OBSERVE TION TT
Communiqués: par M. le D° Latrille et recueillie dans Le service de M. le professeur Badal.
B..., Joseph, 2! ans, jardinier à Bordeaux, est entré à la clinique ophtalmologique le ? mai 189? pour une conjonctivite granuleuse double et chronique avec pannus du tiers supérieur de la cornée droite.
Sans antécédents pathologiques, son affection oculaire remonte à 1884, Il était soldat et, se rendant en Tunisie, 1l dormit sur le pont du navire pendant la nuit; il contracta, en même temps que plusieurs de ses camarades, une conjouctivite.
Elle fut double, subaiguë et dura deux mois, sans être accompagnée d'une sécrétion notable.
Guéri, il fit toute la campagne sans incidents et ne vit reparaitre son affection qu’en 1887.
Depuis cette époque, il est régulièrement repris deux fois par an, au printemps et à Pautomne, et vient consulter le professeur Badal ; quelquefois il entre dans la salle et subit une opération nécessitée par son état ou un traitement plus rigoureux
= 198 — et plus régulier que celui des malades externes. Il à ainsi subi à diverses reprises : canthoplastie, péritomies, épilations, cautérisations journalières au sulfate de zinc, au sous-acétate de plomb. Ce dernier sel est celui qu'il préfère; de fait, son application est moins douloureuse et il part généralement très amélioré après trois semaines de traitement. On ne le voit plus qu'à la nouveile poussée.
Voici la description de son état local au ? mai 1892 :
0. D. — Paupière supérieure en demi-ptosis, rétrécissement de la fente palpébrale ou blépharophimosis, pas d’entropion, quelques cils sont incurvés en dedans. La paupière supérieure retournée en dehors avec une extréme difliculté nous laisse voir une conjonctive palpébrale supérieure transformée en tissu lardacé sur lequel proéminent quelques saillies d’un rouge sale de la grosseur d'un grain de mil. Le cul-de-sac supérieur, à peu près conservé, présente cependant plusieurs adhérences fortement tiraillées par la luxation de la paupière. Quelques-unes forment des plis tendant la conjonctive presque jusqu’au limbe cornéen. La cornée est opacifiée en forme de croissant dans son tiers supérieur et sillonnée de fins capillaires très apparents à Ja périphérie. La vision très diminuée > 1/10.
0. G. — Méme état pour la conjonctive palpébrale supérieure ; pas de pannus.
Le 9 mai. — Nous brossons les granulations du côté droit après cocaïnisation. Un coup de ciseaux libère d'abord lPangle externe, le bord libre de la paupière cest saisi entre les mors d’une pince à verrou ct enroulé sur eux jusqu'à ce que le cul-de- Sac apparaisse.
Avec un bistouri convexe nous quadrillons la conjonctive jusqu'au tarse lui-même, en raison de la dureté du tissu qui nous fait craindre que la brosse ne morde pas- Brossage jusqu'à effilochage de la conjonctive, une écaille garantissant la cornée.
Le 10. — (Œdème palpébral considérable, de la sérosité s'écoule par la fente palpébrale. — Pulvérisations boriquées matin et soir. — Lavages au sublimé au 1/500 tous les jours.
Le 13 il n’y a plus de suppuration, la surface est lisse ct usée, le pannus diminue et le malade voit mieux de son 0. D.; jamais aucun traitement n’a si promptement soulagé le malade.
Le 20. — L'amélioration nous est signalée à chaque pansement ; plus de sensation de corps étranger. Le malade réclame le brossage de son autre œil.
Le 30. — On constate une grande amélioration conjonctive lisse, plus de granulations. Le pannus à considérablement diminué.
3 juin. — Brossage léger de 0. G.
9 juin, — Le malade se plaint d'un écoulement intense de 0. D. Cet écoulement de nature purulente date du brossage de 0. D. Le pannus est moins épais et ne
= 00, — comprend que letiers supéricur de la cornée. La sensation de gravier disparue après le brossage est revenue.
L'état de 0. G. est parfait.
15 juin. — L'état de 0. D. est bien meilleur: plus de granulations, le pannus à bien diminué. O. G. guéri.
26 juin. — Sort guéri pour 0. G., presque complètement pour Q. D. dans lequel il y à encore une petite opacilication au bord supérieur de la cornée.
30 juin. — Notre ancien malade à repris son travail de jardinier.
Depuis cette date on ne l’a pas revu à la consultation.
Cette observation se passe de tout commentaire; le 9 mai, notre malade était opéré de son œil droit, et, le 26 juin, il sortait guéri des deux yeux, le gauche ayant été opéré le 3 juin.
Nous reproduisons à la suite quelques observations moins développées que les deux premières, mais qui n'en montrent pas moins
les bons résultats obtenus à l’aide du brossage.
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Communiquée par M. le D*' Latrillle, recueiliie dans le service de M. le Professeur Badal.
P. A... 4? ans, terrassier, entré à l'hôpital le 20 mai 1892. Fait remonter le début de son affection à six mois. À son entrée : conjonctivite granuleuse double, 0. D... : eranulations diffuses et limitées à la paupière supérieure, la conjonctive de la paupière supérieure est hérissée de granulations; aspect lardacé; pannus léger du tiers supérieur de la cornée. Sensation vive de gravier. Photophobie.
0.G..., granulations diffuses, mais légères. Pannus très léger limité au limbe de la cornée.
24 mai. — Brossage de 0. D. Suppuration considérable pendant plusicurs jours.
La conjonctive redevient ensuite sèche, se cicatrise et redevient lisse.
18 juin. — État excellent. Encore une granulation insigrifiante dans l'angle: externe de 0. D.
20 juin. — Brossage de 0. G.
25 juin. — Amélioration très rapide de 0. G.
30 juin. — Sort guéri des deux yeux.