Duftschmid, i 8 o
Voici une autre liste des auteurs, que nous avons disposée de manière à donner une idée générale de la nature de leurs ouvrages.
Ceux qu’il est utile d’étudier comme observateurs des
HISTOIRE ABRÉGÉE
mœurs et de Thistoire des Insectes en général, sont les suîvanS :
Swammerdam , Goedaert , Réaumur , Rœsel, Degéer, Bonnet, Huber.
Parmi les anatomistes, nous citerons Leuwenhœck, Swammerdam, Vallisnieri, Lyonnet, Cuvier, Marcel de Serres.
Les auteurs que nous considérerons comme systématiques et descripteurs, sont:
’Linnæus, Degéer, Fabricius, Latreille.
Puis ceux qui n’ont décrit que les insectes d’un pays, ou topographes : comme
Geoffroy, Fourcroy et Walckenaè’r, ceux des environs de Paris.
Frisch et Panzer, ceux de l’Allemagne.
Thunberg, Paykull et Gyllenthal , ceux de la Suède.
llliger et Kugelan , ceux de la Prusse.
Schranck, ceux des environs de Vienne en Autriche.
Scopoli, ceux de la Carniole.
Laicharting, ceux du Tyrol.
Rossi, ceux de l’Étrurie.
Spinola, ceux de la Ligurie.
Cyrillo, ceux de Naples.
Voët, ceux de la Belgique.
Nous citerons ensuite ceux des auteurs qui ont décrit, soit les insectes d’un ordre entier, soit seulement les espèces d’un seul genre, ou les monographes. .
Ainsi, pour les coléoptères; Olivier, llliger, Herbst.
Pour les escarbots , Paykull ; les charansons, Clairville ; les méloè's, Leach ; les staphylins, Gravenhorst.
Pour les orthoptères, Stoll.
Pour les hémiptères : Fallen, Schellenberg ; Stoll, pour les cigales ; Wolff, pour les punaises.
Pour les hyménoptères, Jurine ; pour les abeilles , Kirby; pour les guêpes, Réaumur; pour les uropristes, Klug; pour les fourmis, Huber, Latreille.
DË l’entomologie. 243
Pour les nëvroptères ,• Swammerdam ; Degéer, sur les éphémères; Smeathan, sur les termites.
Pour les lépidoptères : Esper , Cramer, Hubner, Ernst, Sepp , Hoefnagel.
Pour les diptères : Meigen, Schellenberg, Fallen.
Pour les aptères : Clerck, Walckenaër.
1. CowBAD Gesnir , dont les ouvrages nombreux sont consacrés à l’histoire générale des animaux , n’avoit pas publié lui-même ses obser-* vations, ni surtout ses recherches historiques sur les insectes , puisqu’il est mort en i558, et que le livre 5 , où il est question du scorpion et de quelques autres insectes , n’a été publié par tVolpt que de i58o à 1587. Mouffet avoue cependant qu'il a eu connoissance des manuscrits de Gesner, qui avoient été achetés par Caiiierarius , puis envo) és à Thomas Penn, à Londres, lequel les communiqua à Thomas Mouffet. C’est sous le rapport de l’érudition que l'ouvrage de Gesner mérite l’attention des naturalistes.
2. Ui.YSSE Axdrovandi n'est aussi qu’un érudit et un compilateur instruit. Son traité des insectes j de animalibus inseciis libri septem > a eu deux éditions in-folio : la première , avec des gravures en bois , à Bologne, 1602; et la seconde, à Francfort, 1618, avec des gravures sur cuivre. On y trouve un premier arrangement systématique. Les insectes y sont divisés en deux classes, les terrestres et les aquatiques, avec des ordres tirés de la présence , du nombre et de la disposition des pattes et des ailes ; mais ces ordres sont si arbitraires, que dans le premier, par exemple, il range les insectes qui font des rayons d’alvéoles et du miel (favijica), et dans un antre tous ceux qui n’en font pas.
3. J. Hoefhagel étoit un peintre observateur, qui a laissé des figures très-exactes d’un grand nombre d’insectes ; elles ont été gravées à Anvers, en i63o et 1646, sous le titre suivant: Diversœ inseciorum volatilium icônes ad vivum depictœ. C’est son ouvrage principal, et il n’offre d’intérêt que par les figures.
4. Thomas Mouffet a publié l’un des premiers ouvrages consacrés spécialement à l’histoire des insectes; il a pour titre : Inseçtorum sive minimorum animalium theatrum , etc. Il a été publié à Londres, ett i 634 , en petit in-folio de/326 pages, avec des figures en bois. C’est encore un ouvrage érudit, dans le genre de ceux de Gesner, dont 11
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a beaucoup profité, puisqu’il paroît avoir eu connoissance des manuscrits laissés par ce savant, que Boerhaave appeloit un prodige d’érudition (monstrum eruditionis).
5 . Frahcesco Rédi , savant observateur, qui a surtout éclairé l’bistoire de la génération des insectes, qu’on regardoit comme le produit de la corruption. Il a publié ses observations d’abord, en italien, à Florence, en i6ô8j mais il en a paru une traduction en latin à Amsterdam, en 1671 ; Expérimenta circa generationem insectorum , sous format in-12, avec quelques planches en cuivre.
6. Jeam Goedaep.t avoit publié d’abord en bollandois un ouvrage sur la métamorphose des insectes, qui a été ensuite traduit en latin et publié sous ce titre : Metamorphosis et historia naturalis insectorum, cum commentariis et appendicibus Joh. de Mey et F. Fersaerdt , 3 vol. in-8.°, depuis 1662 jusqu’en 1667 , avec figures. Cet ouvrage a été traduit en françois, et Lister, comme nous le verrons sous le nom de cet auteur, en a publié une édition latine d’après une méthode particulière. 11 y a beaucoup de faits dans l’ouvrage de Goedaert. Malheureusement on croyoit alors à la naissance spontanée. Cependant quelques observations sont bien faites, et les figures assez exactes pour que beaucoup d’insectes y soient reconnus.
