‹ Considérations générales sur la théorie de l'impôt et des dettesChapitre 8 sur 8 · U Produit : 100 setiers en substance · texte numérisé non relu

U Produit : 100 setiers en substance

Bénéfice constant 36

Vendu en fécule , de 3oo a 900 fr. Bénéfice indéterminé.

SEPTIÈME CULTURE: PoiS.

Travaux. Dépens?.

Deux labours , hersage 3o fr.

Fauchage , transport et magasin 20

Loyer, impôt 5o

Fumier 5o

Battage 10

Frais généraux 20

io'j Produit 226

Bénéfice ai

luiTiïJiJ cïltveï. — Vesce d'hiver et de mars.

Travaux. £)/p«ue

Deux labours 3o fr.

Semence 24

Loyer, impôt 5o

Fumier 5o

Frais généraux 20

Le bénéfice entre dans celui des troupeaux. Le terrain y est libre de bonne beure, et sert à la pépinière de colza.

neuvième culture. — Luzerne.

Travaux. D^penaa.

Semence 4 fr-

Fauchage , fanaison 38

Epierrage a

Transport , magasin 10

Rente , impôt 5o

Frais généraux 20

Produit 171

Bénéfice 47

nxiiiiK culture. — Trèjlc.

Tr»T«ax. Dép

eue.

Semence 1 5 fr.

Fumier 5o

Fauchage , fanaison 36

Transport, magasin 10

Loyer, impôt 5o

Frais généraux 20

Produit 190

Bénéfice 9

En revenant sur ce qui a été dit plus haut relativement à ee tableau, on voit ici un produit brut de 84,000 francs, dont la répartition se fait comme il suit :

La rente du propriétaire est de 1 5, 000 fr.

Le bénéfice du fermier est de 12,400

L'impôt 4jOOO

Le salaire du travail 38, 200

Dépense de l'engrais , dans laquelle se trouve la portion crui paie le travail des ouvriers employés à ce service i4,4°°

84,ooo Cette répartition donne lieu à quelques ob-

Dernières servations :i0 sur le bénéfice du fermier, a® sur

observations .,. A

sur le fer-. 1 impôt, 3° sur la rente.

et la' rente. i° Je n'ai porté le bénéfice du fermier qu'à 1 2,4oo francs , n'ayant voulu y comprendre que la portion qui lui revient dans la première valeur des produits directs de la culture; mais dans les exploitations il y a des secondes, des troisièmes valeurs qu'on peut obtenir sur les lieux à l'aide d'une industrie accessoire , d'un facile exercice et d'un produit certain. Ainsi, au lieu de vendre la paille, le foin, les tiges des petites céréales, etc., on les emploie à nourrir le bétail. Au lieu de jSorter au marché les pois, la vesce , on les destine à l'entretien de la bassecour et du pigeonnier. Ainsi la vacherie, la bergerie, l'éducation des poulains, les poules, les œufs, les pigeons, etc., deviennent autant de causes de revenu , qu'on ne peut faire entrer comme éîémens dans le calcul d'une exploitation qui est proposée comme exemple, parce que la mesure des avances du capital et des produits dépend des facultés, du goût et de l'aptitude de celui qui ajoute ces diverses industries à celle de l'exploitation agricole.

Dans le tableau que j'ai sous les yeux, la vacherie, la bergerie et la basse- cour y tiennent une place très-étendue et y présentent des pro-

( l(M I duits fort avantageux. Je n'en tire qu'un moyen de compensation pour l'omission que j'ai faite, dans la discussion qui précède, de l'intérêt du capital dont le fermier a dû faire les avances au moment où il s'est chargé de l'exploilation. Cette compensation est à un haut degré surabondante.

i° Biais ces nouvelles valeurs doivent être prises en grande considération, dans le calcul de la portion qui revient au fisc, dans la valeur des produits de la culture et dans l'usage qui est fait sur les lieux de ces mêmes produits: il v a là un nouveau mouvement de capitaux; la mesure de ces capitaux est, comme je l'ai dit, indéterminée; il se pourrait qu'on l'élevàt à une valeur égale à celle même des capitaux qui servent aux avances de la culture du sol.

J'ai déjà fait remarquer qu'au produit de l'impôt direct qui dans le tableau est porté à 4.000 francs, il fallait joindre celui de l'impôt indirect sur la consommation de 104,000 francs, montant des produits dont la valeur s'était répartie entre le propriétaire, le fermier et les agens salariés de l'exploitation; il convient encore d'y joindre le produit de ce même impôt indirect sur les mouvemens du nouveau capital dont je viens d'indiquer l'emploi. Qu'on juge par ces

( »4a ) simples indications , de l'intérêt que les gouvernemensont à favoriser les bonnes exploitations, et de quelle importance est pour leur trésor tout ce qui tend à l'amélioration des travaux de l'agriculture.

