PARIS
Chez F. G. Levratjlt, rue des Fossés M. le Prince, N.° 3i, et rue des Juifs, N.” 33, à Strasbourg.
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A'^oici l’histoire de ce petit ouvrage. Je venois d’écrire, pour le Dictionnaire des sciences naturelles, un article de quelque étendue sur les insectes en général : je priai l’éditeur de m’en faire tirer séparément quelques exemplaires, désirant les distribuer à mes amis avec la collection des figures, parfaitement exécutées, qui pouvoient donner quelque prix à ce travail. Le libraire y consentit avec beaucoup de grâce et de générosité. Croyant, de son côté, que cet extrait pourroit être utile pour les personnes qui voudroient se livrer à l’étude des insectes, il me demanda l’autorisation de le publier à part. J’ai cédé à ses désirs, et sur ces entrefaites, des circonstances imprévues m’ayant privé momentanément de mes occupations habituelles, j’ai profité de ces loisirs forcés pour revoir tout ce travail et pour y insérer des notes et quelques observations que j’avois écrites, il y a plus
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de vingt ans, et qui dévoient servir d’introduction à un ouvrage que j’avois alors présenté à la Société philomatique , dans l’intention où j’étois de le publier. *
J’ai divisé en huit chapitres les considérations générales auxquelles je me suis livré. Je traite dans le premier du rang que la classe des insectes paroît devoir occuper parmi les autres êtres animés. Par une suite de réflexions sur les diverses facultés dont les animaux sont doués, je suis conduit à établir que les organes de la sensibilité, et surtout ceux du mouvement, caractérisent les individus d’une manière matérielle et qui influe sur toutes leurs fonctions, de sorte que l’étude de ces organes , chez les animaux, suflit pour les faire rapporter à neuf classes principales, dont je présente les caractères, en insistant plus particulièrement sur ceux qui distinguent les insectes.
Le second chapitre est spécialement consacré à l’étude de la conformation et de la structure
1 Ce travail, manuscrit de 266 pages, avoit pour titre : Les Insectes rangés par familles naturelles. Il a été parafé par le secrélaire de la Société philomatique , enregistré sous le n.° 414, séance du 3 Brumaire an IX (Septembre 1800).
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(les insectes, ce qui me fournit l’occasion d’employer et d’expliquer les dénominations affectées par les naturalistes aux diverses parties dont ils doivent examiner ou reconnoître les modifications.
Le chapitre qui suit est un petit traité de physiologie spéciale, qui fait connoître l’état actuel de la science sur l’organisation des insectes, dont l’étude offre le plus grand intérêt, à cause des particularités nomhi'euses que nous présentent leurs diverses fonctions. Comme ce sujet a été une des matières principales de mes méditations , j’ai cru devoir exposer avec quelques détails les idées qui me sont propres et que j’ai fondées, non pas uniquement sur des analogies et des raisonnemens, mais sur des faits et des observations directes. C’est ainsi que j’aurois désiré les voir combattues dans quelques ouvrages récens où elles ne sont pas admises, parce que, dit-on , elles ne sont pas d’accord avec plusieurs considérations à priori et surtout avec la spécialité du système nerveux. Étrange et fâcheuse manière de raisonner en physiologie !
J’ai inséré dans ce travail deux mémoires que j’avois déjà publiés ailleurs. J’y rapporte les
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moyens principaux que les insectes emploient pour conserver leur existence, et les particularités qu’ils offrent dans les circonstances variées où ils sont appelés par la nature à propager leur race. Ces considérations générales, que je regrette de n’avoir pas eu le loisir d’appliquer à plusieurs autres actes de la vie des insectes, forment ici deux chapitres.
Dans le sixième et le septième chapitre j’expose et je développe complètement ce que j’appelle la méthode analytique de l’entomologie ou de la branche de l’histoire naturelle qui fait connoître les insectes. C’est une sorte de système appliqué à un mode d’arrangement tel que les espèces sont autant rapprochées qu’il est possible par leur analogie, afin de pouvoir plus facilement généraliser ce qui les concerne, et les comparer entre elles. Cette marche, ne laissant de choix qu’entre deux propositions, facilite et abrège considérablement les recherches. C’est ici un corps de doctrine sur lequel j’appelle l’attention et le jugement des naturalistes, parce qu’il est entin présenté dans son ensemble pour l’histoire des insectes, comme je le fais depuis long-temps, dans mes cours au Jardin du Roi,
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pour les reptiles et les poissons. Je ne me vsuis pas borné à une nomenclature sèche et aride:
j’ai toujours eu soin de faire conuoître les moeurs, les habitudes et l’histoire générale des ordres , des familles et des genres. La classification que j’ai adoptée est régulière dans tous ses degrés, et j’espère avoir rendu par cela meme son mécanisme plus facile à saisir et à employer. D’ailleurs, c’est, je le crois, le premier ouvrage qui présente à la fois toutes les figures et les caractères essentiels de plus de trois cent cinquante genres qui y sont décrits. Si l’on avoit adopté toutes les subdivisions établies dans ces deimiers temps, elles auroient inutilement quadruplé ce nombre.
Enfin, dans un huitième et dernier chapitre, je présente une histoire abrégée des principaux ouvrages qui ont été publiés sur les insectes : le nombre de ceux dont je donne une courte analyse, est de cinquante-six. Je trouve ainsi l’occasion de faire connoître les princijjaux systèmes, ou les méthodes qui ont été successivement proposées.
Les soixante planches qui ornent cet ouvrage, ont été dessinées sous mes yeux par M. Prêtre,
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observateur éclairé et peintre très-habile : ces figures sont d’une grande vérité et d’une exactitude extrême j lorsque le dessin est plus grand que nature, un trait placé près de l’insecte indique les dimensions réelles. Les gravures, qui rendent très-fidèlement les dessins originaux, ont été dirigées par M. Turpin, naturaliste fort connu et comme savant botaniste et comme dessinateur. Je ne saurois trop me louer du zèle et de la complaisance de ces messieurs, que je me plais à reconnoître ici publiquement.
Paris, le 3 Mars 1823.