7. Marcellus Malpighi a donné un des meilleurs traités d’anatomie sur les insectes, à l’occasion de ses recherches sur la structure du ver à soie, d’abord dans une lettre latine, Dissertatio de hombyee, imprimée à Londres, en 1669. C’est un petit volume de 100 pages 10-4.", avec douze planches ; mais cette dissertation a été réimprimée dans les OEuvres complètes de l’auteur, en 1686.
8. Jeak Swammerdam a publié en bollandois, d’abord en 1669, une
histoire générale des insectes, qui a été traduite successivement en françois et en latin : ce sont de petits volumes avqp i3 planches
qui sont les mêmes dans les trois éditions, dont la dernière, de Leyde, est de i685. Mais le grand ouvrage de cet auteur est sa Bible de la nature, en deux volumes in-folio, avec 53 planches supérieurement gravées sur cuivre, publiée en 1787 et 1788, à Leyde, sous ce titre; Biblia naturœ, seu historia insectorum, belgice, cum versione latina H. D. Gaubii, et vita auctoris per Herm. Boerhaave. Les travaux da Swammerdam ont été une époque remarquable pour la science. Cet auteur a découvert les principaux modes de la transformation ou de la métamorphose, et par conséquent il a donné la base de la meilleure
DE l’entomologie.
classification pour les ordres. Parmi les insectes sans métamorphose et qui ne changent que de peau , en conservant pendant toute leur vie la forme qu’ils avoient en sortant de l'œuf, il range les araignées, la tique, le pou, le cloporte, le scolopendreetc.; il donne en particulier l’histoire très-détaillée de la structure et de l’organisation des poux. Au second ordre, qui comprend les insectes agiles, sous les trois états de larve, de nymphe et de perfection, mais qui, sons le second, ont des rudimens d’ailes, il rapporte ceux qu’on a nommés depuis névroptères, orthoptères et hémiptères : c’est là que se trouvent décrites l’histoire de la demoiselle, celle de la nèpe ou scorpion aquatique, de l’éphémère. Au troisième ordre, dans lequel les nymphes, quoique munies de parties distinctes, ne sont plus susceptibles de mouvement prononcé, Swammerdam rapporte d’abord les insectes nommés depuis hyménoptères et coléoptères ; il donne pour exemple l'organisation et l’histoire de la fourmi», de l’abeille et du scarabée nasicorne, et même celle du cousin ( quoique cet insecte forme , pour ainsi dire , un ordre à part, puisque sa nymphe est agile). C’est à ce même ordre troisième que l’auteur rapporte encore les insectes à chrysalide emmaillottée; il décrit très en détail, à cette occasion, l’organisation et les métamorphoses des papillons dits la petite tortue, et de celui du chou. Enfin, dans son quatrième ordre sont rangés les insectes à chrysalide obtectée ou semblable à un œuf ; il y rapporte les diptères : il y donne l’histoire d’un stratiome ou de la mouche armée de Geoffroy, celle de la mouche du fromage. L’ouvrage dont nous venons de présenter une bien courte analyse, est un des plus importans pour l’étude de l’organisation des insectes ; il contient en outre beaucoup de faits curieux pour l'histoire naturelle en général et pour l’anatomie des animaux.
g. Martis Lister. Cet Anglois, en donnant une édition de Goedaert, en i685 , a présenté une sorte de méthode de classification, qu’il a perfectionnée ensuite dans l’ouvrage de John liai, qu’il a publié eu 1710. Ses divisions sont tirées de la forme des œufs et de la métamorphose; ensuite de la présence ou du défaut des pattes, des élytrès et des ailes. 'Mais cette méthode, comme on va le voir, est l’enfance de l’art. Les insectes sont ou sans métamorphoses, intransmutabilia, ou ils subissent des transformations, transmuiabilia. Ceux-ci se subdivisent en vaginipennia (les coléoptères), yo^-i/jones (les lépidoptères), quadri- /lennia (hyménoptères et névroptères) et bipennia (,\ei diptères): viennent ensuite d’autres subdivisions,'d’après les larves, la forme, la cou-
HISTOIRE ABRÉGÉE
leur, les proportions des parties du corps, ou d’autres particularités dé conformation.
10. Mîeiam (Mademoiselle Marie-Sibylle de) a composé plusieurs ouvrages en bollandois sur Thistoire des insectes. Ses œuvres ont ensuite été traduites en latin et en françois, le plus souvent avec les mêmes planches, de 1679 à 1730. L’histoire des insectes d’Europe, publiée infolio, à Amsterdam, se compose de 184 planches enluminées. La dissertation ayant pour titre, Erucarum ortus, alimentum et paradoxa metamorphosis , publiée à Amsterdam, en 1718, comprend 5o planches. Il y a encore plusieurs autres ouvrages , entre autres celui qui a pour titre, Metamorphosis insectorum Surinamensium , qui a paru en 1706. Tous ces ouvrages sont principalement recherchés des amateurs ou des bibliomânes pour la beauté des planches, et surtout pour leur rareté, ajant été tirés à un très-petit nombre d’exemplaires.
11. Anioike de Lecwebuoeck a principalement étudié les insectes ou leurs parties à l’aide du microscope. L’ouvrage dans lequel il a consigné ses observations, formant cinq petits volumes 10-4.", est intitulé: ./ircana naturœ, ope microscopiorum détecta; Delphis , i6g5 à 1721. Les trois derniers sont imprimés à Amsterdam. Toutes les observations sont sous forme de lettres écrites de manière à inspirer beaucoup d’intérêt, quoique un peu longues, comme cela arrive à toutes les personnes qui font des observations minutieuses, et qui croient devoir en publier les procès-verbaux, tet ouvrage est cependant plein de faits sur les larves des lenthrèdes, sur les galles des végétaux produits par diverses espèces d’insectes très-bien décrites ; sur les fourmis, les abeilles, les cousins. On y trouve une description du pou, très-curieuse, même après celle de Swammerdam ; l’histoire de la mouche commune, de la puce, etc. Mais les objets sont décrits presque au h;.sard, suivant les occasions qui se sont offertes. Il n'y a pas d’ordre dans l’ouvrage, ce qui en rend la lecture fort pénible.
