‹ Considérations sur l'esprit et les moeursChapitre 35 sur 67 · DU PENCHANT DE L'HOMME A ADMIRER TOUS LES GENRES DE PUISSANCE · texte numérisé non relu

DU PENCHANT DE L'HOMME A ADMIRER TOUS LES GENRES DE PUISSANCE

L'idée de la Force, de la puissance en tout genre prévient l'imagination, et attire même ceux qui n'en peuvent attendre aucun avantage. Les femmes les plus vertueuses méprisent les irapuissans. Le maître le plus généreux, le plus humain, voit insensiblement ses valets préférer son fils, séduits par l'attrait de la jeunesse qui présente l'image de la puissance.

L'âge des passions et des talens est l'époque de tous les succès. A cet âge seul on peut inspirer l'enthousiasme et exciter un tendre intérêt. Il faut mourir jeune, comme Alexandre et Germanicus, pour laisser une

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mémoire chère, un nom éclatant, un souvenir agréable. Quand on se figure Mithridate avec une longue barbe, on convient froidement de ses talens et de son courage.

On aime à contempler l'hornme dans toute sa force et dans le moment d'énergie des passions. Les idées de dégradation et de foiblesse diminuent de l'admiration. Une belle femme enlevée à la fleur de son âge, ne présente à la postérité que l'idée des agrémens et des charmes qui faisoient sa célébrité. Ninon qui a été belle et qui a vieilli jusqu'à la caducité, offre l'image d'une vieille femme spirituelle et philosophe, tandis que madame de Montbazon ne rappelle que l'idée de la beauté.

Il est pour chacun un âge pour mourir.

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