‹ Considérations su l'histoireChapitre 130 sur 136 · I. Juvénal · texte numérisé non relu

I. Juvénal

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esclaves quelquefois deviennen t des favoris et régnent avec le prince. La platitude du sénat devant les créatures de l'empereur atteint sa dernière limite. L’argent est dieu. La chasse aux héritages devient une profession ; le parasi tisme s’étend comme une moisissure, chaque patron traîne derrière lui une queue de clients, adulateurs faméliques. De la vertu des femmes, n’en parlons pas : Tacite, Sénèque, Ovide, Perse, Juvénal, Martial, Suétone ont tenu registre de ses exploits. Elles se munissent d’esclaves discrets et robustes : elles aiment les larges épaules et tendent aux amours de porte-faix. « Ta femme t’appelle un coureur de filles, elle est elle-même un amate.ur de portelitières ; vous n’avez rien à vous reprocher 4. » Nous avons les laquais. La muèique, les lettres escortent ce convoi funèbre d’une société qui assiste à son propre ensevelissement, et pour se distraire les vivants qui sont morts visitent les régions lointaines; on est épris de voyage parce qu'on est rassasié de soi, amant des pays inconnus parce qu’on étouffe dans le sien. Et l'on ne peut se fuir où qu’on aille!

La société des Césars respirait les miasmes mortels de son àme croupissante. La stagnation est mauvaise et les marais du despotisme, quelque ornés et ravissants qu'en soient les bords, seront toujours malsains à habiter. La malaria romaine fit des progrès rapides, les pestilences morales se répandirent dans l’air et les plus robustes, les plus purs n’y échappèrent point ; on ne peut s’empêcher , de respirer l’air du lieu qu’on habite. Les austères se réfugièrent dans le stoïcisme comme sur un îlot et tentèrent

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