12. Aktohio 'Vai.liskieki a écrit tous ses ouvrages en italien. Le premier , qui a pour titre, Dialoghi soprà la curiosa origine , sviluppi e costumi di varii insetti, a été publié à Venise en 1700; mais toutes ses recherches sont recueillies dans ses OEuvres, qui forment trois volumes petit in-folio, avec beaucoup de planches fort bien gravées. Les insectes les plus curieux, ou ceux qui y sont le mieux décrits et pour la première fois, sont les suivans : le fourmilion, Tichneumon, la guêpe menuisière ou xylocope, l’œstre hémorrho'idal, le nasal, le
DE l’entomologie.
eriocère rouge du lis, la mouche à scie ouhylotome du rosier, la puce, le kermès, le charanson du blé ou la calandre. En général, cet ouvrage joint à beaucoup d’érudition un art admirable dans la manière d’observer.
13 . John Rai n’a pas publié lui-même ses ouvrages, étant mort trois ans avant que Lister en eût donné une édition, en 1710, sous le titre A Historia insectorum , in-4.‘’ Cependant il avoit publié, en 1706, une petite feuille in - 8.°, qui a été réimprimée comme le prolégomène de
I ouvrage ci - dessus mis au jour par Lister. Cette brochure in-S." avoit pour titre, Methodus insectorum, seu insecta in methodum aliqualem digesta. C’est le premier ouvrage méthodique sur l'entomologie, comme pour tons les animaux dits vertébrés. Nous l’avons fait connoître à l’article de Lister.
14. Eléazak Albiw, peintre anglois, a publié son ouvrage sous le
titre d’Histoire naturelle des insectes d'Angleterre, A naiural Bisiory °f insects, with notes and observations hy TV. Derham. Cet
ouvrage n’est estimé que pour les figures coloriées, qui sont au nombre de 100 planches, et fort exactes.
15 . Réaumur (René-Antoine Ferchault de) a écrit l’un des ouvrages les plus importans pour les observateurs de la nature; il est composé de six volumes in-4.°, qui ont paru de 1784 à 1740, sous le titre de Mémoires pour servir à l’histoire des insectes. L’auteur s’y est acquis une gloire immortelle pour l’art et la patience avec lesquels il a scruté les mœurs de ces animaux, afin de les dévoiler à ses lecteurs. Des planches fort exactes accompagnent ses descriptions. Il est à regretter que la méthode n’ait pas présidés l’arrangement des faits et des détails, qu’il est fort pénible de chercher dans un ouvrage d’aussi longue haleine.
II paroît que son travail devoit être continué. On assure même que le manuscrit du septième volume, prêt à être livré à la presse, ne l’a jamais été. Il nous est impossible de présenter une analyse de cet ouvrage immense, qui comprend 3672 pages, et qui est orné de 267 planches in-4.“ doublées. Nous en avons profité dans la plupart des articles du Dictionnaire des sciences naturelles, et nous le citons fortsouvent.
16. Albert Seba , apothicaire à Amsterdam, avoit recueilli beaucoup d’insectes, qu’il avoit achetés pour en orner son cabinet, dont il adonné la description en quatre volumes in-folio, avec figures. La plupart des espèces figurées sont étrangères; mais il y en a beaucoup qui sont citées par les auteurs comme prototypes, quoiqu’on général les dessins soient
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grossiers, et les couleurs presque constamment fausses et mal distrîhuées, même d’après la description qui accompagne les planches. Les quatre-vingt-dix-neuf planches du tome troisième, en particulier, sont entièrement consacrées à la représentation des insectes, la plupart d’Amérique, de Surinam et de Ceilan.
17. Charles Lihmé , Suédois, professeur à Upsal , fondateur des
méthodes et de la nomenclature dans toutes les parties de l’histoire naturelle, principalement en botanique et en zoologie. Ce n’est pas à nous de juger ici cet homme célèbre, dont le nom se rattache d’une manière si éclatante à toutes les branches de la science; nous indiquerons seulement le mérite principal de Linné, qui est dans la méthode, les considérations générales, et dans le mode uniforme du développement des caractères et de fa description. Ses ouvrages, qui ont paru de 1735 à 1770, ont subi dans chaque édition de grands changemens, et par conséquent ils ont offert des améliorations et des perfectionnemens successifs. Ainsi, dans les premières éditions du Systema naturœ, dont Lyonnet a fait une critique judicieuse dans les notes qu’il a ajoutées à la Théologie des insectes de Lesser ( livre 1.", chapitre 3), on voit que Linné divisoit les insectes en sept classes générales : 1.“ les
espèces à élytres ou ailes couvertes, comme les scarabées ; 2.° celles qui ont les ailes découvertes, comme les papillons, les demoiselles, les guêpes, les mouches; 3.° celles qu’il nommoit demi-ailées, qui n’ont pas toutes des ailes, ou qmi les portent sans étuis, comme les sauterelles, les fourrais, les punaises, le scorpion aquatique; 4.° les nonailées, comme le cloporte, les millepieds, le pou, la puce, etc. Les trois autres classes comprenoient tous les autres animaux sans vertèbres, que l’auteur regardoit alors comme des insectes ; savoir : la 5.', les vers de terre lombrics, les tænias , les sangsues ; la 6.^ les animaux mollusques à coquilles terrestres et aquatiques; la 7.', enfin, les zoophytes , comme les oursins, les astéries, orties de mer ou méduses, etc. Mais par la suite, et surtout dans la 12.” édition, qu’il publia luimême, en 1768, il réforma ce premier arrangement, et nous retrouvons sa classification en sept ordres, d’après les ailes, et sous les dénominations que nous employons encore , en y intercalant un second ordre, celui des orthoptères. Charles de Villers a publié à Lyon, en 4 volumes in-8.° et en latin, une entomologie d’Europe, d’après la méthode Linnéenne.
18. Jeak-Léobard Frisch a publié, de 1780 à 1766, une description
DE l’eNTOMOLOGÏE.
lies insectes d’Allemagne, qui forme treiie caliiers in-4.'’, avec trentehuit planches, souvent citées par les auteurs. Le texte est allemand ; Beschreihung von allerley Insehten in Deutschlar.d.
19. George Edwards, peintre anglois , a donne de très-bonnes figures en couleur de beaucoup d’insectes étrangers et européens, dans les sept volumes 10-4.” qu’il a publiés, soit avec ses Oiseaux rares, soit dans ses Glanures d’histoire naturelle.
