SOLINS
Le nombre de cas où le travail des so« lins est indiqué est trop fréquent pour que nous ne lui consacrions pas quelques lignes, car il est souvent le complément obligé de plus importants travaux.
Pour empêcher toute infiltration dans les angles ou base des murs où l'asphalte a été appliqué, il faut dégrader d'abord le mur au niveau de l'application à une profondeur de 2 à 3 centimètres et sur une hauteur de 4 à 5 centimètres ; ensuite on introduit du mastic pur dans cette cavité, dont on forme le solin, que l'on lisse fortement avec la spatule en bois, de manière que la dégradation pratiquée dans le mur soit complètement dissimulée.
Il arrive assez souvent que l'on pratique des solins aux extrémités des dallages ordinaires joignant les murs, toujours dans l'intention d'empêcher les infiltrations.
Dans ee cas,' si les solins doivent être à découvert, on a le soin de les lisser à leur surface, comme il vient d'être dit.
OBSERVATIONS OÉNÉRALES.
Nous venons de terminer la série des principaux travaux auxquels l'asphalte est appliqué; à chacun d'eux nous avons spécialisé le mode d'emploi qui lui est particulier; mais on comprendra que, dans
beaucoup de cas, rintelligence de Tappli— cateur devra modifier les règles générales^ que nous avons données, car il y a telles* conditions du sol , de localités, qui ren — dent ces modifications nécessaires.
Cependant, nous croyons devoir enga — ger les hommes pratiques pour lesquels nous écrivons à ne s'écarter que le moias possible des principes de fabrication et:
d application que nous venons de poser* ; car ils sont , pour nous comme pour eux: , les résultats d'une expérience et d'une pratique exercée au milieu des importants travaux que la société du Val-de-Travers a dû faire exécuter.
Un mot nous reste encore à ajouter avant de finir ce chapitre.
Aucun travail ne porte avec soi une perfection telle qu'il ne puisse être soumis
à des réparations ; noiis avons donc à dire les cas, heureusement bien rares, où ces réparations sont nécessaires, nous indiquerons aussi le moyen bien simple d'apporter le remède au mal.
Nous avons dit, en parlant de la disposition du sol propre à recevoir les appli*cations d'asphalte, qu'il était de nécessité absolue que ce sol dût être parfaitement sec avant de couler le mastic. Dans les cas de travaux très-pressés, on peut accélérer la sécheresse du mortier ou du béton, soit en étendant dessus de la cendre chaude prise dans les fourneaux, soit avec un peu de mastic chaud qu'on prendra à cet effet dans la chaudière en ébuUition : l'assèchement obtenu, on enlève la cendre, et le mastic est rejeté dans la chaudière, puis on procède à l'application.
Si, malgré ces soins, rhumidité avait assez persisté, pour faire naître à la surface du travail les- soufflures dont nous avons parlé, on y remédie en étendant dessus du mastic très-chaud. On perce, au centre de la soufflure, un trou qui laisse passage à Tair et à l'évaporation de l'humidité, puis, en pressant un peu, on abaisse la partie soulevée rendue élastique par la dilatation de la chaleur, qui, elle seule, suffira pour boucher le trou, et la couche de mastic superposée enlevée, il ne reste aucune trace de l'opération qui vient d'être pratiquée.
Il est à remarquer d'ailleurs que ces soufflures sans crevasses dénotent quel est le degré d'élasticité de la matière.
Dans le cas où un corps lourd et contondant serait tombé sur une surface asphaltée, et l'eût brisée ou enfoncée dans
une de ses parties, il faut étendre sur cette partie du mastic bien chaud pour amollir l'ancienne couche, après quoi, avec un instrument tranchant, on coupe en ligne droite la partie à réparer, dont les détritus sont jetés dans la chaudière ; on nivelle le sol, afin que l'application qu'on a à faire ne dépasse pas l'épaisseur de la première application : les bords de l'ancien mastic di^vront être chauffés avec de la matière prise dans la chaudière, afin de rendre la soudure parfaite, et immédiatement on coule dans le vide laissé à remplir.
A cette occasion des réparations que peuvent nécessiter quelquefois les applications d'asphalte, il est une considération très-remarquable et tout à fait particulière à ce produit : c'est que la matière déjà appliquée peut parfaitement bien
être appliquée de nouveau, sans qu'aucune de ses qualités soit altérée ; ainsi, il est souvent arrivé qu'aux chapes des ponts des chemins de fer, à certains travaux de constructions militaires et des châteaux royaux , MM. les ingénieurs du gouvernement et MM. les architectes du roi ont fait faire des applications provisoires pour obvier aux infiltrations des pluies d'hiver,
et que la matière enlevée a été appliquée de nouveau au printemps suivant, sans qu'elle ait rien perdu en qualité et en quantité.
On ne s'attendait pas sans doute qu'en terminant ce livre nous dussions, avec une vérité bien facile à apprécier, faire considérer l'asphalte comme un objet mobilier, propre à être transporté d'un lieu à un autre , et pouvant être affecté^
au besoin » à un travail différent de celui 0Ù9 pour une première ou seconde fois, il aurait été appliqué.