XIX. Nécessité de cette éducation
Quand Dieu donne à Moïse sa loi à porter aux Israélites, ce n'est pas seulement pour qu'ils l'observent , c'est aussi pour qu'ils la transmettent et qu'ils la fassent connaître à leurs enfants (1). Parents chrétiens , il vous charge de la même fonction. Vous êtes, pour les enfants qu'il vous a donnés , les ministres et les prédicateurs du Très-Haut. Et comment la pratiqueront-ils cette loi sainte, si elle ne leur a pas été enseignée ? L'instruction que vous leur devez comprend
(i) Ne obliviscaris verborum qu?e viderunt oculi tui : et ne excidant de corde tno cunctis diebus vitaetnae. Docebis ea filios, ac nepoîes tuos. Dealer. 4 ; g.
Docete filios vestros at illa meditentur. Ibid. ii ; 19-
deux objets, le dogme et la morale, ce qu'ils doivent croire et ce qu'ils sont tenus de pratiquer. Il ne faut pas imaginer que ce devoir soit rempli, parce qu'on^ a fait apprendre à un enfant le symbole de la foi et les leçons du catéchisme. Il est nécessaire de leur en expliquer, de leur en développer les diverses parties. Qu'importe qu'ils répètent, comme des oiseaux quelques paroles que vous leur aurez enseignées? Il faut imprimer fortement dans leur esprit les vérités saintes, et graver profondément dans leurs cœurs les préceptes divins. Vos leçons seront bientôt perdues, si elles ne sont pas souvent répétées. La légèreté naturelle à cet âge lui faitpromptement oublier ce qu'il a appris. Dans ces cervaux tendres les traces se forment et s'effacent avec facilité. Vous ne rendrez durables vos instructions, qu'en les rendant fréquentes. Je dis fréquentes et non pas longues. L'attention de l'enfant est trop mobile pour être longtemps fixée. En lui donnant vos leçons, ne lui en donnez pas l'ennui: assujettissez-l'y, ne l'en fatiguez pas. L'enfance est une plante qui profite infiniment plus de la rosée de tous les matins, que des pluies abondantes qui reviennent de loin en loin.