20. Augbste-Jean Roesel de Rosekhof , observateur exact et peintre habile, de Nuremberg, qui, outre son admirable ouvrage sur les reptiles batraciens, en a publié un en quatre volumes in-4.°, dont le texte est allemand {Die monatlich herausgegehene Insecten - Belustigung) Amusemens sur les insectes (de .1746 à 1761). Les planches sont au nombre de plus de cent dans chaque volume, parfaitement exécutées et coloriées. L’auteur entre dans beaucoup de détails sur les métamorphoses, les mœurs, la structure. Cet ouvrage a été continué par Kleeman, gendre de Rœsel. On ne connoît pas encore complètement en France les faits que les planches indiquent, parce que ce livre n’a pas été traduit.
21. Charles Bomet, Genevois. A vingt ans, en 1740, il publia son beau Mémoire sur les pucerons, et beaucoup d’autres observations sur les insectes, qui sont en grande partie réunies dans sou Traité d’insectologie; Paris, 3 vol. in-12, avec 8 planches. Toutes ses recherches sont en outre consignées dans ses OEuvres, 9 vol. in-4.°, avec Cg.,1779. C’est un des meilleurs observateurs.
22. Jacob L’Admiral a publié, en 1740, un ouvrage, en hollandois, sur les papillons , sous format in-folio. Il y a vingt-cinq planches coloriées qui sont fort estimées.
23. Le Baron Charles de Géer, Suédois, peut être considéré comme 1 un des principaux entomologistes. Ses ouvrages sont en même temps très - méthodiques et remplis d’observations. Quoique, imprimés à Stockholm, ils sont écrits en françois et forment huit volumes in-4.”, avec 226 planches. Ils portent le titre de Mémoires pour servir ii l’histoire des insectes. Ils ont paru de 1752 à 1778. Le second volume n a été publié qu en 1771 : c’est une particularité remarquable par le fait que voici. L’auteur, n’ayant pas placé, comme il l’espéroit, le premier volume, prit le parti d’envoyer en présent tous les volumes suivans à ceux qui avoient fait acheter le premier, et il ne fît tirer les sept derniers volumes qu’à un très-petit nombre d’exemplaires.
HISTOIRE ABRÉGÉE
Les mémoires île Degéer ont beaucoup d’analogie avec ceut de Réaumnr; mais ils sont rédigés avec beaucoup plus de méthode, surtout les cinq derniers volumes. On trouve dans le premier seize mémoires sur les chenilles, et un dix-septième sur les ennemis des chenilles et en particulier sur les ichneumons, dont il présente une très-bonne division. Le second volume, divisé en deux parties, est consacré d’abord à l’histoire des insectes à quatre ailes nues ; il est précédé de plusieurs discours généraux sur la demeure, la nourriture, la génération, la transformation des insectes; la classe des insectes à ailes farineuses ; celle des insectes à ailes membraneuses, à bouche sans dents ni trompe, qu’il distingue de ceux qui, ayant aussi des ailes membranéuses , ont des dents avec ou sans aiguillon ou tarière. Dans le tome III se trouvent l’histoire et la description des insectes à quatre ailes, tantôt tout-à-fait membraneuses, tantôt à demi coriaces, et à bec ou à suçoir; enfin, celle des insectes qui correspondent aux orthoptères. Les tomes IV et V comprennent l’hiatoire des coléoptères, rangés suivant le nombre des articles aux tarses. Il faut reconnoître ici que ces volumes ont paru en 1774 et 1776, c’est-à-dire , douze ans après l’ouvrage de Geoffroy, auquel on doit l’observation de l’excellent caractère tiré du nombre des articles aux tarses. Le tome VI est consacré à l’histoire des diptères et des kermès, qui forment la 9.® et la 10.' classe. Enfin dans le VIL' volume se trouve l’histoire des aptères. Degéer a donné les meilleures bases de la classification des insectes. Il les a prises dans toutes les parties apparentes des insectes. Nous allons en présenter ici un court aperçu, que nous emprunterons à l’extrait qu’en a donne Retzius en un petit volume in-8.°, Leipsic, 1783, sous le titre de Généra et species insectorum.
Degéer a rapporté les 1446 insectes qu’il connoissoit, à 100 genres, qui correspondent à quatorze sous-ordres et à deux sous-classes principales , les insectes ailés et les aptères.
Les insectes ailés ont ou quatre ailes nues (Gyjikopteba) , ou deux ailes sous des étuis (Vagikata), ou deux ailes seulement (Diptera).
Les Gymiîoptères forment cinq sous - ordres : Les lépidoptères , qui ont quatre ailes farineuses et une langue en spirale; ce sont les genres Papillon, Sphinx, Adscite, Ptérophore, Phalène. Les ag/o«eA {elinguia), qui ont quatre ailes nues, ni bec, ni dents; telles que les phryganes, les éphémères. Les névropteres, qui ont quatre ailes nues, égales entre elles, en réseau, la bouche dentée ; comme les libelles, hémérobes.
DE l’entomologie.
fourmilions, perles, panorpes , raphidies. Les hyménoptères, qui ont quatre ailes nues, inégales, avec des nervures longitudinales; la bouche dentée ; l’anus le plus souvent aiguillonné : comme les abeilles, les nomades , guêpes, sphèges , chrysides, sirèces, ichneumons, cynips, tenthrèdes et fourmis. Enfin les siphonés, qui ont quatre ailes membraneuses et un bec plié sous le corselet, comme les tbrips, les pucerons, les cochenilles, les cigales.
Les insectes à étuis, VAciNts, se rapportent à trois sous-ordres, les hémiptères, les dermaptères et les coléoptères.
Les hémiptères ont deux gaines ou étuis à demi coriaces ou demimembraneux , croisés ; deux ailes membraneuses et un bec sous la poitrine : tels sont les punaises, les nèpes.
