Considérations Morphologiques Sur Les Ovaires Adhérents
jiu'c l’opinion professée par le savant auteur de la Morphologie, que la production de la Heur est un symptôme de faiblesse et d’épuisement, et au contraire, la division des feuilles un signe fie vigueur I) ?
31. Germain do Sainl-Pierre lait a la Société la communication suivante :
CONSIDÉRATIONS MORPIIOLOClorKS SCR LES OVAIRES ADHÉRENTS.
par M. E. «EUHAI* HE SAEViT-PIEKItE (2 .
Dans un article très sommaire ayant pour titre : Sur la signification morphologique du placentaire voy. \nn. sc. nat., 2 e ' série, t. Xli, p. 373), M. Sehleiden s’exprimait ainsi : « Le véritable ovaire inféré n’est nulle- » ment, formé par des feuilles earpellaires, mais purement et simplement » par l’axe qui se comporte a peu près comme dans le Ficus . Les feuilles ■' earpellaires, dans ces cas, ne servent qu’à former le style et le stigmate ; le » plus souvent meme, la cavité ovarienne de ces plantes est déjà assez eom- » pléteinent formée avant qu’on ne puisse découvrir la moindre trace des » feuilles earpellaires. — A cette catégorie se l’apportent : Asnrinées, » Ombellifères, Onagraires, Composées, rridées, Amaryllidées, Hydrocha- » ridées. — L’épigynie des Rosacées est très différente de celle dont il vient »> d’être question : dans ces plantes, les ovaires sont constitués par de vé- » ri tables feuilles earpellaires. »
Cette opinion, que les parois de l’ovaire infère appartiennent à l’axe, ne fut point adoptée, et l’on continua à considérer les parois de l’ovaire infère comme résultant de la soudure des sépales avec les feuilles earpellaires.
L’observation de divers faits tératologiques m’a conduit à des conclusions analogues, dans certaines limites, à celles de M. Sehleiden. Mais bien loin de trouver, comme eet habile observateur, un système de structure différent chez les Rosacées de celui des autres plantes à ovaires adhérents, je regarde le groupe des Rosacées comme celui chez lequel la structure axiledu tube peut le plus facilement être démontrée.
En effet, chez les Amygdalées et les Potentillées, le tube dit tube co.li chiai est déjà un organe complexe; il se compose des éléments du calice, de la corolle et des étamines. Chez les Rosées et les Agrimoniées, la structure
(1) Morphologie , p. 30 et Ht.
(2) Dans la dernière séance (à laquelle j’ai le regret de n’avoir pu assister), un de nos confrères, M. Payer, a communiqué à la Société le résu liai de ses observations sur la structure des ovaires infères ou adhérents. Comme je me suis occupé d'études relatives au même sujet, je crois devoir exposer brièvement à la .Société le résultat de mes propres observations. Ces observations seront publiées ht ojctiuiso dans mon Traité de TéruloUtgîo rétjètnU*.
OÜZl SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE »■ RANCE,
reste à peu pies la même, seulement le tube dit ealieinal se rétrécit à la goi-oe et embrasse étroitement le carpelle ou les carpelles libres dont les styles ou les stigmates sont seulement exserts. Enfin, chez les Pomacées, le tube dit ealieinal se compose des mêmes éléments que dans les cas précédents, et, de plus, de l’élément carpellaire. aussi intimement uni aux précédents que ees cléments l’étaient entre eux.
Or, ce tube dit ealieinal, et qui est composé chez les ovaires adhérents des éléments de tous les organes appendiculaires de la fleur, ce tube, dis-je, constitue , selon moi, un organe de nature axile; un axe étant , selon une théorie dont je cherche à démontrer l’exactitude, le résultat des productions inférieures ou décurrences des feuilles , décurrences unies entre elles par une masse de tissu cellulaire qui remplit les interstices et se produit dans tous les sens , tandis que les productions vasculaires qui prolongent les feuilles pour constituer une partie de l’axe se produisent de haut en bas .
Cette manière d’envisager la nature de Vovaire adhérent est une sorte de trait d'union entre l'opinion admise et qui consiste a considérer le tube comme appartenant au calice, et l’opinion qui consisterait a voir dans le tube un axe, abstraction laite des éléments appendiculaires de la fleur.
Déjà, eu 1852, à l’article Calice de mon Dictionnaire de Botanique , j’ai insisté sur l’analogie qui existe entre le tube de la fleur, dans la disposition périgynique, et le tube de la fleur au niveau de l’ovaire dans la disposition epigynique (analogie si évidente chez les plantes à ovaire dit semi-infère ou semi-adhérent), et, considérant ce tube comme de nature axile, j’ai etc conduit a admettre, que l’insertion des pétales et des étamines sur le tube dans les cas de périgynie est une insertion réelle et non une insertion seulement apparente.
