PlaUrque, Aritlidt, 20. Tite-Live, V
X La Cité antique.
membre d’une famille dont il partageait le culte, était rattaché à la cité par l’intermédiaire de son maître; les dieux le protégeaient. Aussi la religion romaine disaitelle que le tombeau de l’esclave était sacré, mais que celui de l’étranger ne l’était pas ‘ . »
Le môme auteur dit ailleurs en parlant de la Cité antique :
« L’amour de la patrie, c’est la piété des anciens. » L’exil était proprement l’interdiction du culte.
« Qu’il fuie, disait la sentence, et qu’il n’approche jamais des temples. Que nul citoyen ne lui parle ni le reçoive ; que nul ne l’admette aux prières ni aux sacrifices ; que nul ne lui présente l’eau lustrale *. »
L’exil était l’excommunication païenne. Tout s’enchaîne, et la cité n’ignore pas entièrement l’Index. Diodore nous informe en effet que « Protagoras, le plus célèbre sophiste de son temps, ayant au commencement de ses ouvrages mis en doute s’il y avait des dieux, fut par ordre des Athéniens expulsé de leur ville et de leur territoire, et ses livres hrûlés en public. Un prix fut promis à qui le tuerait. Ainsi môme le doute sur les dieux ne peut échapper au châtiment. » La condamnation de Protagoras, en sou esprit, est identique à celle de Socrate : elle frappe dans le libre penseur, non l’ennemi des dieux, mais l’ennemi de la cité que les dieux protègent et qui joint leur cause à la sienne.