Les dermaptères portent deux gaines coriaces en forme d'ailes ; deux ailes membraneuses , et leur bouche est garnie de mâchoires^ on y rapporte les mantes, sauterelles, criquets, gryllons, blattes, perce-
Les coléoptères ont deux étuis durs , couvrant deux ailes membraneuses , et la bouche dentée. C’est la division la plus nombreuse. Presque tous les genres de Geoffroy s’y trouvent rangés aussi par le nombre des articles aux tarses : il en a trente-trois, qu’il est inutile de répéter ici.
Les insectes a deux ailes constituent deux sons-ordres:
I.® Ceux qui ont des balanciers, hallerates; la bouche sans dents, mais avec une trompe : tels sont les genres Mouche, Stratyome, Némotèle. Taon, Asile, Empis, Conops, Bombyle, Hippobosque, OEstre, Cousin, Tipule.
2° Les prohoscidés diffèrent suivant les sexes : les mâles ont deux ailes sans balancier, sans dents, ni trompe; les femelles n’ont pas d'ailes, mais une trompe sous le corselet.
La seconde sous-classe des insectes, celle des Aeières, se divise en deux grandes sections ; l’une qui comprend la puce uniquement, qui subit des métamorphoses, sauteurs et suceurs; l’autre comprend les aptères, marcheurs (gressori'a), et se subdivise en trois ordres ; savoir:
i.° Ceux qui ont un cou {auchenates), qui ont la tète distincte du corselet, et six pattes au plus; tels que les forbicines, podures, termites, pous, ricins.
2° Ceux qui n’ont pas de cou (airachélies'), qui ont la tête confondue avec le corselet, et six pattes au plus. Ils forment huit genres:
sSj HISTOIRE ABRÉGÉE
Mine, Faucheur, Araignée, Scorpion , Chélifère, Ecrevisse, Crabe et Monocle.
3.° Enfin, les crustacés, qui ont quatorze pattes ou plus, et la tète distincte du corselet, comme les squilles, cloportes, scolopendres et
24. Charles Clerok a publié en suédois et en latin, à Stockholm, en 1757, un petit volume sur les araignées de la Suède, avec six planches coloriées, et un autre ouvrage qui représente beaucoup d’insectes rares. L’ouvrage sur les araignées est estimé. L’auteur a bien observé et bien décrit les mœurs de ces animaux.
2,5. Pierre Lyohwet avoit donné, dès 1742 , la traduction de la Théologie des insectes de Lesser, et il y avoit joint des notes très-savantes, en même temps que des dessins originaux. Il avoit réuni à cette époque les insectes des environs de la Haye, et il se proposoit de les décrire et de les représenter ; mais il ne publia son admirable Traité de ta chenille qui ronge le bois de saule qu’en 1760. C’est un ouvrage de 615 pages, avec 18 planches en cuivre, gravées par l'auteur même. Ce chef-d’œuvre d’exécution, de patience et d’adresse, a placé Lyonnel à la tête des graveurs et des anatomistes. C’étoit un génie rare. Il parloit neuf langues, et possédait beaucoup d’arts d'agrément. Il fut secrétaire des États de Hollande. On règrette que la seconde partie de l’Anatomie du cossus, qui avoit été décrite, dessinée et gravée par lui, n’ait pas été publiée : c’est une grande perte pour la science.
26. Jeau-Awtoine ScopOLi, professeur à Pavie, critique de Linnæus, avoit publié, en >763, son Entomologie de la Carniole en latin. 11 paroît qu’il avoit fait graver une quarantaine de planches pour y être jointes; mais elles sont très-rares, et la plupart des exemplaires qui nous sont tombés entre les mains, en sont privés. C’est dans l’ouvrage intitulé, Introductio adhistoriamnaturalem, Pragœ , 1777, que se trouve exposé le système de l’auteur. En voici l’abrégé. 11 rapporte les insectes à cinq des tribus dans lesquelles il range les animaux. La 4.', les Ltici- FUGES de Swammerdam, qu’il divise en deux nations (gentex): les crustacés, parmi lesquels on voit les araignées, les scolopendres, les cloportes, les forbicines ; \es pédiculaires, comme les cirons, les pous, les puces. La 5.' tribu est celle des Cyiukopières de Geoffroy, qu’il divise en diptères et en tétraptères, qu’il subdivise en aiguillonnés, et ceux qui ont une queue et une chrysalide agile. La 6.* tribu comprend les Lépidoptères de Rœsel ; elle comprend trois nations: les sphinx, les
DE l’entomologie.
phalènes, les papillons. La 7.' tribu, les Pboboscidïs de Réanmur, correspond aux hémiptères, et comprend dfux nations, les terrestres et les aquatiques. Enfin, la 8.' et dernière tribu des insectes comprend les Coléoptères de Frisch (à la page 872) ou de Fabricius (peut-être par erreur typographique, à la page 488), divisés d’abord en aquatiques et en terrestres , ceux-ci d’après la forme des antennes.
Quoique la méthode ou plutôt l’arrangement de Scopoli soit trèsmauvais, surtout pour l’époque où il a été proposé, on ne peut disconvenir que les genres sont assez bien rapprochés entre eux , et que plusieurs ne soient établis sur de très-bons caractères: aussi ont-ils été conservés, ou proposés et adoptés depuis, sous d’autres noms.
27. Geoffroy, médecin de Paris, a publié> en 1762, un ouvrage en deux volumes in-4.°, sous le titre à’Histoire abrégée des insectes des environs de Paris, avec 22 planches en cuivre représentant les principaux genres. C’est un ouvrage très-méthodique et très-commode. Malheureusement l’auteur n’y a décrit que les espèces qui se rencontrent aux environs de la capitale. Les divisions sont à peu près celles de Linnæus, d’après le.s ailes. Cependant les tétraptères à ailes nues, hyménoptères et névroptères, sont compris dans un même ordre. Les orthoptères forment une section seulement dans l’ordre des coléoptères. Le nombre des articles aux tarses, la forme des antennes et celle de toutes les autres parties du corps, ont été employés comme caractères dans l'établissement des genres, qui ont tous été adoptés, au moins quant à la réunion des espèces; car les noms en ont été changés quelquefois. L’ouvrage que nous faisons connoitre ici, est indispensable pour l’étude des insectes. Fourcroy, en 1786, en a publié un petit abrégé en latin, en deux volumes in-i8 ou petit in-12, sous le titre d'Entomologia parisiensis, sive catatogus insectoritm , etc. , et il y a intercalé quelques espèces. 11 a paru aussi une seconde édition de l’ouvrage in-4.”, qui n’en est qu’une réimpression, avec les courtes additions de Fourcroy.
