‹ Considérations sur l'esprit et les moeursChapitre 64 sur 67 · DU PENCHANT DE L'HOMME A ADMIRER TOUS LES GENRES DE PUISSANCE · texte numérisé non relu

DU PENCHANT DE L'HOMME A ADMIRER TOUS LES GENRES DE PUISSANCE

Udge des passions et des talens est l'époque de tous les succès.

Cf. Montaigne, Essais i, 5? : « Quant à moy, i'estime que nos âmes sont desnouées, à vingt ans, ce qu'elles doibvent être, et qu'elles promettent tout ce qu'elles pourront : iamais ame, qui n'ayt donné, en cet aage là, arrhe bien évidente de sa force, n'en donna depuis la preuve. Les quahtez et vertus natu-

relies produisent dans ce terme là, ou iamais, ce qu'elles ont de vigoreux et de beau :

Si l'espine nou picque quand nai A pêne que picque iamai,

disent-ils en Daulphiné. De toutes les belles actions humaines, à ma cognoissance, de quelque sorte qu'elles soyent, ie penserois en avoir plus grande part à nombrer en celles qui ont esté produictes, et aux siècles anciens et au nostre, avant l'aage de trente ans, que aprez : ouy, en la vie des mêmes hommes souvent. Ne le puis-ie pas dire en toute seureté de celles de Hannibal et deScipion son grand adversaire ? la belle moitié de leur vie, ils la vescurent de la gloire acquise en leur ieunesse : grands hommes depuis au prix de touts aultres, mais nullement au prix d'eulx mesmes. »

Sur la vieillesse, Cf. Sénac, VEmigré : 0 A mesure que l'on vieillit, il faut se concentrer d'avantage dans soi-même, se réduire au bonheur sensuel, et restreindre ses rapports avec les autres, parce qu'on n'en peut attendre que des marques du mépris inné dans le cœur de l'homme pour tout ce qui décèle l'impuissance, et que la vieillesse est la plus grande des impuissances. »

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