J'en marquerai un dernier exemple dans ce tableau : le bénéfice du fermier n'est que de 36 francs sur chaque arpent cultivé en produit de pommes de terre; mais si à cette culture il joint la facile industrie d'une féculerie, qui ne demande que le travail de râper le fruit et de séparer la fécule du parenchyme et de la partie extractive par de simples immersions dans des baquets pleinsd'eau, le produit s'élèvera de 35 fr. à une moyenne entre 3oo à 900 francs. Et si l'on faisait suivre ce travail de celui d'une distillerie, j'ignore quel serait précisément l'accroissement du bénéfice du fermier. Mais on m'a montré que par les droits que l'état perçoit sur la fabrication des eaux-de-vie, les soixante arpens que le fermier, à qui je dois toutes ces notions agricoles, exploite en culture de pommes de terre rapporteraient plus de 36,ooo francs au trésor, en sus de ses prélèvemens ordinaires. Il ne me reste plus à faire que quelques obser vations sur la rente.

3° La rente est un grand sujet de discussion

( >43 ) parmi les économistes. Adam Smith a pensé qu'elle entrait comme un des composans dans la valeur échangeable des produits; et la plupart des économistes qui l'ont suivi ont soutenu uneopinion contraire. Sur ce point on peut faire une remarque : parmi les nombreux disciples d'Adam Smith, il en est un très-grand nombre qui ont semblé croire que relever une erreur dans les ouvrages du maître, c'était faire faire un pas à la science dont il a été un des plus heureux promoteurs. Mais une erreur a fort bien pu être remplacée par une autre erreur, et la science n'a rien gagné à un tel échange. J'observerai encore que la différence des opinions sur toute sorte de sujets controversés, n'est, le plus souvent , qu'une différence de définition, et ce genre de différence est surtout très-fréquent dans ceux qui appartiennent à la discussion dune science peu avancée.

Dans le sujet que j'examine, il importe avant tout de s'entendre. La rente aurait une mesure tout-à-fait arbitraire de la part du propriétaire, s'il n'y avait dans le pays qu'une propriété, un fermier et lui; celui-ci mettrait en balance le prix du travail de la culture et la valeur des produits, et sur le bénéfice qui en reviendrait,

( '44 ) il ferait telle part qui lui conviendrait au fermier.

Mais il n'en est pas ainsi; il y a clans tout pays un nombre considérable de propriétaires, de propriétés et de fermiers; la mesure de la rente exigée ou offerte doit donc se trouver dans un accord et dans la moyenne de toutes les concurrences; mais ici le travail de la recherche de cette mesure se complique de deux grandes causes d'inégalité; la première est celle de la fécondité plus ou moins grande du sol, et la seconde de la faculté plus on moins productive du travail de l'exploitation ; car le travail est une cause de fécondité comme le sol lui-même, et un bon travail est beaucoup plus productif qu'un mauvais travail.

Il y a , ou du moins il peut y avoir une rente partout où un surplus de produit ressort de la balance entre les prix des travaux et la valeur des produits. Quelque minime que soit la valeur de ce surplus, il peut être partagé entre un propriétaire et un fermier ; et si ce surplus n'existait pas, la culture devrait être abandonnée; car le défaut absolu d'épargne est une cause nécessairement destructive de la propriété. La mesure de toutes les rentes doit donc être diverse

( '45 ) comme la fécondité de tous les sols et la faculté productive de toutes les exploitations , cette mesure n'est pas arbitraire, mais elle ne peut être ni constante ni uniforme. Les bonnes terres peuvent être détériorées par une mauvaise exploitation , et les bonnes exploitations peuvent améliorer les terres les plus stériles. Un fort habile économiste a établi, dans la Bibliothèque de Genève , que la rente des bonnes terres n'était que la différence qui existe entre leurs facultés productives et celles des moins bonnes terres, que la rente de celles-ci n'était que la même différence entre elles et les mauvaises, et que , s'il n'y avait dans un pays que des terres également bonnes, il n'y aurait pas de rente.

Je crois que cet ingénieux écrivain n'a pas tenu assez de compte de la différence des exploitations. Dans un pays où les facultés productives du sol seraient partout égales, la différence des exploitations y porterait bientôt l'inévitable principe d'inégalité qui ne leur serait pas venu de la nature. Le plus bel attribut de l'espèce humaine , est une aptitude de perfectibilité dont la Providence a doté notre intelligence , et qui , par l'empire que nous pouvons exercer sur notre volonté, nous porte sans cesse à sortir des voies de l'imitation, pour aller plus

C '46 ) loin, ou nous élever plus haut, que nos exemples. De là un principe de diversité dans tous nos actes , et d'inégalité dans le résultat de toutes nos œuvres. Il ne peut y avoir deux exploitations parfaitement semblables, et les résultats n'en sont nulle part parfaitement égaux. Dès lors, dans la manière même dont le savant économiste de Genève envisage la rente, la différence dans les exploitations étant une nécessité, il y aurait nécessairement partout et toujours une rente. Mais je crois que son véritable principe est dans le rapport du produit et de la dépense de l'exploitation, et il me semble incontestable, comme le pense également l'économiste recommandable que j'ai cité, que, conformément à l'opinion d'Adam Smith, elle doit entrer pour une moyenne, dans l'appréciation de la valeur de tous les produits du travail.

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