28. Jeak-Christian Scuæffer est auteur de plusieurs ouvrages sur les insectes. Le premier, écrit en latin, n’est qu’un Catalogue des figures des insectes qui se trouvent aux environs de Ratisbonne. ïl se compose de 280 planches, qui forment trois volumes, publiés en 1769. La méthode employée, ou plutôt la dénomination, est celle de Linnæus. Les planches sont belles et exactes : elles offrent surtout des développemens de caractères qui sont d’une grande utilité. Il a aussi publié à part, sous format in-4.°, des Elémens d’entomologie, en latin et en allemand.
HISTOIRE ABRÉGÉE
avec i35 planches, et un Supplément de texte et de cinq planches, qui ont paru en 1777. Quoique les noms des classes soient changés, elles sont à peu près les mêmes que celles de Geoffroy.
29. Martin-Thbake Brükhich n'a publié qu'un très-petit ouvrage sur
les insectes, en danois et en latin; il a pour titre ; Eniomolngia, sistenslinsectorum tabulas systematicas, Hafnice) i 764, avec une planche en cuivre qui représente, au simple trait, les parties caractéristiques des insectes. Dans une courte introduction l’auteur fait connoître la conformation et l'organisation des insectes. 11 présente aussi une clas* siflcation des entomologistes, , qu'il divise ainsi:
I. Entomologues. A. Collecteurs : i.° anciens {patres'), comme Aristote, Pline, Dioscoride; 2.“ commentateurs, les mêmes; 3.“ ichniographes ou figuristes, tels que Goedaert, Hoefnagel , Mérian, Vallisnieri , Albin , Frisch ; 4.° métamorphosistes , Swammerdam ; 5.° descripteurs , Rai, Linnæus ; 6." monographes. Lister, Schaeffer, Clerck; 7.° curieux, Catesby,Mérian, Strom, Pontoppidan; 8.” muséographes, Linnæus, Poda ; 9.® topographes, Mérian, Albin, Frisch; 10.° voyageurs, Marcgrave, Rumphius, Sloane, HasseL quist, Osbeck. — B. Les Méthodistes, qu’il divise, i.“ en philosophes, Swammerdam, Réaumur, Degéer, Linnæus; 2.° systématiques, les mêmes ; 3.® nomenclateurs.
II. Entomophiles : 1.® anatomistes, Malpighi, Swammerdam, Leuwènhœck , Lyonnet, etc.; 2.® médecins, Dioscoride, Galien, Aldrovandi, Mathioli, Glauber, Dale, etc.; 3.® mélangistes {miscellanei), Bochart, Lesser, Derhan, etc.
Tiennent ensuite les tables systématiques et analytiques, qui mènent à la détermination des genres et sous-genres par la considération successive et comparée des diverses parties du corps des insectes.
30. PiERRE-SiMOK Pallas. Nous ne citons ce célèbre naturaliste que pour le petit ouvrage in-4.® publié à Erlangen, en 1781, sous ce titre: Icônes insectorum, prcesertim I{ossi{e Sibiriœtjue peculiarium.
31. Jean-Baptiste Scbluga a donné des Élémens d’entomologie, à Vienne, en 1766. C'est un petit volume en latin, où l’on remarque beaucoup d’ordre et de précision. Il y a deux planches en cuivre pour représenter les caractères. L’auteur a proposé quelques dénominations qui ont été approuvées par Fabricius ; telles sont en particulier les synonymes latins des noms de classes de Linnæus : vaginantia, semi-vaginantia, farinacea, reticulata, venosa, lialata, nuda.
DE l’entomologie.
3a. Dru Drury a publié, avec un texte anglois et françois formant trois volumes in-4.'’, ornés de 168 planches en couleur, un très-bel ouvrage qui a pour titre : Illustrations of natural history, wherin are exhibited Jigures of exotic insecis. La plupart de ces insectes sont des papillons et des coléoptères.
33. Erkst et Ekgramelle. Le père Engramelle, moine augustin, a décrit, et Ernst a peint^d’après nature, un bel ouvrage qui a paru à Paris, sons format in-4.°, de 1779 à 1790, sous le titre de Papillons d Europe, en sept volumes, avec environ 3oo planches. En général les planches représentent l’insecte sous les trois états. Le texte est peu estimé.
34. Pierre Cramer, d’Amsterdam, a publié en bollandois et en françois 400 planches de papillons exotiques des trois parties du monde. C’est un ouvrage magnifique pour la netteté et l'élégance des figures. 11 est très-recherché des amateurs d’histoire naturelle.
35. JeaksChristiah Fabricius, professeur à Kiel, en Dauemarch, mort en 1807, a 1 âge de 65 ans, a publié un très-grand nombre d’ouvrages sur les insectes. A l’exception de quelques dissertations , ses écrits sont en latin. Il a surtout excellé dans l’art de décrire. Malheureusement il n’a point dessiné ni donné de figures des espèces qu’il décrivoit ïour la première fois, de sorte qu’il s’est glissé beaucoup d’erreurs et de doubles emplois dans le nombre de celles qu’il a fait connoitre. Ses genres ont été établis d’après un système particulier, qui s,’est perfectionné successivement, il est vrai, mais qui est devenu beaucoup plus minutieux et difficile, à mesure qu'il s’appliquoit à un plus grand nombre d’espèces. Les seules parties de la bouche lui ont présenté , dans les modifications, non-seulement les caractères des ordres, mais même ceux des genres. La difficulté qu’il y avoit à distinguer les espèces par leur seul secours, a fait que l’auteur lui-même s’en est tenu le plus souvent à la description d’une seule espèce, qu’il a regardée comme le prototype d’un groupe qu'il a eu l’art, nous dirions presque l’instinct admirable, de former par une réunion très-naturelle.
