INTRODUCTION
L'avortement criminel connu depuis les Hébreux, remonte plus haut encore, son histoire est celle de l’humanité, sa marche séculaire a été progressive et depuis 1863, c'est une question qui préoccupe les législateurs, les sociologues, les moralistes, les mfdecins-experts, qui tous nous citent des chiffres effarants.
Au lendemain victorieux, cet angoissant problème se pose avec plus d'acuité que jamais. :
C'est une banalité que de répéter avec tant d’ te qué notre victoire, si chèrement payée de sang français, sera sans lendemain si une réaction énergique ne met rapidement un frein à eette immolation.
Ce sujet intéresse tout Français digne de ce nom et c'est un devoir pour tout Français de faire tout ce qui est en son pouvoir pour intensifier cette réaction. Les nombreux travaux publiés jusqu'alors montrent l'importance de la question, les solutions proposées pour la résoudre.ne se comptent pas, partout, dans tous les milieux intellectuels les discussions furent vives à ce sujet. I s’agit en effet d’une « Défense Sociale », la nation est menacée, Ie « MAL », le crime existe, il croît,
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il faut l'enrayer. « Croître ou Disparaître » voilà le douloureux dilemme qui se pose. « Le nombre fait la force » nous l’avons tous vu dans la grande guerre. Ce crime, à côté de la syphilis, la tuberculose, l’aleoolisme, est une des grandes causes de la Dénatalité. Nous n’exagérons pas, à Paris, avant la guerre, on comptait 25 à 30.000 et même 50.000: avortements criminels (1) par an et depuis, ce chiffre s'est élevé. Ajoutons que d'une façon générale, le médecin qui fréquemment en constate et n'est jamais dupe, peut affirmer, après Brouardel, que le nombre des avortements défie tout calcul.
Autrefois l'enfant conçu était protégé : par la peur de l'enfer, par la peur de la mort, par la peur de la peine. Toutes ces craintes ne sont plus aujourd'hui, le monde a évolué, l’aseptie et l’antiseptie sont des causes favorisantes, les Jurvs sont indulgents.
À ce problème social ef moral, nous nous permettons de proposer une solution, nous avons l'espoir d’apporter à quelques points de ce dernier un peu plus de Ju- . mière où tout au moins d’avoir rempli le but dans lequel, notre Maître, Monsieur le Professeur Parisot nous a inspiré cette thèse « L'avortement depuis la ÉTRAUS guerre — Le: « MAL » grandit sans cesse — La lutte s'impose impérieusement à tout médecin soucieux de la grandeur et de la prospérité de sa Patrie ». |
Les documents de cet ouvrage sont puisés dans les dossiers de la Cour d’'Assises de 1896 à 19 20 inclus, mais, le plus souvent que nous le pourrons, nous utili-
(1) ‘Précis de Médecine Légale. 1917. VIBERT, page 448.
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À * serons l'expérience personnelle de Monsieur le Professeur P. Parisot.
Nous ne tiendrons aucunement compte, à propos de l'étude des différents points de l'avortement criminel, de ce qui est écrit dans la littérature médico-légale clas-
* sique, nous n'exposerons que le résulfat de nos propres observations. |
Nous avons divisé notre travail en quatre parties
Dans la première nous examinerons brièvement l'historique et la définition de l'avortement criminel.
- La deuxième partie est divisée en deux chapitres Le premier est consacré à Fétude des deux principales ‘inculpées dans cet acte criminel, l'avortée d'une part, J'avorteuse de l’autre. Nous nous attachons à décrire les milieux différents auxquels l'une et l’autre appar-. tiennent, les mobiles différents qui les poussent à agir ainsi. Nous faisons une description spéciale des ineulpées qui, dans les régions envahies, vivaient sous le joug de l'ennemi. : |
. Dans le deuxième chapitre, nous parlons des différents. moyens employés pour pratiquer l'avortement, puis nous considérons quelques points médicaux-légaux de l'avortement, soit : du laps de temps qui s'écoule à entre les manœuvres abortives et l'expulsion du fœtus, des sensations éprouvées par la femme lors de ces interventions abortives, quelle époque de la grossesse la femme choisit pour se faire avorter, une femme peutele se faire avorter elle-même; nous exposons le dan- Ke ‘ger que court l'avortée pendant et après l'intervention.
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.. La troisième partie est consacrée à la fréquence, à la progression ascendante du erime, à ses conséquences