Il y aplus, poussant le même principe jusqu’à ses extrêmes conséquences, j’ai dù regarder comme une tendance a la formation axile l’union isolée des étamines et des pétales, considérant comme tendant a constituer un axe toutes les parties qui résultent de la soudure face contre face des verticilles concentriques d’organes appendiculaires.
M’exposerai brièvement ici quelques-unes des observations sur lesquelles j’ai basé mon opinion. Le genre Basa m'a fourni plusieurs faits concluants. Dans une première anomalie assez fréquente, les sépales qui surmontent le tube sont constitués comme des feuilles eaulinaires foliacées complotes, et le tube conscne la forme normale et le volume ordinaire; il est e\ident que, dans ce cas, le tube n'est point formé par le calice proprement dit, et rien ne s’oppose a ec qu’il soit considéré comme un ensemble résultant de la déeuiTcnce du calice, de la corolle et des étamines.
Dans une deuxieme anomalie, qu’il n'esl pas rare de rencontrer, la lleur p.'iigyue du K osier re\èt les caractères d’une fleur bypogyne : les sépale sont genéialemcnt transform.s dans ee cas en véritables feuilles foliacées,
îSKASCt: n: S iîkcempüe 1854. 305
les pétales et les étamines naissent à la hase des sépales foliacés et les carpelles constituent un capitule saillant comme celui d’un Potentilla . /Uni* ce cas ihypoyyme) te tube un pas sa raison d'être ; en effet, la dêcurrence s effectue alors comme chez les axes feuilles ordinaires , c'est-à-dire ouf ouidu (issu cellulaire axile central. — Dans les cas de périyynic et d'epiyynie , au contraire, la dêcurrence a lieu au-dessus du point d'arrêt de ce tissu cellulaire axile, lequel est alors épanché seulement entre les couches décurrcntes auxquelles il sert de moyen d'union , mais ne remplit pas le vide central; de cette disposition résulte le tube dit cahcinal qui remplace ou continue alors le cylindre plein caulinaire.
Dans une troisième anomalie, des feuilles bractéales ou des sépales surnuméraires sont insérés à diverses hauteurs sur le tube: on peut en cont lure que le tube participe à la nature axile, car, à de bien rares exceptions près, les feuilles naissent, sur des axes.
Dans une quatrième anomalie fort curieuse (dont je présente la figure à la Société), le calice n'est pour rien dans la formation du tube, car le tube est supérieur a l’insertion des pièces calicinaies. Le tube, qui, dans ce cas, est évidemment, une prolongation de l’axe du pédicelle, dont le sommet constitue une sorte de godet, m’a paru constitué par les déeurrences des pétales, des étamines et des carpelles unies par le tissu cellulaire axile.
Or, si l’examen de ees diverses anomalies démontre que, chez le Rosier, le tube dit caiicinal peut appartenir partiellement ou ne pas appartenir au calice et qu’il est le résultat des déeurrences réunies des divers organes appendiculaires de la ileur soudées entre elles par le tissu cellulaire axile, on ne peut, selon nous, se refuser a admettre que, dans les autres cas de périgynie et dans le cas d’épigynie, le tube dit caiicinal présente la meme structure.
Une autre série d’observations (1) faites chez les Pomacées m’ont conduit au même résultat ; j’ai plusieurs fois rencontré, et d’autres botanistes ont pu également observer des poires dites prolifères, c’est-à-dire dont le sommet donne naissance à un second fruit. Dans d’autres cas, la poire prolifère se termine par une rosette de feuilles ou mémo par un rameau feuille. Si, dans ces différents cas on pratique une coupe longitudinal du fruit, on peut constater que la poire inférieure ne présente point de loges, en d’autres termes qu'elle ne renferme point de carpelles; quelquefois le fruit supérieur est presque normalement constitué et renferme des carpelles ; dans d’autres cas où l’anomalie a plus d’intensité, le fruit supérieur tend luimême à la prolifieation, et il ne présente pas de carpelles.
(1) Je n'expose dans cet article (pie les faits lératologicpic.s qui me paraissent pouvoir servir à éclairer la question de la structure de fovaire adhérent ; dans un travail plus général, je ferai intervenir les considérations tirées des faits normaux.
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Le fruit inferieur ne diffère en rien d’une tige charnue; cette tiuo charnue, après n\oîr produit le verticilie de feuilles correspondant aux feuilles calieinaîes, au lien de se concentrer, CDinme chez les Heurs normales, pour produire presque au même niveau, les autres vertici Iles floraux, s’est allongée et a donné naissance, soit à une nouvelle, fleur plus ou moins complète, soit à une production intermediaire entre la fleur et le rameau. — Dans un cas que j’ai recueilli récemment (et dont je présente la figure à la Société), il existe trois de ces fruits superposés, les deux inférieurs tiennent du fruit et de la rosette foliacée; le troisième et supérieur est un fruit presque normal.