Voulant faire adopter son système ingénieux, l’auteur a employé la foible ressource d’exprimer ou de peindre des formes analogues et même semblables par des termes diflérens, et d’éloigner, autant que possible, les genres les plus voisins, afin de faire trancher en apparence les caractères, comme nous l’avons prouvé par des exemples dans la préface de notre Zoologie analytique. Au reste, Fabricius, disciple
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célèbre de Linnæus, n’a adopté la classification artificielle des insectes que parce qu’il a voulu appliquer à l’entomologie le principe de soft maître, de tirer les caractères d’une seule et même partie, comme la botanique l’avoit permis pour le système sexuel, fondé uniquement sur la considération des fleurs. Fabricius ne concevoit pas qu’il pût être fondé un autre système meilleur; aussi dit-il : Quale quæso sfslema, si mox a radice, mox a caule nut a foins , iÿox a floribus caractères desamerenturl La méthode naturelle, presque généralement adoptée aujourd’hui, répond d une manière péremptoire à cette question.
Les ouvrages de Fabricius n’en ont pas moins rendu le plus grand service à la science. Nous allons indiquer les principaux.
Son Système d’après les parties de la bouche, ou les instrumens cibaires, comme il les appelle, a paru, en lyyS, sous ce titre ; Systema entomologiœ, sistens insectorum classes, ordines, généra, species, en un gros volume de 832 pages. Nous n’en présenterons pas ici l’analyse, parce qu’il a été beaucoup modifie par l’auteur dans ses publications subséquentes.
En 1776, Fabricius publia un volume de 3io pages , tout-à-fait systématique, sous le titre de Généra insectorum.
En 1778, il donna un très-petit volume de 178 pages, qui est un de ses plus beaux titres dans la science, quoiqu’il soit à peu près calqué sur le plan d’un semblable ouvrage de Linnæus, relatif à la Botanique; c’est sa Philosophia entomologica. M. Saint-Amand, d’Agen, en a donné une sorte de traduction françoise, ce qui nous a empêché de publier, celle que nous en avions faite nous-même, il y a plus de trente ans, et pour laquelle M. Fabricius avoit eu la complaisance de nous remettre un grand nombre de notes et de corrections, que nous conservons précieusement.
Eu 1781 parut le Species insectorum, en 2 vol. in-8.“, qui renferme la description des espèces; l’auteur, en 1787, y a ajouté deux autres volumes, sous le titre de Mantissa insectorum, sistens eorum species nuper détectas. Ces quatre volumes forment ensemble 1800 pages.
De 1792 à 1796 il publia le même ouvrage, refondu sous ce titre: Entomologia sfstematica et aucta , 4 vol.in-8.°; plus, en 1798, un autre volume de Supplément.
De 1801 jusqu’en 1806 il publia successivement ce qu’il a appelé ses systèmes : Eleutheratorum, 2 vol.; Rhyngoiorum , l'vol.; Piezatorum, 1 vol.; jintliatorum, i vol. Il n’a paru qu’un premier volume des Glossatorum, et il est encore rare en France.
DE l’entomologie.
Voici en abrégé la disposition systématique des insectes , d’après Fabricius. Les uns ont des mâchoires : les autres n’en ont pas. Ces derniers sont les glossates, comme les lépidoptères, qui ont une langue en spirale; les rhyngotes, comme les hémiptères, qui ont un bec articulé; les antliatas, comme les diptères, qui ont une trompe ou un
Les insectes qui ont des mâchoires, ou n'en ont que deux, ou en ont un plus grand nombre ; ils forment deux grandes sections.
A la première sont rapportés :
1. ° Les éleuthêrates, qui ont les mâchoires nues, composées, palpigèrcs ; tels sont les coléoptères.
2. ” Les ulonates, qui ont les mâchoires simples, découvertes , palpigères, surmontées d’une galète; ce sont les dermaptères on orthoptères.
3. " Les synistates, qui ont, comme les éleuthêrates, les mâchoires découvertes, mais réunies, à la base, à une lèvre palpigère : ce sont la plupart des névroptères.
4. ° Les odonates, qui ont les mâchoires cachées , simples ; les lèvres sans palpes : telles sont les libelles.
5. ° Les piézates, dont les mâchoires, comprimées, alongées, engainent une lèvre palpigère : ce sont les hyménoptères.
6. ° Les mitosates, qui ont deux mandibules composées, deuxmâchoires et deux palpes distinctes , ou soudées et réunies avec la lèvre ; ce sont les myriapodes ou millepieds.
7. ° Les unogates , qui ont deux mandibules en pinces sans lèvre supérieure : tels sont les aranéides ou acérés.
Trois ordres offrent l’existence de plusieurs mâchoires : ce sont les polygnathes , les exochnates et les kleistagnathes. Le premier seul comprend les cloportes et autres genres voisins ; il réunit aussi les monocles, qui sont de véritables crustacés, ainsi que les crabes et les écrevisses, que Fabricius a décrits comme des insectes.
36. El'gèke-Jean-Christophe Esper a publié, de 1777 à 1786, à Erlangen, quatre volumes in-4.° sur les lépidoptères d’Europe, Europdische Schmetterlinge. C’est un ouvrage très-eslimé et fort recherché pour les figures coloriées, qui sont très-exactes et parfaitement exécutées.
37. Gaspard Stole , d’origine hollandoise, a donné la description en cette langue et en françois, en même temps que les figures, des lépidoptères , des orthoptèies et surtout des hémiptères. Les deux derniers ouvrages sont très-précieux comme monographie, ou plutôt comme une
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collection de très-bonnes figures; car il y a peu d'observations ^ et surtout un défaut de synonymie qui ne peut être rétabli que par des entomologistes déjà instruits.
38. François - DE-Paule Schkanck a publié, sous le titre modeste de Catalogue des insectes d’Autricbe (Enumeratio insectorum yiustriœ iiidigenarum); Vienne, 1781, in-S.”, un très-fort volume avec quatre planches en cuivre qui représentent, pour la plupart, des insectes de la famille des cirons et des ricins. L’auteur a suivi à peu près la classification linnéenne, en omettant exprès l’ordre des lépidoptères, dont son compatriote Schiffermüller venoit de faire l’histoire. Cet ouvrage est principalement estimé à cause des soins que l’auteur a mis à la synonymie et à la description exacte des espèces, dont, à l’exemple de Geoffroy, il a constamment indiqué les dimensions d’après une échelle qui se trouve à la fin de l’ouvrage.
