‹ Considérations Particulières et Relations pratiques sur les Accidents VitulairesChapitre 15 sur 18 · LENS · texte numérisé non relu

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tique la ligature à l'aide d’un large ruban, en ne la laissant pas plus de cinq à six heures à demeure ; pour ma part je ne l’ai jamais rencontrée, L’ischémie passagère qui en résulte se dissipe dans l’espace de quelques jours.

6° Les accidents de mammitte sont à craindre si lasepsie et l’antisepsie élémentaires n'ont pas été rigoureusement observées. Le lait est un excellent milieu de culture, la moindre souillure entraîne sa décomposition au détriment de tous les éléments de la glande mammaire.

La vidange de la mamelle devrait donc être complète et fréquente dans le délai prescrit après l'injection d'air, et non pas 24 heures après, comme le préconisent certains auteurs. Le peu de lait renfermé dans le sinus galactofore peut se trouver infecté par voie ascendante, fermenter et provoquer des mammites suppurées incurables.

Néanmoins on a exagéré les précautions aseptiques à prendre quant à l'injection d'air filtré. L'ampoule-filtre de l'appareil Evers ne me paraît pas indispensable aseptiquement, à condition de nettoyer soigneusement la soufflerie et le tube de caoutchouc, dans lesquels le lait se collecte quelquefois par refoulement.

7° Je n'ai observé que deux cas de bronchopneumonie par corps étrangers, d’ailleurs mortels. Survenus tous les deux après une rechute et provoqués par la déglutition non forcée, de breuvages de son, quand la guérison était apparente, IT faut

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croire que la paralysie du pharynx et de l'æœsophage persiste quelquefois même quand la malade: est debout et recouvre l'apparence de la santé. Les symptômes sont : dyspnée intense, naseaux dilatés, haleine fétide par suite de gangrène pulmonaire, mort par asphyxie au bout de deux ou trois jours.

8° J'ai constaté en outre qu'une ou plusieurs atteintes successives de fièvre vitulaire ont une influence sur les affections antérieures à l’état latent cet insoupçonnées, notamment sur les lésions tuberculeuses anciennes, non pas, à mon avis, que les substances toniques élaborées dans la mamelle, introduites dans le courant sanguin réveilleraient les anciennes lésions de tuberculose pulmonaire, et . amèneraient la généralisation de cette affection (je n’ai jamais observé des lésions récentes), mais que les substances toxiques provoqueraient un afflux de sang dans les poumons déjà malades et affaiblis à Pavance; d'où trouble de congestion pulmonaire, broncho-pneumonie et mort par asphyxie.

Les quelques cas que j'ai rencontrés se sont

manifestés sur des femelles âgées, excellentes laitières, en parfait état d’embonpoint, n'ayant jamais donné lieu à une suspicion de tuberculose. Comme bonnes laitières elles étaient conservées par le propriétaire, malgré leur âge avancé.

Voici quelques observations s'y rattachant.

OBSERVATION N° 1 23 janvier 1920, chez M. N., à V. Vache âgée de

13 ans, bonne laitière, en parfait état d’embonpoint, ne pouvant se relever après son vélage, est soignée par le propriétaire pour fièvre vitulaire. Le même jour, la malade se lève, absorbe quelques boissons, mais l’état général laisse à désirer, l’animal est triste, ne rumine pas, les excréments sont secs, miction normale, Appelé le lendemain, je trouve la vache en decubitus latéral complet, triste et somnolente, incapable de toute réaction. La respiration est lente, 7 à 8 par minute; les battements cardiaques réguliers mais faibles. Je diagnostique une rechute de fièvre vitulaire sous la forme comateuse, et procède au traitement ordinaire. La malade ne tarde pas à se relever et est considérée comme guérie dans la soirée, quoique le propriétaire s'aperçoit que sa vache a une accélération démesurée de la respiration. Appelé de nouveau le lendemain, je trouve la malade debout, triste, en proie à une dyspnée intense, les naseaux dilatés, la salive s’écoule en abondance par les commissures des lèvres. Température 39°8; à l’auscultation, murmure vésiculaire très accentué, râles sibilants et bruit de frottement.

La toux fait défaut.

