‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 108 sur 156 · Lafontaine · texte numérisé non relu

Lafontaine

iis CONSIDIÎHATIOXS SUR L’HISTOIRE.

a £s*lu Tune des déesses qui régnent dans le haut empyrée?... Trois fois béni ton père en vérité, et ta mère, et tes frères avec eux !... Mais combien surpassera tous les autres celui qui te conduira dans sa maison comme Bancée ! Car jamais je ne vis de mes yeux pareille mortelle, et ton aspect me ravit de surprise. C’est ainsi que jadis à Délos, devant l’autel d’Apollon, je vis le rejeton du palmier s’élancer dans la joie de sa jeunesse.... Je le contemplai longtemps d’un œil ravi : de môme, ô jeune fille, je t’admire, je m’étonne, et U’emblant de respect je n’ose embrasser tes genoux. »

Le Mendiant de Chénier qui :

• Des hommes et des dieux implorait le secours Et dans la forêt sombre errait depuis deux jours, •

implore également, dans sa détresse, la fille du riche Lycus, « vierge aux cheveux dorés, » qu’il rencontre errante au bord du Cratis :

— « Si, comme je le crois, belle dès ton enfance. C'est le dieu de ces eaux qui t'a donné naissance. Nymphe, souvent les vœux des malheureux humains Ouvrent des immortels les bienfaisantes mains.

Ou si c’est quelque front porteur d’une couronne Qui te nomme sa fille et te destine an trône, Souviens-toi, jeune enfant, que le ciel quelquefois Venge les opprimés sur la tête des rois.

Belle vierge, sans doute enfant d’une déesse.

Crains de laisser périr l’étranger en détresse; L’étranger suppliant vient de la part des dieux. •

Elle reste. A le voir elle enhardit ses yeux,

et d’une voix encore

Tremblante : — • Ami, le ciel écoute qui l'implore. >

Lycus accueille l’étranger malheureux comme un envoyé des dieux ; il pense à l’égal d’Alcinoüs, roi de l'ai-

LA GRÈCE

mable peuple des Phéaciens, qu’un étranger qui s’approche, un hôte, « est comme un frère pour tout homme qui a dans le cœur le moindre sentiment. » —

Antigone ne s’enracine pas, comme Nausica, en plein bonheur de jeunesse; c’est un lys brisé par la tempête qui sévit sur sa race. Elle n’en est que plus noble et plus touchante. Sa douceur égale son héroïsme, sa grâce ne le cède point à sa piété Eliale. Elle a suivi son vieux père en proie au destin sur les chemins arides du malheur jusqu’au temple de Colone, près d’Athènes, où l’oracle fatidique a fixé le terme de ses maux avec celui de sa vie. Sa sœur Ismène, aussi tendre mais plus faible, et que semble cependant préférer Œdipe, participe à son devouement. Des soldats envoyés à leur poursuite parCréoii, l’usurpateur, enlèvent au vieillard aveugle ses filles que bientôt après Thésée, roi d’Athènes, délivre et ramène auprès de lui. Le chœur lui annonce cette heureuse nouvelle :

OEUIPE.

Où sont-elles? où? comment dis-tu?'

ANTIGONE, s’empressant vers son père.

Père! père! hélas I que ne puisse un dieu te donner de le voir, le plus noble des hommes, qui nous a ramenées vers toi !

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