39. Jeam-Népomucèke de Laichartinc a décrit en allemand les insectes du Tyrol, en 2 vol. in-8.°, imprimés à Zurich. 11 paroît qu il n’a publié que les coléoptères. 11 est souvent cité par les auteurs allemands. Herbst a continué ce travail en 10 volumes in-ff.”, avec un atlas de planches coloriées.
40. Charles-Pierre Thunberg, professeur à Upsal , après avoir voyagé au Cap et au Japon, a fait publier, dans des dissertations soutenues par de'jeunes docteurs à l’Académie d’Upsal , la description de beaucoup d’insectes de Supde. 11 y en a une, entre autres, qui a pour titre : Caractères generum insectorum, qui fait partie du 7.'volume des Actes de l’Académie , et qui a été réimprimée à Cœttingue, en 1791, avec des annotations de Meyer. On y trouve de très-bons caractères tirés de la conformation générale, et l’établissement de plusieurs genres nouveaux, entre autres de ceux de la manticore, du colliure, etc.
41. Aktoike-Clilladme Olivier a publié deux ouvrages principaux; l’un est la partie des insectes dans l’Encyclopédie méthodique , 4 vol. in-4.'’ ; l’autre est son Histoire naturelle des coléoptères, sous le titre A’Entomologie, en 4 gros vol. gr. 10-4.°, avec des planches enluminées, publiée d’abord en 1790 et années suivantes, interrompue ensuite, et continuée en 1808, époque à laquelle a paru le quatrième volume, partagé en deux parties. Ce dernier ouvrage est parfaitement exécuté. Toutes les espèces de coléoptères connues sont décriteset figurées, surtout dans les trois premiers volumes. Dans le quatrième, le nombre de celles qui ont été rapportées aux genres étant devenu trop considérable.
DE l’entomologie.
aSg
l’auteur n’a pu suivre son premier plan, en particulier pour la famille des chrysomèles et celle des charansons. Quoi qu’il en soit, l Entomologie d’Olivier est le principal ouvrage sur l’ordre des coléoptères. Les planches sont disposées de manière que chacune d’elles correspond à un genre dont elle porte le numéro, et il y a autant de planches sous le même numéro que le nombre des espèces 1 a exige. L auteur avoit eu en vue d’ajouter par la suite des planches à l’ouvrage, quand il auroit réuni assez d’espèces pour les remplir. Dans l’Encyclopédie Olivier a suivi la classification de Linnæus, par les ailes, en adoptant cependant l’ordre des dermaptères de Degéer , qu’il a désigné sous le nom d’orthoptères , adopté depuis par les François. On sait que la disposition de l’ouvrage est dans l’ordre alphabétique. Plusieurs auteurs ont contribué à la rédaction des derniers volumes ; MM. Al. Brongniart, Latreille, Desmarets , Godard, etc.
42. Pierre-Akuré Latreille a publié un grand nombre d’ouvrages sur l’en’tomologie , et il les a successivement perfectionnés par l’occasion très-heureuse qu’il a eue d’observer la belle et nombreuse collection du Musée royal de Paris, qui a été confiée à ses soins éclairés. Les titres de ces ouvrages sont:
1. ° Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel; in-8.°, 201 pages; Brive, an V ( 1796).
2. ° Histoire générale et particulière des crustacés et des insectes, faisant suite à l’édition de Bull'on , par Sonnini ; 14 vol. in-8.“, avec figures; Paris, an X (1802—i8o5).
3. ” Généra crustaceorum et insectorum ; 4 vol. 10-8."; Paris, 1806 et 1807.
4. " Considérations générales sur l’ordre naturel des animaux composant les classes des crustacés, des arachnides et des insectes, avec un tableau méthodique de leurs genres distribués en familles ; in-3.°, i8io, Paris, 1 vol.
5. ° Le troisième volume de l’ouvrage de M. Cuvier, intitulé le Règne animal; 1817.
En outre, la plupart des articles d’entomologie dans la 1." et la 2.* édition du Dictionnaire d’histoire naturelle de Di'terville ; plusieurs mémoires imprimés à part, ou publiés dans les Arnales du Muséum ; VHistoire des fourmis ; sur la Géographie des insectes, ou les climats qu’ils habitent; Sur les insectes vivant en société, etc.
L’auteur a, le premier, eu l’idée de ranger les insectes par familles.
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auxquelles il n^avoit pas donné de noms , et qu'il avoit presque toutes formées de la réunion des genres correspondant à ceux de Linnæus, dont ils étoient un démembrement; puis il donna à ces familles des noms analogues à leur origine : acaridies, acrydiens, andrénètes, apbidiens, arachnides, asellotes, asiliques, bembicites, bombyliers , bombycines, bostrichines, etc., etc., l’auteur voulant, dit-il, s’assurer par ces dénominations la propriété exclusive de l’établissement des principales familles.
M. Latreille ayant successivement corrigé ses ouvrages, voici l’extrait de son dernier travail, inséré, en 1819, à l’article Entomologie, dans le Dictionnaire de Déterville.
Il partage en trois classes les animaux articulés et pourvus de pieds articulés, qu’il nomme ENTOMES ; ce sont: i.° les Crustacés; 2.° les Arachnides; 3.° les Insectes. Nous ne parlerons ici que des deux dernières classes.
Les Arachnides se divisent en deux ordres:
I. ° Les pulmonaires, qui forment trois familles : les aranéides, les pédipalpes et les scorpionides.
2° Les trachéennes, qui composent également trois familles, savoir; les faux-scorpions, les pygnogonides et les holètres.
La classe des insectes forme douze ordres , dont voici les noms : myriapodes, tliysanoures, parasites, suceurs, coléoptères, orthoptères, hémiptères, névroptères , hyménoptères, lépidoptères, rhipiptères et diptères.
Les quatre premiers ordres ne comprennent qu’un très-petit nombre de familles et de genres.
Ordre I. Les myriapodes se partagent en deux familles, les chilognathes et les chilopodes.
II. Les thysanoures, en deux familles également, les lépismènes et les podurelles.