Or, si le renflement charnu généralement attribué au tube calcinai est si évidemment de nature axile dans les cas que je présente à la Société, ne doiton pas admettre que, dans les cas d’épigynic analogues, le tube ovarien est de la même nature?
M. Planelion appuie l’opinion qui vient d’être présentée sur la nature axile de l’ovaire inlere, du moins quant à sa partie, externe; mais il ne peut partager la manière de voir de M. Germain de Saint- Pierre relativement à la nature à la fois appendiculaire et axile du tube dit calicinal. 31. Planelion cite à cette occasion les idées émises par 31. Gasparrini sur l’ovaire des Cactées et en même temps ce qu’il a publié lui-même sur les Nympliéacées, dans son travail sur le Victoria régla.
31. Hrongniart demande à 31. Germain de Saint-Pierre s'il adinel, dans la constitution des ovaires infères, la participation d’une paroi carpcllaire ou s'il pense (pic l’axe lui-même forme toute la paroi.
31. Germain de Saint-Pierre répond que, suivant lui, les éléments des feuilles carpellaires entrent dans la composition du tube calicinal au môme titre que les éléments des autres feuilles ou organes appendiculaires de la Heur. En d’autres termes, le tube est constitué par la fusion des décurrenees de tous les organes appendiculaires de la Heur, y compris les feuilles carpellaires. C’est ce tube formé des décurrenees des feuilles de la Heur que 31. Germain de Saint-Pierre considère comme étant de nature axile. Chez les Heurs à ovaire infère les placentas sont une dépendance de ce tube axile, et les carpelles proprement dits sont représentés par la partie libre, supérieure au tube, partie réduite parfois au style et au stigmate.
M. Tréeul rapporte à. cette occasion qu’il a observé au Texas VOpuntia [ragilis. Cette plante présente souvent une succession d’ovaires (parfois au nombre de cinq) qui se surmontent et s’allon-
S KAN CE UK S DÉCEMRUE J S 5 Z|. 307
genl en rameaux atteignant jusqu’à 2 décimètres, (les rameaux ollVeul quelquefois la trace des cavités ovariennes et conservent toujours leur couleur rouge. Si les ovaires tombent à terre, ils poussent des racines adventices et reproduisent la plante comme des boutures (1).
M. Trécul ajoute qu'il a donné a‘u Muséum des greffes d’un Pommier qui croit aux environs de MondouLdcau (Loir-et-Cher), où il i»st nommé Pommier sans fleur .v, et tjiii paraît ressembler au Pommier de Saint-Valéry. Néanmoins cel. arbre Jleurit, mais ses pétales restent verts connue des sépales. Les étamines, réduites à dix, sont toutes transformées en carpelles qui contiennent un ovule souvent ‘ imparfait. Ces carpelles surnuméraires forment un verlieillc audessus des carpelles normaux. La fécondation s'opérant sans doute parle pollen d’arbres voisins, on voit alors deux rangées de carpelles superposées, constituant un fruit double, à deux séries de loges.
31. J. Car dit que la description (pie vient de donner M. Trécul sc rapporte exactement au fruit du Pommier de Saint-Valéry, qu’il a observé lui-même, il y a une vingtaine d’années. C’est le Pyrus tlioica , Willd.
M. Fcrmond fait à la Société la communication suivante :
K Tl T DES SIR LE DÉVELOPPEMENT DES MÉP.ITIIALLES OU ENTRE-NŒUDS DES TIRES,
]>ar M. CH. FEIt MOX1). (Ti ’uisième parlie.)
Dans son mémoire. sur in phytonomie, Cassini fait un raisonnement sur lequel il s’appuie pour démontrer que les méri thaï les ne doivent s’accroître que par le bas, ce qui ne l'empêche pourtant pas d’admettre trois cas bien distincts d’accroissement: 1° celui où le inérithalle s’accroît par le bas; T celui où l’accroissement se fait par toutes les parties à la lois; o° celui ou ect accroissement a lieu particulièrement par le haut. D’un autre côté, tles expériences de Duhamel semblent indiquer que l’accroissement se fait plutôt par le haut. C’est parce qu’il nous a semblé que rien n’était parfai-
(l) M. Trécul ne prétend pas que ce soit là un phénomène ordinaire. Les boulures qu’il a vues avaient c*lé produites par des ovaires jeunes, encore de couleur verte, et qui avaient été détachés sans doute accidentellement. Jamais tous les ovaires de la série ne s’allongent à la fois, et ce n’est que dans quelques cas rares que l'inférieur, et plus rarement encore celui qui est immédiatement au-dessus, acquièrent une longueur anormale. (Note communiquée , u près la séance , par M. Trécul.)