OBSERVATION XVII
Piqüre anatomique à l’autopsie d’une femme morte de pneumonie érysipélateuse. Phlegmon diffus du bras, nécessitant plusieurs incisions.
D..., interne des hôpitaux.
Il y a deux ans, étant externe de M. le professeur Brouardel, il s’'écorcha au bras avec une esquille costale. La malade dont il s'agissait était morte d’une pneumonie par contagion d'érysipèle, et son observation à été publiée par M. Mosny, sous le nom d’érysipèle pulmonaire (Acad. de médecine, 1889). Un streptocoque très virulent existait dans tous les organes, d’après les constatations de cet auteur. Le lendemain, l’éraillure, quoique lavée avec soin, devint le siège d’une douleur violente et s’entoura d’une zone inflammatoire, en même temps que les ganglions épitrochléens axillaires et sus-claviculaires s'engorgeaient.
La zone inflammatoire envahit le lendemain toute la face antérieure de l’avant-bras. Les lissus devinrent durs et douloureux ; en même temps, apparaissaient des phénomènes généraux : frissons, sueurs, soif, inappétence, état saburral bientôt suivi de diarrhée.
Les symplômes se maintinrent ainsi durant cinq jours, malgré les bains phéniqués. Le cinquième jour, fluctuation manifeste. Deux incisions très larges s'étendant à toute la face antérieure de l’avant-bras donnent issue à une grande quantité de pus et à des lambeaux de tissu cellulaire sphacélé.
Les ganglions, toujours douloureux, revinrent peu à peu à leur volume normal, mais l'état général persista encore quelque temps, jusqu’à la guérison complète de l’abcès. Ce ne fut qu'au bout d’un mois que le malade put reprendre ses occupations.