Drame d’Ûurvaçi
3 iO CONSIDÉRATIONS SUR L'HISTOIRE.
ont gagné à la main, ils se cabrent comme des chevaux hennissants qu’avec peine maîtrise le cocher :
€ Sur le chemin qui mène aux rendez-vous d’amour,
Que de fleurs en lambeaux gisent au point du jour!
Mandàras, lotus d’or, que les femmes éprises Dans leur course rapide abandonnent aux brises ;
Perles, rubis, joyaux perdus, foulés aux pieds,
Quand sur le sein qui s’enfle éclatent les colliers I Alors, aventurant une main téméraire,
L’amant rompt la ceinture à ses désirs contraires ;
Les femmes que déjà leur robe défend mal Couvrent la lampo en vain de poudre de sandal;
La rebelle résiste à leur bras qui se pâme,
Et leur jette au visage une gerbe de flamme •
Le Ramayanâ nous peint ainsi l’intérieur du palais des femmes du ravisseur de Silû, dans la ville de Lanka, « dont jadis le séjour était la récompense des bonnes œuvres » et qui maintenant « s’en allait, pour ainsi dire, espionner les secrets du ciel par ses hautes maisons élancées dans les airs. »
— « Là souillait une senteur exquise, enivrante, céleste, exhalée des breuvages, des onguents de toilette et des bouquets de lleurs... N’est-ce point ici le Swaya? Ne serait-ce point ici le monde des dieux ? » pensait Hanoûmat1 2, observant mainte et mainte fois ce palais. Il vit là des lampes d’or, qui semblaient méditer, pensives comme des joueurs vaincus au jeu par des joueurs plus habiles. 11 vit là des femmes d’une éclatante splendeur, assises par milliers sur des tapis dans une grande variété de costumes avec des bouquets et des robes de toutes les couleurs.