U. — EN MARCHE
Tenue. — Le pantalon de treillis sera porté pendant le jour; les hommes prendront le pantalon de flanelle au coucher du soleil ; le casque sera porté comme en garnison.
Distribution de fébrifuge. - Au réveil les Européens recevront
groupes de la colonne qui avaient été modifiés dans leur composition.
2 groupes comptaient : 2 compagnies indigènes, 1 compagnie de légion étrangère (à 193 hommef») et une section d’artillerie ; soit 261 Européens et 293 indigènes.
Un seul groupe avait : 2 compagnies de légion (soit 390 hommes européens), 1 compagnie indigène.
Une compagnie d’infanterie de marine marchait hors groupe avec les spahis, le génie, l’ambulance, etc. Dans chacune des localités de Cotonou, Porto-Novo,Grand-Popo, on laissa deux compagnies indigènes et quelque artillerie.
Des indigènes servaient d’éclaireurs. Des ouvriers sénégalais faisaient office d’ouvriers du génie, et établissaient les passages dans les marécages 1 ; la Marine avait réuni
une distribution de vin de quinquina quinine (à raison de 15 ù20 cent, de quinine par homme) préparé au moment du besoin.
Cette distribution sera remplacée, pour les indigènes, par une ration de 2 noix de kola.
Eau. — Il est formellement interdit de boire l'eau des puits ou des sources rencontrés en route ; il ne sera fait usage pour la boisson que d'eau filtrée ou bouillie, les eaux terreuses seront alunées avant d'être filtrées.
Soins à donner aux pieds. — Pendant les haltes, les hommes qui auraient les pieds blessés seront présentés au médecin et pansés s'il y a lieu avec de la charpie ou du linge ordinaire. Une caisse de ces pansements spéciaux sera mise à la disposition de chaque groupe.
Pansements. — Chaque Européen sera porteur d’une cartouche de pansement destinée à permettre un pansement provisoire en cas de blessures. Pour le pansement des blessés indigènes, il sera constitué un approvisionnement de 100 cartouches de pansements individuels. Ces pansements seront conservés par les infirmiers de groupe.
Précautions pour la nuit. — Les Européens seront revêtus pendant la nuit du paletot de molleton, du pantalon de llanelle et de la ceinture ; ils ne devront jamais se coucher au contact direct du sol,
Porto-Novo, 6 août 1892.
l.On venait de recevoir 6 jeux de puits tubulaires, 10 filtres Chain-
2 croiseurs, 1 transport-hôpital, 1 canonpière, 4 avisos ; la flottille fluviale était composée de 1 canonnière à roue : l 'Opale, et de -4 chaloupes-canonnières. D'autres renforts étaient préparés au Sénégal : les compagnies de tirailleurs y furent complétées ; une relève de 360 hommes d’infanterie de marine fut préparée et s'embarqua le 1er octobre pour le Sénégal. Tout en étant à proximité des des lieux et prêle à marcher, elle était soustraite à 1'intluence du climat du Bénin.
Opérations . — Le 10 août le ministre donna, par télégramme, liberté au colonel de commencer les opérations à son gré.
Le 17 août 1892 le corps expéditionnaire quittait Porto- Novo à six heures du matin, pour se diriger vers le « Décamé »; le 20 août on s’empara de Takou; le 19 septembre le corps expéditionnaire est attaqué par les Dahoméens à Dogba. L’ambulance avait suivi la colonne: de Takou elle était allée camper à Apro. Quelques porteurs désertent. Le 16 septembre elle ne comptait encore que 20 hommes malades (dont 13 Européens et 7 indigènes). Le 16 septembre le personnel et le matériel de l’ambulance furent embarqués sur des pirogues remorquées par Y Emeraude jusqu'à Dogba. L’ambulance s’installa à Dogba sur un plateau bien ventilé, sous les abris et les tentes Tollet garnies de taras. Elle put recevoir les blessés du 19 septembre qui furent évacués le jour même sur Porto-Novo.
Pour faciliter les communications entre l'ambulance et Porto-Novo, le Dr Rouch, chef de l’ambulance, lit installer quatre grandes pirogues en ambulance fluviale. Malheureusement ces pirogues n’appartenaient pas en propre à l’ambulance, et quand elles n’étaient pas occu-
berland, 600 moustiquaires, 80 voitures Lefèvre, 20 baraques Dœcker une ambulance n° 3, des couvertures imperméables, 550 chapeaux de paille pour les mulets.
pées par les malades elles étaient réquisitionnées par les autres services, de sorte qu’elles n’étaient pas disponibles quand le service de santé en avait besoin. Là encore se faisait sentir la nécessité d’avoir un personnel de porteurs et un matériel exclusivement affectés au service des malades.
Une section de cette ambulance fut détachée pour suivre la colonne qui continuait sa marche en avant le long de la rive gauche de « l’Ouémé ».
Le 2 octobre, le corps expéditionnaire franchissait « l’Ouémé » au-dessous du gué de Towé, et le 4 octobre, après un combat très vif, on s’empara des positions de l'ennemi. Le 6 octobre, le pont du Zouga étail enlevé; les 12. 13, 14 et 13 octobre, des combats sont livrésaux Dahoméens qui défendent le terrain pied à pied, et attaquent furieusement les troupes françaises. A partir du 20 octobre, les opérations entraient dans une phase nouvelle.
La colonne allait quitter « l’Ouémé » pour s’enfoncer dans les forêts. Les difficultés de ravitaillement que, grâce au fleuve, on a pu éviter, vont commencer. On allège la colonne de tout ce qui n’est pas de première utilité. Les abris portatifs, les bagages des oflicrers, la charge des hommes, sont réduits au strict nécessaire.
Chaque groupe emportera 8 jours de vivres dont 1 sur l'homme et 7 à son convoi particulier qui prendra en en outre 8 jours de tafia.
Le convoi administratif avec 130 porteurs transportera 1 jour de vivres.
Dix combats ont été livrés et ont causé des pertes considérables.
Le 13 octobre, le corps expéditionnaire ne compte plus que :
63 officiers,