A la percussion, matité et submatité par foyer.

Diagnostic : congestion pulmonaire, avec hépatisation. Traitement : saignée, enveloppements froids de la poitrine, douches rectales froides, puis révulsifs.

La malade a succombé le troisième jour par asphyxie.

A l'autopsie : lésions tuberculeuses des poumons, cavernes calcifiées, disséminées dans tous les lobes pulmonaires surtout dans les lobes diaphragmatiques, tubercules calcifiés sur la plèvre pulmonaire et pariétale avec symphyses et adhérences. Le reste du parenchyme pulmonaire est complètement hépatisé, et gorgé de sang. Les ganglions pulmonaires, légèrement hypertrophiés,

mais non abcèdes, calcification par place, hypertrophie du myocarde, avec teinte feuille. morte. Aucune lésion sur les autres organes si ce n’est ceux observés après la mort.

Le 12 avril 1923, chez M. P..., à C. Appelé pour une vache âgée de 12 ans, en bon état, qui ne peut se relever après le vêlage, je diagnostique une fièvre vitulaire, forme paraplégique, et procède à l’injection d’air; la malade se relève quelques heures après. Le lendemain, le propriétaire me fait demander de nouveau pour la même bête « retombée en fièvre de lait ». Je trouve la

vache en decubitus latéral complet avec tous les signes

de la forme comateuse de la fièvre vitulaire. Mais la respiration est rude et saccadée. Je procède de nouveau à une insufflation mammaire, douches froides sur la tête et stimulants cardiaques. La malade se relève au bout de 12 heures. Le jour suivant je constate une forte dyspnée, les naseaux sont dilatés, la conjonctive injectée et le faciès douloureux. Température 36°7.

A J’auscultation, râles sifflants et murmure vésiculaire très accéléré, matité et submatité à la percussion par foyers, des deux côtés de la poitrine.

La malade ne veut rien absorber, les fonctions digestives sont nulles, pas de défécation, mictions fréquentes.

Diagnostic : congestion pulmonaire.

La vache a succombé dans la nuit à un arrêt du cœur.

J’ai été empêché pour la pratique de l’autopsie; mais léquarrisseur n’a déclaré avoir trouvé le poumon rempli de « cailloux » et noir comme du charbon. J’ai donc conclu à des lésions tuberculeuses anciennes et à l’hépatisation du poumon par suite de la congestion,

— At +.

Le 18 octobre 1924, chez M. L..., à St-S.,, appelé pour une vache âgée de 9 ans, excellente laitière et en bon état d’embonpoint, vélée depuis 24 heures. Je trouve l’animal en decubitus latéral complet, atteint de fièvre vitulaire forme comateuse.

Après le traitement ordinaire, la guérison survient quelques heures après; le lendemain je constate nne rechute sous la même forme comateuse, mais cette fois en place du sommeil la malade est en proie à une forte excitation et une accélération exagérée de la respiration. Température : 39°8. Je procède de nouveau à une replétion d’air de la mamelle, et une saignée modérée. La vache se rétablit dans la journée; mais la dyspnée persiste, les naseaux sont dilatés, il y a de la tristesse, de l’inappétence complète, la conjonctive est cyanosée, les fonctions digestives sont nulles, mictions fréquentes. La dyspnée est plus intense dans les decubitus par suite de la compression pumonaire, aussi l’animal se tient plus souvent debout. Températifre 40°. La toux est rare...

À l’auscultation, murmure vésiculaire très accentué, râles sibilants et muqueux, nombreux souffles; submatité par place, à la percussion. Les jours suivants, malgré les enveloppements froids, les révulsifs, les injections stimulantes, les symptômes pulmonaires graves persistent et il y a hypothermie. La malade présente des tremblements, un faciès agonique, ne tarde pas à se coucher, pour ne plus se relever le quatrième jour.

: À l’autopsie : Tubercules dans les poumons, notamment un dans chaque lobe diaphragmatique en voie de calcification, un autre assez volumineux dans le lobe antérieur gauche, et d’autres petits disséminés dans le réste du parenchyme. Celui-ci, très congestionné, de couleur sombre. Rien sur la plèvre. Les ganglions pulmo-

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