sur bateau.

Un autre modèle de voiture d’eau potable, beaucoup plus compliquée, a été construite par la Société « Ransome». Le principe de cet appareil est le suivant :

Les matières organiques de l’eau, sont d’abord précipitées ou plutôt agglomérées par l’adjonction d’alun. Puis un dispositif, basé sur le principe de la trompe à eau, fait passer l’eau à stériliser à travers une couche de sable fin que la trompe à eau aspire et agite continuellement. Il y a donc d’abord à l’intérieur d’une cuve unique : précipitation et collage des impuretés par l’alun, agitation continue du sable qui favorise cette précipitation, chute de l’eau sur le sable fixe restant qui agit comme un filtre à sable ordinaire ; d’où association

intéressante d’un procédé mécanique à un procédé ‘chimique. £ j Avant de réceptionner les voitures de ce type, l’autorité militaire a exigé une épuration chimique complémentaire ; elle se fait dans un récipient distinet par l’eau de Javel ou plus souvent le chlorure de chaux. L'ensemble des appareils est monté sur un camion automobile.

Ïl est à peine besoin de dire que ces divers dispositifs, voitures du Touring-Club et voitures Ransome, sont soumis par l'autorité militaire à des vérifications fré- quentes. Chaque mois, les laboratoires de bactériologie et de toxicologie doivent analyser l’eau, au double ‘ point de vue chimique et bactériologique, avant l’entrée dans le filtre-clarificateur et 45 minutes après lépuration. Des rapports circonstanciés sont transmis à la Direction générale du Service de Santé des Armées d'opérations. Les nettoyages des appareils sont périodiques.

C,.— Résultats de la javellisation

Il était intéressant et pratique de savoir combien de temps se maintiennent les bons effets de la javellisation. Les expériences montrent qu'après 24 heures, la multiplication des bactéries commence et ne cesse de s’accentuer durant les heures suivantes. Les espèces qui se reproduisent après ce délai de 24 heures sem- : blent être inoffensives. Il est cependant prudent de restériliser l’eau après ce temps.

L'hypochlorite de soude ne débarrasse pas intégralement l’eau de tous ses germes. Certaines espèces sont plus résistantes ; elles sont heureusement inoffensives.

I s’agit le plus souvent de moisissures et de bactéries sporulées.

Du reste, on ne peut demander à la javellisation, pas plus qu’à un autre procédé chimique, la stérilisa-

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Lin d'a dédie SA PR TU Fm A hat rt À Du Var 2e pr. s . - D SN TR Ti du) PRES F

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tion complète de l’eau. Celle-ci n’est pas à désirer. L'hypochlorite de soude fait disparaître intégralement

- le coli-bacille (sauf extrême contamination) ; la résis-

tance de celui-ci étant à peu près la même que celle des bacilles typhiques, paratyphiques et du vibrion cholérique, on en déduit la disparition de ces derniers. Enfin, le nombre total des germes est considérablement dimi-

nué, environ de 95 à 99 0/0, comme l’ont montré de

fréquentes expériences,

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