I. — Au point de vue étiologique
1° L'origine syphilitique de l'asthme infantile, affirmée encore récemment par certains auteurs, ne nous semble pas fondée. On ne retrouve pas dans les antécédents des petits asthmatiques des signes nets d’hérédo-spécificité. L’examen objectif est à ce point de vue presque toujours négatif, ainsi que les réactions sérologiques, aussi bien chez les parents que chez l'enfant.
2° Nous ne croyons pas davantage à l’origine tuberculeuse de l'asthme infantile. La cuti-réaction à la tuberculine est, dans le plus grand nombre de cas, absolument négative chez les petits asthmatiques et la proportion des cuti-réactions positives n’est pas
MR. Ua
supérieure à celle rencontrée habituellement dans l’enfance.
Il en est de la tuberculose comme de la syphilis : du fait qu’on peut trouver des asthmatiques tuberculeux ou syphilitiques, on ne doit pas conclure forcément à une relation de cause à effet entre les deux affections.
3° Récemment, Haïbe, de Namur, a incriminé à l'origine de l’asthme infantile une sensibilisation de l'organisme à un streptocoque hémolytique qu’il retrouve presque constamment dans le rhino-pharynx de ses malades. Nous l’avons recherché dans tous les cas que nous avons observé : nous n° avons jamais pu le mettre en évidence.
D’autre part, nous avons essayé de déceler par la méthode des cuti-réactions de Walker la sensibilisation de l’organisme aux différentes protéines animales ou végétales habituellement incriminées. Nous avons été frappé de ne trouver que des réactions négatives. Il était donc difficile, au point de vue thérapeutique, de se baser sur cette hypothèse pour désen-
sibiliser l’organisme.
IT. — Au point de vue thérapeutique
Aussi nous sommes-nous adressé à une méthode de désensibilisation générale qui nous avait paru jusqu’alors peu employée dans l’asthme de l'enfant : l'injection de sang maternel ou paternel. Les résultats
ET es
ont été excellents. Nous avons obtenu très rapidement la disparition à peu près complète des symptômes, même chez des malades qui présentaient des crises presque continues depuis des mois et qui avaient déjà essayé, sans succès, d’autres thérapeutiques.
Sans vouloir nier les résultats intéressants obtenus par d’autres méthodes, dans l’asthme, nous croyons pouvoir conclure que l’hémothérapie maternelle ou paternelle a sa place à côté des autres procédés de désensibilisation. à 3
Il nous manque peut-être cependant le recul du temps pour consacrer définitivement une méthode : thérapeutique dans une affection comme l’asthme qui présente de si nombreuses récidives.
Malgré cette réserve, en présence de crises d’asthme tenaces et répétées, il nous paraît logique de recourir à cette méthode que sa simplicité met à la portée de tout médecin et dont les contre-indications sont
inexistantes.
Vu : le Doyen Vu : le Président BALTHAZARD NOBÉCOURT
Vu et permis d'imprimer le Recteur de l’Académie de Paris
CHARLÉTY.