IV. Illusion de différer la conversion jusqu'à la mort
Adressons-nous d'abord à ceux qui reculent leur conversion jusqu'à la mort. Ils disent que le moment d'abandonner le monde les désabusera de ses vanités. Ils comptent que l'approche de l'éternité leur fera sentir plus vivement l'importance du salut. Ils espèrent que la vue prochaine d'un Dieu prêt à être leur juge , fera sur eux de profondes impressions , excitera leur componction , animera leur ferveur , et leur inspirera tous les sentiments d'une sincère pénitence. Chimérique présomption , d'imaginer qu'on arrivera à une mort sainte par une vie criminelle! Peut-on croire que des personnes , qui raisonnent ainsi, soient de bonne foi avec ellesmêmes ?
Ce n'est pas que nous regardions comme impossible la conversion à la mort. A Dieu ne plaise que , en annonçant les vérités saintes, nous nous permettions de les exagérer. A Dieu ne plaise que nous voulions mettre des bornes à la miséricorde divine. A Dieu ne plaise cjue, par des principes outrés , nous portions le désespoir dans