ÉTUDE DES TOXINES
On sait que la plupart des microbes sécrètent des substances de nature alcaloïdique ou diastasique, sur lesquelles l'attention a été attirée, surtout depuis les travaux de Gauthier, Selmi, etc.
Ces produits, véritables poisons pour l'organisme, jouent un rôle primordial dans la production des maladies infectieuses. Le bacille du tétanos a la propriété de produire ces substances.
ÉTUDE DE GE PoIsoN. — Nicolaier avait émis, en 1885, opinion que le bacille découvert par lui agissait en sécrétant dans la plaie un principe toxique spécial.
Ce fut Brieger qui, cherchant à isoler les toxines, réussit dans ses recherches.
Pour préparer des toxines, on fait évaporer le bouillon filtré dans le vide; lorsque la dessiccation est complète, on lave à l'alcool pour lui lever les substances étrangères, puis on dissout ce qui reste dans l’eau, d'où l’on précipite la toxine par l'addition d'alcool ; on obtient ainsi un produit qui, à des doses infinitésimales, donne le tétanos ; 1/6 mm. cc. tue une souris.
MoYEnN D'ISOLEMENT DES SPORES. — Chauffée à une température de 60° à 90°, la toxine est détruite ; pour empêcher le bouillon d’être toxique, il faut le soumettre à cette température qui laisse vivre le bacille de Nicolaier. Le bouillon, ne contenant que des spores et point de toxine, inoculé, donne lieu seulement à un petit nodule.
D'après Vaillard, en lavant les cultures sur un filtre, on enlève les toxines et l’injection est absolument anodine.
PC Sp Vaillard et Vincent ont démontré que les cultures du bacille
de tétanos étaient une diastase.
LES SPORES PURES NE DÉTERMINENT PAS D’INFECTION. — CE QU'ELLES DEVIENNENT. — L'introduction dans l'organisme des spores sans toxines, avons-nous dit, donne lieu seulement à un petit nodule sans déterminer d'infection. Ce nodule s’indure et renferme, six, huit mois, un an après, des spores ca-
pables d’être cultivés à l’étuve.
MOYEN DE RENDRE VIRULENTES LES SPORES PURES PAR L A- CIDE LACTIQUE. — Cherchant à rendre les spores pures, virulentes, Vaillard les délaie dans de l’eau distillée, stérilisée, ajoute des traces d’acide lactique et obtient ainsi des injections positives.
Ilexiste une autre méthode pour déterminer l'infection avec des spores pures.
Cette méthode consiste à rouler un papier filtre que l’on a soin de fermer à une de ses extrémités. Après avoir stérilisé ce petit étui, on y introduit du sable fin stérilisé et on y déverse des spores dépourvues de toxines. L’étui est alors fermé hermétiquement avec de la cire à cacheter. On introduit l’étui en question dans l'abdomen de l'animal, le tout fait d’une façon aseptique.
Les leucocytes, attirés, sont arrêtés par le papier, quelques-uns pénètrent au bout de trois où quatre jours ; les spores, pendant ce temps, deviennent bacilles et sécrètent des toxines qui déterminent le tétanos.
Vaillard, dans les cultures, associe divers microbes qu'il désigne sous le nom de collaborateurs du bacille tétanique. Ce sont le micrococcus prodigiosus et le staphylococcus aureus.
ETUDE DES CONDITIONS DE L'INFECTION NATURELLE. — Pour
GE pes
le développement du tétanos, il faut, non seulement une plaie profonde et anfractueuse, mais aussi cetle association microbienne; c'est ce qui est cause de la rareté de cette maladie. Si la contamination est, en quelque sorte, positive par certaine qualité de terres, telles celles contenant du fumier ou des excréments, c'est qu'elles contiennent des microbes étrangers. Dans les divers cas de tétanos soumis à l’étude, le pus conte-
nait, outre le bacille de Nicolaier, beaucoup d’autres microorganismes.
EXPLICATION DU TÉTANOS SPONTANÉ. — Le-tétanos spontané est expliqué ainsi qu'il suit :
Une plaie insignifiante ouvre une porte d'entrée aux microbes tétaniques, les leucocytes qui devraient les animer sont frappés de mort; les microbes se convertissent en spores qui resteront, par ce fait, à l'état latent jusqu'au jour où, à la suite d’un refroidissement ou d’un traumatisme, l'organisme fléchissant, le bacille tétanique pourra se développer et produire des accidents.