PERSONNELLE
* Le 4 mars 1888, X..., charretier, domicilié et demeurant à Villelaure (Vaucluse), âgé de trente et un ans, travaillant
dans un chantier près de Lourmarin, se blesse légèrement au pouce de la main droite.
La plaie ne fut pas pansée.
Quatre jours après, le malade se plaint de malaise. Un premier médecin appelé constata la présence du tétanos
et se retira de plein gré.
Appelé à ce moment à Villelaure, je constatais à mon tour que le malade éprouvait à la nuque une sensation de raideur douloureuse; les mâchoires s’écartaient difficilement.
Dix heures après, dysphagie évidente, trismus et épistho-. tonos.
8 mars. — Prescription : a) 12 grammes de chloral en vingtquatre heures en potion.
b) Administration d’une solution morphinée à 5 centig. sur eau 100 gr. par cuillerée à café chaque deux heures.
c) Écartement des mâchoires par un coin en bois.
d) Régime : bouillon, quinquina. |
Le 9. — Nuit relativement bonne. Les accidents tétaniques ne sont pas aggravés.
Même traitement.
Le 10. — Nuit bonne; les accès, quoique forts le matin, sont assez distants.
Le 11. — Nuit calme; la tentative d'exécuter le moindre
mouvement provoque chez le malade des contractures et des douleurs très violentes.
Les 12, 13, 14. — Le traitement est continué dans les mê-
1 ee mes conditions ; on peut noter chaque jour une amélioration notable. |
Les 14, 15, 16. — Diminution dans les doses de chloral; Suspension de la morphine,
Toute manifestation tétanique disparaît.
Le 16. — Nous trouvons le malade assis et content de sa guérison.